Pourquoi la religion est-elle nécessaire?

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mercredi 23 décembre 2015

Pourquoi la religion est-elle nécessaire?

Comprendre l’Islam et le vivre exigent de connaitre le Prophète (saw) ainsi que sa façon de pratiquer au quotidien, connaitre le Prophète (saw) et le comprendre exigent de la même façon une bonne compréhension des principes fondamentaux de la foi musulmane. Pour ce faire, nous soumettons à votre attention, sur ledernierprophete.info, les principes fondamentaux de la foi musulmane sous le titre « Islam » à travers des questions telles que : Qu’est-ce que la religion ? Pourquoi l’homme éprouve-t-il un besoin de religion ? Quels sont les spécificités qui distinguent l’Islam des autres religions ? Cette partie a été préparée par la théologienne Fatma Bayram.
 

Pourquoi la religion est-elle nécessaire ?

L’être humain désire donner un sens à l’univers dans lequel il se meut, à la vie qu’il mène, aux événements et, par-dessus tout, à lui-même. Dans cette quête de sens, chaque homme, à la mesure de son entendement, s’interroge et pose des questions relatives à son existence et à l’univers. Des questions essentielles telles que « Qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je, quel est le sens de la vie ? » ont toujours occupé son esprit. Il n’est guère possible de fournir des réponses satisfaisantes à ces questions sans se référer aux enseignements et aux explications de la religion. Lorsque s’ajoute à cette quête de sens, l’indéniable aspiration à l’éternité et à la perfection qui siège dans notre monde intérieur, notre existence et notre raison limitées demeurent insuffisantes dans cet effort. Et c’est précisément là, dans cette quête du sens qui confère à notre vie toute son orientation, que la religion, en tant que facteur le plus puissant, nous montre la voie. Car, la science, que l’être humain a édifiée par les moyens de sa raison, entend apporter une réponse à la question du « comment » lorsqu’elle explique le monde physique. Quant à la religion, elle vise à répondre à la question du « pourquoi ».

L’humain et la religion authentique, dans leur état originel et en vertu du fait qu’ils proviennent tous les deux de la même source et du même Créateur, sont toujours en accord.

Les interrogations relatives à la quête identitaire et la quête de sens sont, à la base, des questions de nature religieuse. Et comme les réponses apportées à ce type d’interrogation, à la lumière de la religion, s’adressent à nos deux dimensions fondamentales que sont le corps et l’âme, elles empêchent l’aliénation de la nature originelle de l’être humain en protégeant l’intégrité de la personne. Car l’être humain et la religion authentique, dans leur état originel et en vertu du fait qu’ils proviennent tous les deux de la même source et du même Créateur, sont toujours en accord.

Depuis le premier homme jusqu’à nos jours, aucune période de l’histoire ne fut témoin d’une société qui aurait été complétement areligieuse et aucune idée universelle ne fut produite qui ne fut, d’une manière ou d’une autre, influencée par la religion. La seule pensée religieuse à laquelle nous pourrions adhérer sans renier notre existence et sans avilir la dignité de la présence de l’homme sur terre est celle dont la source est divine. De même que chacun de nos besoins trouve une réponse dans l’univers, Dieu, depuis le premier jour, n’a pas laissé l’être humain sans guide et livré à son sort afin que la quête de sens, qui procède de sa nature originelle, trouve une réponse. Le premier homme est aussi le premier prophète et il n’existe aucune différence substantielle entre les principes qui lui furent révélés et ceux révélés au Dernier Prophète (saw). Chaque fois que, avec le temps, la connaissance émanant d’Allah s’altérait en raison de l’intervention humaine, cette alliance était renouvelée avec l’arrivée d’un nouveau prophète, ne laissant pas ainsi notre quête de sens livrée à elle-même.

Quelle que soit la période de l’histoire considérée, l’être humain a, en tout temps et en tout lieu, éprouvé le besoin de chercher la protection d’un être puissant et supérieur, de se confier à lui et de lui demander son assistance. Ces dispositions sont tellement ancrées en lui que, tout au long de l’histoire, tous les hommes ont, d’une manière ou d’une autre, voué un culte à un objet ou à un être en lui attribuant une sacralité et une supériorité. En ce sens, toutes les idoles sur terre font implicitement référence au véritable créateur. Ce besoin de chercher la protection et la confiance devrait être satisfait sans dégrader la structure de la personnalité de l’être humain et son univers intérieur. Et cela n’est possible qu’avec une croyance émanant d’une source divine et qui n’est pas altérée par la main de l’homme.

Lorsque ce besoin, émanant de la nature originelle de l’homme, n’est pas comblé par la religion établie par le Très-Haut, une quête dévoyée d’un « prétendu pouvoir transcendant », produit humain, sera inévitable. C’est précisément dans ce domaine, que, tout au long de l’histoire, les religions de vérité qui nièrent tous les cultes en dehors de celui voué à Allah livrèrent leur plus grande bataille et, mettant en garde l’humanité contre les fausses divinités qui ne sont rien d’autres que le résultat de leurs illusions, l’appelèrent à une croyance qui soit en accord avec la dignité et la liberté de l’homme.

D’aucuns pourraient prétendre que les croyances produites par l’imagination humaine seraient susceptibles de combler ce besoin. C’est exactement comme si les humains, dont les besoins fondamentaux tels que la faim et la soif n’étaient pas satisfaits par l’absence d’eau et de nourriture, cherchaient à les remplacer par des succédanés. De même que l’eau pure, jaillissant d’une source intacte, est adaptée à l’organisme de l’être humain, une religion divine inaltérée est, de manière analogue, en accord avec la disposition originelle de l’homme. Elle ne bride pas l’homme, ne l’assujettit pas aux autres et n’asservit pas sa personnalité en contrepartie de son besoin de protection et d’aide. En nous permettant à nouveau de communier au Créateur dont nous avons été arrachés, elle nous fait vivre le sentiment de plénitude.

L’aspect qui fait éminemment de la religion une nécessité pour la vie sociale réside dans le fait qu’elle donne une orientation à l’homme par une motivation qui émane exclusivement de sa personne. Ce n’est pas pour rien que même les pouvoirs séculiers mettent à profit cette dimension de la religion afin de mieux exercer leur autorité sur ceux qu’ils dirigent. (Cependant, cet effort étant, sur un plan religieux, considéré comme une cause de division, il n’eut de cesse de demeurer problématique d’un point de vue religieux.

Ceux qui vivent leur religiosité de façon éclairée sont parfaitement conscients que les valeurs religieuses donnent du sens à notre vie, qu’elles nous proposent, pour celle-ci, un plan, des buts et une voie à suivre, qu’elle comble le vide en nous, qu’elles enrichissent notre existence et qu’elles nous confèrent un point de vue quant à notre avenir. De même qu’une religiosité qui ne serait pas orientée vers nous-mêmes ne serait pas une religiosité authentique, toute quête d’identité et de sens qui ne ferait pas référence à la religion trouverait une réponse qui ne serait pas une réponse authentique.

Les religions entendent opérer dans les sociétés pour lesquelles elles sont révélées une transformation sur le plan spirituel, psychique et social dans le sens de la volonté divine. En tant qu’institution morale, la religion mobilise les hommes à partir de la force puisée dans leurs univers intérieurs. En les dotant du sens de la responsabilité vis-à-vis d’eux-mêmes, de leur Créateur, des êtres vivants et de tout ce qui existe, elle leur suggère d’agir en accord avec la volonté divine. C’est pourquoi, enfermer la religion dans les limites de notre conscience et de notre monde intérieur en faisant abstraction d’elle dans la vie quotidienne, c’est agir contre la nature de la religion.

Ce texte a été rédigé pour le site ledernierprophete.info. 

قَلَ رسول الله (صلى الله عليه و سلم ) : " كُلُّ مُسْكِرٍ خَمْرٌ , وَ كُلُّ مُسْكِرٍ حَرَامٌ , وَ مَنْ شَرِبَ الخَمْرَ فِي الدُّنْيَا فَمَاتَ وَهُوَ يُدْمِنُهَا , لَمْ يَتُبْ , لَمْ يَشْرَجْهَ فِي الآخِرَةِ. "
Le Messager d’Allah (saw) a dit :

“Tout ce qui enivre est une boisson alcoolisée et tout ce qui enivre est illicite. Celui qui boit de l’alcool en ce monde puis meurt en état de dépendance sans se repentir n’en boira pas dans l’au-delà.”

Sahih Muslim, Livre des boissons, Hadith 5218