Sira
Vie du Prophète Muhammad (saw)
 

40 - Les derniers jours de Muhammad (saw), sa maladie et son décès

Lorsqu’il retourna de son pèlerinage d’adieu à Médine, la santé du Messager d’Allah (saw) se détériora. Dans ses jours de maladie, il visita les tombes des martyrs d’Ouhoud et effectua la prière funéraire. Une nuit encore, sortant de chez lui, il se rendit au cimetière Jannat al Baqi’, y demanda à Allah le pardon et la clémence pour les défunts et rentra chez lui. Dans les mêmes jours, Aswad al Ansi, membre de la tribu Mazhij au Yémen, se manifesta en se prétendant prophète.

Avançant sur Sanaa avec la troupe de 600 cavaliers qu’il réunit parmi sa tribu, Aswad tua Chahr, le fils de Bazan, premier gouverneur musulman à la place de qui il avait été désigné, qui s’était opposé à lui, il épousa de force sa femme, Azad, et plaça la région sous son autorité. Le Prophète (saw) envoya une lettre aux gouverneurs et notables de la région afin de l’éliminer. Au final, Aswad fut tué avec l’aide d’Azad (8 Rabi’ al Awwal 11/3 juin 632). De l’autre côté, Mousaylima al Kazzab, membre des Banu Hanifa qui l’avaient envoyé avec une délégation à Médine, avait apostasié lors du retour de la délégation à Al Yamama. Le Messager d’Allah (saw) lui envoya une lettre l’invitant à nouveau à l’Islam. Dans sa lettre de réponse, Mousaylima proposa au Messager d’Allah (saw) de s’associer à lui et prétendit que la moitié de la terre lui appartenait tandis que l’autre moitié appartenait à Quraysh. Dans sa réponse, le Noble Messager (saw) lui fit savoir que la terre entière appartenait à Allah et qu’Il la ferait hériter à qui bon lui semble parmi ses serviteurs. Mousaylima fut éliminé lors du califat d’Abou Bakr.

La 11ème année de l’hégire, à la fin du mois de Safar (mai 632), le Prophète (saw) décida d’envoyer une armée, sous le commandement d’Oussama b. Zayd, sur les terres byzantines où eut lieu la bataille de Mou’ta. L’armée, une fois prête, installa son campement sur le lieu-dit Jourouf à l’extérieur de Médine. Entre-temps, lorsque la maladie du Messager d’ Allah (saw) s’aggrava, Oussama n’entreprenant aucune action, préféra attendre.

Pendant ce temps, le Noble Messager (saw) souffrait de maux de tête et de fièvre qui, de temps à autres, s’amplifiaient. Lors de sa maladie, il venait, avec l’aide de ses proches, au Masjid al Nabawi, et guidait la prière. Il monta un jour sur la chaire et dit : « Allah a donné le choix à son serviteur de choisir entre ce bas-monde et son Seigneur et son serviteur à choisi de rejoindre son Seigneur ». Abou Bakr qui ne tarda pas à comprendre que le serviteur en question n’était autre que le Prophète (saw) commença à fondre en larmes en disant « Nous donnerions nos parent pour toi Ô Messager d’Allah ». Le Prophète (saw) l’apaisa et lui fit savoir qu’il était satisfait de lui. Ensuite, rappelant, de part et d’autres, le mérite des Ansars et des Mouhajirounes et les exhorta à agir ensemble. Un peu plus tard, il demanda à quiconque avait un droit sur lui ou un dû de venir le réclamer. Il recommanda d’être attentif au droit de chacun, d’honorer les dettes dans le délai convenu et, comme en témoignent certains exemples dans l’histoire, de veiller à ne pas transformer sa tombe en lieu de culte.

Cette recommandation que le Prophète (saw) fit à sa fille Fatima et à sa tante Safiyya retient l’attention. « Œuvrez dans de belles choses qui ont une valeur auprès d’Allah. Sinon, je ne pourrais, en matière de licite et d’illicite,  vous être d’aucun secours face au jugement d’Allah».

Une des dernières recommandations du Messager d’Allah (saw) comprenait certains sujets tels que le bon traitement, par chacun(e), des personnes qui sont sous sa responsabilité, le fait pour chacun de s’appliquer à se préparer avec la conscience qu’il sera ramené devant le jugement d’Allah et le fait d’accorder l’hospitalité aux représentants étrangers, de la meilleure manière, et de leur offrir des présents.

Passant ses derniers jours auprès d’Aïcha, le Prophète (saw) ordonna à Abou Bakr de guider les prières lorsque, à trois jours de son décès, son état s’aggrava. Lorsque, à un moment, il se sentit mieux, il alla, avec l’aide d’Ali et de Fadl b. Abbas, à la mosquée ; lorsqu’Abou Bakr, s’apprêtant à guider la prière, recula pour lui laisser le mihrab, il lui fit signe de continuer et pria à ses côtés. Après la prière du matin du jour de son décès, Abou Bakr lui rendit visite et voyant que son état s’était légèrement amélioré, il demanda la permission et rentra chez lui. Cependant, l’état du Prophète (saw) s’aggrava subitement. D’après Aïcha, le Prophète (saw), avant de décéder, prononça d’une voix faible «Il n’est d’autre divinité qu’Allah, quelle chose difficile que de rendre l’âme ! » et rendit l’âme dans ses bras par ces dernières paroles « Maa al Rafiq al A’la » (avec le Compagnon Suprême) (13 Rabi’ al Awwal 11/Lundi 8 juin 632).

La disparition du Prophète (saw) affligea profondément les Musulmans ; plus que cela, ressentant la joie des hypocrites, certains Compagnons comme Omar criaient, dans leur désarroi, qu’il n’était pas mort. Informé de la situation, Abou Bakr se rendit directement vers la dépouille mortelle du Prophète, leva le voile de son visage, l’embrassa et dit « Nous donnerions nos parent pour toi Ô Messager d’Allah ! Tu étais beau de ton vivant, tu es beau dans ta mort aussi ». Allant ensuite à la mosquée, il déclara ce qui suit : « Ô gens, quiconque adorait Muhammad, qu’il sache que Muhammad est mort. Quiconque adorait Allah, qu’il sache que Lui est Immortel. (Ibn Hicham II, 655-656). Il récita ensuite le verset suivant : « Muḥammad n’est qu’un messager - des messagers avant lui sont passés -. S’il mourait, donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants. » (Al Imran 3/144). Avec l’aide de Fadl et Qoussam, les fils de son oncle Abbas, ainsi que celle d’Oussama b. Zayd, la dépouille mortelle du Messager d’Allah (saw), fut lavée par Ali le mardi et fut conservée dans la chambre où elle se trouvait. La prière funéraire ne fut pas effectuée en groupe ; d’abord, les hommes, ensuite, les femmes, et enfin, les enfants arrivèrent par petits groupes de manière à tenir dans le lieu où se trouvait le corps et prièrent seuls. En se basant sur un hadith qu’Abou Bakr rapporta du Messager d’Allah, son corps fut inhumé sur la tombe qui fut creusée sur lieu même de son décès par Ali, Fadl, Qoussam et Oussama.

Il ne restait du Noble Messager, qui menait une vie sobre et dépensait sur la voie d’Allah les biens matériels qu’il avait acquis, qu’un héritage extrêmement modeste. Car lui-même déclara : « Nous les prophètes, ne laissons aucun héritage. Toute richesse que nous aurions laissée après notre mort est une aumône » (Ibn Sa’d, II, p.314 ; Boukhari, « Khoms », 1). Lorsqu’il décéda, son patrimoine ne comptait qu’une mule blanche, ses armes et quelques terres. Il avait ordonné que les revenus des terres soient dépensés pour les besoins de sa famille et le reste versé dans les caisses du trésor public. Peu de temps avant sa mort, affirmant qu’il serait indécent de se présenter à Allah avec cela, il demanda que les 7 dirhams qu’il lui restait soient distribués aux nécessiteux. Une armure lui appartenant était aussi détenu chez un Juif en gage d’une dette.

Quant à l’héritage spirituel et moral du Prophète (saw), que ce soit pour la Oumma ou pour l’humanité entière, il est immense et de grande valeur. Ainsi qu’il l’avait indiqué dans son Sermon d’Adieu, il avait laissé le Coran et la Sunna comme l’héritage le plus important. L’Islam et la civilisation musulmane qui ont été façonnés autour de ces deux sources fondamentales, ont pris leur place dans l’histoire de l’humanité en marquant de leur influence, pendant des siècles, un vaste territoire.

 

 

 

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