Les Compagnons
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Un portrait de dirigeant couronné par la Vérité et la Justice : Omar (ra)

L’un des caractéristiques principales mettant en avant Omar (ra) est sa sensibilité à l’égard de la justice. Il a la caractéristique d’être un leader connaissant et comprenant bien le peuple Arabe.

Le Califat d’Omar (ra) (12-22/634-644) est accepté en tant qu’une des rares périodes montrée comme exemplaire et idéalisée dans l’histoire de l’Islam. Il n’y a pas de doute que sa particularité principale, se trouve dans sa compréhension de l’administration qu’il a montré, ainsi que sa sensibilité au niveau de la justice couronnant cette administration, le rendant le sultan des cœurs. Alors qu’il venait juste de passer au poste de Calife, il a annoncé qu’il allait suivre la voie du Prophète Muhammad (saw). et de son successeur Abou Bakr (ra), donnant ainsi des indices à propos du terrain dans lequel il allait mener sa vision de l’administration. Assurément, les pratiques du Prophète (saw). ont été appuyées par les limites que le Coran a tracées.

Le principe adopté par l’état : la Justice

L’un des caractéristiques principales mettant en avant Omar (ra) est sa sensibilité à l’égard de la justice. Il a la caractéristique d’être un leader connaissant et comprenant bien le peuple Arabe. Alors qu’il venait de recevoir les allégeances, le discours qu’il a donné à la mosquée en donnant l’exemple du chameau, indiquait que celui qui fait paître son chameau le mène à la direction vers laquelle il le tire et, il a juré au nom de Dieu qu’il allait conduire le peuple vers le droit chemin. Il n’y a aucun doute quant au « droit chemin » dont il a fait référence est le chemin des verdicts et des pratiques du Prophète Muhammad (saw) déterminant les limites du Coran et de la sounna. Nous remarquons qu’à partir du jour où Omar (ra) est devenu Musulman, il a toujours été auprès du Prophète (saw) et, durant cette période il a gagné une grande expérience en ce qui concerne les principes des révélations du Prophète (saw) au niveau de la mise en pratique dans la vie, des différents jugements jusqu’à l’applications de celles-ci. De par cette affinité avec le Prophète SAW, ils ont été qualifiés de vizir du Prophète avec Abou Bakr (ra). Lors de la période du califat d’Abou Bakr (ra) il a été également la personne la plus proche du calife et, il a eu beaucoup d’influence à propos des décisions et des applications importantes. Ce passé, lui a fait gagner beaucoup d’expériences.

Avec l’évolution et les changements rapides, Omar (ra) a continué d’un côté, sur la voie du Prophète (saw) et de son successeur Abou Bakr (ra) et, d’un autre côté il a travaillé sur des nouvelles ouvertures face aux nouveaux problèmes apparaissant, avec ses décisions radicales ou ses interprétations propres à lui, démontrant qu’il était un dirigeant charismatique. Ainsi, il a tracé un portrait de gouvernant n’étant pas derrière les conditions changeantes et variables mais, au contraire étant au-devant et dirigeant ces évolutions et ces changements. Son attitude face aux mouallafa-i kouloub (personnes envers lesquelles l’état musulman donnait l’aumône afin d’ouvrir leurs cœurs vers l’Islam), le fait qu’il fasse prier la prière de tarawih en assemblée, qu’il détermina un endroit d’entrée à l’ihram (état de sacralisation pour le pèlerinage) pour les Iraquiens, qu’il décida que le butin récupéré sur la personne tuée entre dans le statut du butin à partager font partie de ses applications parmi bien d’autres.

Omar (ra) est réputé comme le Calife faisant marcher le comité d’une manière active. Il portait essentiellement les sujets polémiques ou les décisions importantes à prendre au comité et, après avoir pris l’avis des membres du comité il les mettait en application. Cette application, est en fait une sounna du Prophète (saw). Après le Prophète Muhammad (saw), cette application a été continuée de la même manière par Abou Bakr (ra) puis, par Omar (ra). Parmi les membres du comité se trouvaient les noms tels que : des Mouhajirs Ali (ra), l’oncle du Prophète Abbas, le fils d’Abbas Abdoullah, Osman, Zayd b. Sabit, Abdourrahman b. Awf et des Ansars Ousayd b Houdayr. Par contre, ces noms n’étaient pas fixes. Selon le besoin, des personnes différentes pouvaient être invitées. Durant la guerre d’Iran, l’avis de Hourmouzan, un prisonnier de guerre amené à Médine, a même été pris au sujet de la stratégie de guerre.

Ouvrir un débat à propos des sujets importants concernant les Musulmans n’était pas une application d’apparence. Tout comme les avis des membres du comité étaient pris en considération, un environnement où chacun pouvait donner librement son opinion était fourni. En effet, le Calife avait tiré l’attention des membres du comité avec ces mots : « Moi aussi, je suis l’un de vous. Je n’attends pas que vous agissiez suivant mon avis ou mon gré. Entre vos mains se trouve un livre disant La Vérité. Tout ce que j’ai dit, j’ai essayé de le dire en suivant ce Livre. A vous de choisir et d’opter pour l’avis véridique. »

Le Calife a choisi une vision de l’administration de l’Etat transparente et, il a donné une attention particulière à se tenir à la même distance avec n’importe quelle classe sociale et position du peuple. De la même manière, il attendait de ses dirigeants une attitude semblable et, il leur rappelait de ne pas faire de distinction entre les gens. Nous pouvons citer en exemple, une partie de la longue lettre qu’il a envoyée au préfet de  Basra Abou Moussa al-Ash’ari (ra) comprenant cet avertissement : « Agis d’une façon équitable entre les gens venant aux réunions ou venant te soumettre leurs affaires. Ainsi, les faibles ne désespéreront pas face à ta justice. Et, les forts ne ressentiront pas le sentiment qu’ils puissent opprimer les autres à leurs fins. »

Dans certaines transmissions, il est rapporté généralement qu’Omar (ra) avait un caractère dur. Certaines personnes du peuple le craignant pour cette raison ont même transmis leurs plaintes par l’intermédiaire d’Abdourrahman b. Awf (ra). C’est ainsi que le Calife déclara ne pas avoir d’intention particulière et, que sa sensibilité à propos de certains sujets découlait de son souci de rechercher la satisfaction de Dieu. Le Calife, lorsqu’il nommait des personnes en particulier à des postes de hautes responsabilités tels que préfet, commandant, cadi et collecteur de zakat (l’aumône purificatrice obligatoire), faisait passer les candidats par une élimination minutieuse puis, avant de les envoyer à leur lieux de travail, il les sermonnait longuement en leur rappelant qu’ils se devaient d’être au service du peuple, qu’ils se devaient de se tenir fermement à la justice et de ne pas faire d’injustice. D’après les informations données par Abou Oubayd (ra), avant d’envoyer les dirigeants à leur lieux de travail, il leur attirait l’attention ainsi : « Je ne vous envoie pas pour que soyez un usurpateur ou un despote. Ne tentez pas à me venir avec de l’injustice. Ne privez personne des droits qu’il possède. »

Le calife a porté une attention particulière aux collecteurs de la zakat. Alors qu’il leur donnait des conseils, il leur demandait de se comporter avec douceur et de ne pas blesser les gens lors de leurs fonctions. Il leur rappelait également de ne pas prendre le bien le plus précieux et ainsi de ne pas vexer les gens pendant la collecte des taxes, de même de ne pas les forcer à payer les taxes au-dessus de leurs moyens. Il leur demandait de ramasser les taxes avec ces mêmes principes et de se comporter avec sensibilité non seulement envers les populations musulmanes mais, aussi envers les populations non musulmanes.

Le calife, optant pour une gestion transparente, s’asseyait et discutait avec le peuple après les prières, il écoutait leurs plaintes. Il conseillait à ses dirigeants de se comporter de la même manière et, il leur demandait de toujours garder leurs portes ouvertes afin que chaque personne puisse venir et expliquer ses soucis avec aisance. Omar (ra), faisait passer les personnes à qui il allait donner un poste de direction par des contrôles rigoureux mais, ces contrôles étaient aussi poursuivis pendant la période de leur fonction et, il écoutait surtout les plaintes du peuple. De même, à chaque période de pèlerinage, il faisait faire confronter le peuple avec ses dirigeants et, il écoutait s’il y en avait les plaintes et les problèmes. A côté de ceci, il avait formé un comité d’inspection où il avait mis à sa tête Muhammed b. Mesleme (ra) de la tribu des Ansars qui contrôlait les départements de direction des provinces. Par ailleurs, par l’intermédiaire des messagers venant du front, il essayait de comprendre ce qui se passait dans les contrés éloignées du centre. Par exemple, à la suite de la bataille de Qadisiyya, il demanda en premier, lors de l’accueil du messager Amr b. Madiqarib venu à Médine, si les gens étaient satisfaits de Sa’d b. Abi Waqqas (ra). Puis, à la suite des éloges que fit Amr à l’encontre de Sa’d, il montra sa réticence en disant « c’est comme si vous vous vantez l’un l’autre ». Mais, lorsque Amr insista en déclarant « moi, je raconte que ce que j’ai vu », Omar (ra) fut convaincu que la nouvelle apportée était correcte. En revanche, lorsque vint une prochaine fois une plainte à propos de Sa’d, il envoya Muhammed b. Mesleme (ra) à Koufa afin de mener une enquête puis, lorsque la faute du préfet fut démontrée, il le retira de son poste. Nous retrouvons d’autres exemples de changements de préfet par le calife à la suite de plaintes.

Tout comme son prédécesseur Abu Bakr (ra), Omar (ra) a pris soin de ne pas donner des postes de direction aux membres de sa famille. Autrement dit, il n’a pas utilisé son autorité ou son influence comme un lieu de favoritisme. Si nous prenons en considération la vérité sur le poids des tribus dans la vie sociale Arabe, nous remarquerons plus facilement à quel point sa sensibilité à cet égard est importante.

Etant donné que les dirigeants des contrées éloignées du centre avaient une autorité importante car ils représentaient le calife, Omar (ra) essayait de tenir le contrôle entre ses mains. C’est pourquoi, il envoyait régulièrement des lettres et se tenait au courant des évolutions ou il attendait des nouvelles de ses dirigeants. Il essayait de tenir des relations chaudes entre le centre et les provinces en disant « Ecrivez-moi, écrivez sans arrêt. Écrivez avec tant de détails que j’aie l’impression de vous avoir vu. »

Tout comme son prédécesseur Abou Bakr (ra), Omar (ra) a pris soin de ne pas donner des postes de direction aux membres de sa famille. Autrement dit, il n’a pas utilisé son autorité ou son influence comme un lieu de favoritisme. Si nous prenons en considération la vérité sur le poids des tribus dans la vie sociale Arabe, nous remarquerons plus facilement à quel point sa sensibilité à cet égard est importante. Par ailleurs, malgré les propositions faites, il n’a pas présenté son fils Abdoullah en tant que candidat au califat. Il exprima sa sensibilité à ce sujet, en prenant soin de ne pas porter sa proche famille et ses amis au pouvoir, avec ses paroles : « Quiconque amènera à un haut poste une personne seulement parce qu’il l’aime ou parce qu’il est un membre de sa famille, aura trahi Allah, son Prophète et tous les croyants. Et, quiconque amènera délibérément à un haut poste une personne ayant un mauvais caractère, c’est que lui aussi possède les mêmes caractéristiques. » D’après une transmission, suite à la désignation du comité d’élection du califat, il rappela particulièrement aux deux candidats les plus forts, Ali (ra) et Osman (ra), de ne pas amener à des hauts postes leurs proches au cas où ils deviendraient calife.

Lors des recrutements ou des destitutions tels que préfet ou commandant, Omar (ra) ne prenait pas en compte la religion, la tribu ou le statut social des personnes mais, il prenait comme principe de base la vérité et la justice. En effet, comme nous l’avons cité dans l’exemple plus haut, le fait que Sa’d b. Abi Waqqas faisait partie des premiers Musulmans, qu’il ait le titre de conquérant de l’Iran et qu’il ait gagné les éloges du Prophète SAW., n’a pu l’empêcher d’être destitué de son poste. Rappelons également qu’Omar (ra) donnait tout de même plus d’importance aux sahabas, surtout aux premiers Musulmans, par rapport aux autres personnes. Mais, au niveau du recrutement de dirigeants, il prenait comme principe de base la sincérité et le mérite. Par exemple, alors qu’il devait envoyer l’armée au front Iranien et, que les sahabas trainèrent un peu face à l’appel faite, il désigna Abou Oubayd b. Mas’oud es-Sakafi au commandement de l’armée rassemblée car, il fut le premier volontaire. Alors que certains sahabas critiquèrent cette décision et réclamèrent à être mis en priorité, Omar (ra) leur répliqua ainsi : « Si les sahabas se sentent supérieurs aux autres de par leur amitié avec l’Envoyé de Dieu (saw) et qu’ils pensent être prioritaires alors, il est nécessaire qu’ils fassent ce qui leur incombe. Si, le comportement attendu par les sahabas est démontré par une personne n’étant pas sahabi alors, cette personne est aux yeux d’Omar prioritaire aux sahabas. »

Par exemple, au moment de son décès, il lui a été demandé s'il voulait désigner ou pas le candidat au califat et, il répondit qu'il ne désignera personne puis, il déclara qu'il aurait pu montrer en tant que candidat Abou Oubayda (ra) ou l'esclave de Houzayfa (ra) Salim s'ils auraient été en vie. Plus tard, il délégua ce sujet à un conseil de six personnes qu'il nomma. Nous remarquons ainsi que le calife, en déclarant pouvoir nommer un esclave a la tête des Musulmans, montre qu'il ne prend pas en compte le statut des gens mais, qu'il prend en considération le mérite des gens et qu'il se tient à la même distance avec tout le monde. Par ailleurs, il ne faut pas négliger le fait que malgré la proposition qui a été faite, il n'a pas désigné son fils en tant que calife.

Le motif de la nationalisation des territoires conquis

L'une des principales dispositions de la gérance d'Omar (ra) est le fait de compter les territoires conquis en tant que bien du butin, de ne pas les partager entre les soldats et de les nationaliser. Alors que, un cinquième du butin gagné par la guerre était séparé comme part du trésor, le reste était partagé entre les guerriers.

Par contre, Omar (ra) n'a pas fait partager les vastes territoires conquis d'Iraq, de Damas et d'Egypte. Cette décision radicale prise à ce sujet est importante afin de nous démontrer sur quelle base était fondée sa compréhension de gouvernance. Par exemple, lors de la conquête des confins du sawad, les soldats ont voulu se partager ces terres. A la suite de la conquête, Sa'd b. Abi Waqqas (ra) a écrit une lettre à Omar (ra) en lui faisant part de cette demande et en lui demandant son avis. Puis, le calife a porté ce sujet au comité et, après de longs débats, il a essayé de prendre la meilleure décision. 
Un des sujets attirant l'attention pendant ces débats est qu'Omar (ra) n'a pas imposé son point de vue et qu'il a essayé de trouver la meilleure solution tout en prenant en compte les opinions dissidentes. Apres de longs débats, le Calife est venu à l'encontre du partage des terres en indiquant que ce sujet pourrait engendrer plus tard de sérieux problèmes et, il a appuyé son avis avec un fondement de la Shari’a en montrant comme argument les versets 6-10 de la sourate Hashr. D'après son interprétation, l'expression "ceux qui viennent après eux" présent dans le dixième verset, indique les Musulmans après les Mouhajirs et les Ansars. C'est pourquoi, d'après ces versets les terres ne doivent pas être partagées. Le Calife, a attiré l'attention sur le fait qu'au cas où les terres seront partagées, il ne restera pas de terres à donner ou à partager aux générations futures. D'autre part, il a fait remarquer que lorsque les terres seront partagées, les peuples vivant dessus vont tomber au statut d'esclave et, que dans l'avenir les Musulmans pourraient les opprimer. En revanche, si les terres ne sont pas partagées, les peuples vivant dessus seront résidants dans leur patrie, qu'ils formeront avec les troupes des frontières une zone tampon et que les frontières seront ainsi mieux protégées.

Tout comme Omar (ra) a été contre l'esclavagisme des peuples vivants sur les territoires conquis, il a aussi ordonné de libérer les peuples traités comme des esclaves. Par exemple, à la suite de la conquête d'Ehvaz par Abou Moussa, ce dernier a partagé entre les Musulmans les hommes et les femmes de ces terres en tant qu'esclaves. C'est alors qu'Omar (ra) écrivit au préfet et ordonna de libérer le peuple du statut d'esclaves et de les traiter en tant que statut de non-musulman. Il avait ainsi décidé d'être opposé à l'esclavagisme des peuples vivants sur les territoires conquis et du partage de ces territoires conquis. Il a ainsi porté les peuples non-musulmans au statut de citoyen non-musulman (zimmi) et, par cette voie il a assuré à ce que le revenu de la capitation soit ramassé en contrepartie de l'exploitation des terres. L'état a même au besoin fourni une aide afin d'inciter le peuple à participer à l'exploitation de la terre. D’un autre côté, le peuple soumis au statut de citoyen non-musulman a apporté un revenu important en échange de la protection avec la taxe de djizya et en échange de l'exploitation des terres avec la capitation. Par ailleurs, en ne se mêlant pas de la vie sociale du peuple, il a été empêché qu'il passe au rang de l'ennemi.

Omar (ra), tout en s’opposant au partage des terres, a également fourni des solutions afin de répondre aux demandes à propos de ce sujet. Par exemple, il a directement fait ressentir les revenus d’état en distribuant un salaire annuel (atiyya). De plus, il a également aidé les nécessiteux. Il s’est même promené en personne dans le peuple avec le cahier des provisions et, il a aidé de ses propres mains les pauvres après les avoir déterminés. En effet, il a même été transmis qu’il distribua dans cet objectif de l’aide alimentaire aux nécessiteux en prenant le registre diwan des tribus Huzaa et Eslem. A travers ces transmissions, nous retrouvons des anecdotes relatant l’histoire d’une femme pauvre faisant semblant de faire cuire du repas sur le feu, afin de tromper ses enfants. Lorsqu’il fut témoin de cet évènement, Omar (ra) fut très touché et, il lui fit d’abondantes largesses. Alors qu’il se promenait dans les tribus proches de Médine et, qu’il subvenait personnellement à leurs besoins et critiques, il souhaitait aller à Damas et y rester deux mois, dans le but de pouvoir se mêler au peuple vivant dans les contrées lointaines et écouter leurs soucis. Mais, sa vie n’a pas suffi.

Omar (ra) avait pour principe de se comporter dans le cadre de la justice et de l’égalité avec le peuple Musulman mais, il montra également la même sensibilité avec les citoyens non musulmans.


La mesure du comportement envers les citoyens non musulmans

Omar (ra) avait pour principe de se comporter dans le cadre de la justice et de l’égalité avec le peuple Musulman mais, il montra également la même sensibilité avec les citoyens non musulmans. Il a donné une attention particulière à la protection du droit des citoyens non musulmans. Par exemple, tout comme leurs biens, leurs vies, leurs épouses et leurs enfants étaient sous la protection de l’état, la transportation vers un autre pays ou les taxations au-dessus de leurs moyens étaient protégées par un engagement. Les droits reconnus aux citoyens non musulmans ont été enregistrés par des engagements mais, des dispositions spéciales ont aussi été prises pour l’application des principes présents dans ces engagements. Des avertissements, aux préfets et commandants, ont même été faits afin que les clauses présentes dans ces engagements soient suivies avec minutie. Nous retrouvons des exemples percutants à ce sujet. Par exemple, lors de la conquête de la ville de Homs, il a été garanti au peuple que leur vie et que leurs biens étaient sous la protection de l’état et, il a été décidé qu’en tant que citoyen non musulman ils verseront une taxe annuelle. Par contre, avant la bataille de Yarmouk et après avoir pris la nouvelle que les commandants byzantins avaient commencé à se préparer à une guerre importante, Abou Oubayda b. al-Jarrah (ra) décida de faire évacuer les villes conquises pour cause de stratégie de guerre. De ce fait, la garantie de protection donnée au peuple ne pouvait être appliquée, c’est pourquoi les taxes payées ont été remboursées et, le peuple a été laissé libre. Par contre, le peuple étant satisfait de la gérance des Musulmans a souhaité que l’engagement soit poursuivi de la même manière.

Lors de la collecte des taxes des citoyens non musulmans, une grande minutie a été montrée quant à la mesure de justice et d’égalité. A côté de cela, de nouvelles taxes ont été appliquées en fonction du revenu ou de la capacité agricole des terres conquises. En effet, lors de la conquête des terres de sawad une délégation présidée par Osman b. Houwayris (ra) a été envoyée dans le but de mettre en place de nouvelles taxes. Ces taxes ont été déterminées en prenant en compte les différentes caractéristiques du terrain comme par exemple le fait que les terres soient irriguées ou pas. Les taxes payées au temps des Sassanides ont même été prises en compte et, une taxe plus équitable a été adoptée. Le Calife, ne se contentant pas de ceci, a invité des spécialistes et des représentants des peuples de ces régions afin de leur demander si les taxes soumises étaient équitables ou pas puis, il les a mises en application. Si nous faisons attention, nous remarquons qu’à l’époque d’Omar (ra), les Musulmans se sont répandus dans une large géographie et, de nombreux peuples de croyances et d’ethnies différentes sont devenus citoyens de l’état musulman. Toutefois, aucune rébellion n’est mentionnée dans ces territoires nouvellement conquis. Il n’y a aucun doute que contrôler les terres emparées avec une force militaire est impossible. De plus, la force militaire musulmane n’était pas à la dimension de contrôler tous les territoires conquis. Mais, la conception équitable de gérance exposée a permis de garder la paix et la sérénité dans ces zones, et les a amenées à devenir un territoire de l’Islam. Une attention particulière a également été montrée au niveau de la liberté de croyance et d’adoration des citoyens non musulmans. Tout comme ils vivaient leurs croyances, des précautions ont été prises afin qu’aucun dommage atteigne leurs lieux de culte et leurs prêtres. Lorsque le patriarche de Jérusalem invita Omar (ra) à prier dans l’église, il a même rejeté cette invitation en précisant que dans le futur ceci pourrait devenir une cause d’exploitation et, il pria en assemblée dans un espace ouvert. A la suite de la conquête de l’Egypte, Amr b. As (ra) n’a également pas touché aux églises ou aux lieux de culte présents. Dans les territoires nouvellement conquis le peuple, étant satisfait de l’administration, s’est accoutumé à l’administration des Musulmans à la place de Byzance ou des Sassanides. Par exemple, les Jarajimas, les Samiris vivant à Damas, les tribus et les communautés telles que Ra’ban ainsi que certaines tribus Juives ont opté pour l’administration d’Omar (ra). Ces tribus ont même fait de l’espionnage concernant les activités militaires de Byzance. Face à ce service, Omar (ra) ne leur a pas fait payer la taxe de djizya.

D’un autre côté, l’aide du trésor d’état n’a pas été faite qu’aux Musulmans, les citoyens non musulmans en ont aussi bénéficié. En effet, lors de la visite de Damas le Calife a aidé un non musulman pauvre et vieillard. Les paroles du Calife suite aux remerciements de ce citoyen non musulman sont très significatives : « Te prendre des taxes lors de ta jeunesse et t’abandonner lors de la vieillesse n’est pas conforme à notre compréhension. » Selon son verdict, le verset de la sourate Tawbah « Les aumônes sont destinées aux pauvres et aux nécessiteux » ne comprend pas que les Musulmans mais, il comprend également les gens du Livre.

Sa sensibilité envers les biens publics

L’un des sujets auquel Omar (ra) montra une sensibilité importante est le sujet des biens publics. En effet, de par sa sensibilité il est rapporté qu’Omar (ra) utilisait pendant ses travaux personnels ses biens personnels et, pendant qu’il s’occupait des affaires d’Etat les biens appartenant à l’état. Nous retrouvons un reflet de cette sensibilité à la suite des conquêtes lorsqu’il recevait les présents venant des dirigeants des territoires conquis, soit il ne les acceptait pas, soit il les transférait vers le trésor d’état. Il a même interdit d’accepter les présents à son nom. Par ailleurs, il a également interdit aux préfets d’accepter les présents. En effet, lorsque le préfet d’Azerbaïdjan Outba b. Farkad lui envoya en cadeau un dessert, il ne l’a pas accepté et, il l’a critiqué dans sa lettre « Toi, tu manges des desserts sans qu’il n’y ait le labeur de ton père ? » Et, à côté de cela il a ordonné qu’au cas où ils avaient accepté auparavant des présents qu’ils fassent un constat et qu’il déduise le montant des taxes qui vont être prélevées. Du fait qu’il n’acceptait pas les présents, il faisait constater la valeur des présents venant à Médine qu’il faisait déduire par la suite du montant des taxes à prélever du peuple. De par cette directive du Calife où, les conquêtes se poursuivaient dans la région de Tiflis, nous retrouvons quelques propos au sujet des présents dans une lettre envoyé par Habib b. Maslama aux dirigeants de Jourjan voulant faire un accord avec lui :

Votre envoyé est venu et, il m’a fait part de votre demande… Vous nous avez envoyé des présents, vous avez précisé que vous étiez ravi de notre approche pacifique et que vous souhaitiez faire la paix avec nous. J’ai fait constater la valeur des présents que vous avez envoyé et, j’ai fait déduire le montant des taxes que vous allez payer. Suite à votre demande je vous ai écrit un traité de paix…

Omar (ra) évaluait les présents qu’il recevait sous le statut de domanialité publique qu’il transférait vers le trésor public mais, il évaluait également sous la même catégorie les présents venant au nom de son épouse. En effet, lors de correspondances avec l’empereur de Byzance, la reine de Byzance envoya des présents de grande valeur à l’épouse d’Omar (ra) cependant, celui-ci les évalua sous le statut de domanialité publique qu’il transféra vers le trésor public.

D’un autre côté, afin d’éviter toute exploitation du bien d’état par les fonctionnaires, il prenait de sérieuses précautions. C’est pourquoi, il choisissait minutieusement les personnes qu’il allait amener à cette charge et, il faisait un constat de tous leurs biens. Il demandait même périodiquement une déclaration de bien par l’intermédiaire d’inspecteurs. A côté de cela, il faisait réexaminer les biens des personnes destituées de leur poste afin de contrôler s’il y a eu ou pas un quelconque abus. En effet, à la suite de nombreuses plaintes déclarant qu’Amr b. As (ra) s’était enrichi, le Calife envoya le chef des inspecteurs Muhammed b. Maslama (ra) en Egypte afin qu’il mène une enquête. Puis, Amr ne pouvant expliquer les sources de certains de ses biens, une partie de ceux-ci a été réquisitionnée. Pareillement, à la suite de nouvelles venant d’Ahvaz au sujet d’un fonctionnaire accumulant beaucoup de biens, le Calife envoya là-bas également un inspecteur et, la moitié des biens du fonctionnaire fut réquisitionnée. D’autre part, le Calife a interdit aux fonctionnaires d’avoir un autre travail et surtout de faire du commerce durant leur période de travail à raison que ça conduira à des abus.

Les principales caractéristiques rendant le personnage d’Omar (ra) exclusif sont les sujets tels que la compréhension de la gérance qu’il a développée et, surtout l’attitude qu’il a montrée au sujet de l’application de l’Islam dans la vie en parallèle aux nouveaux changements et évolutions, les nouvelles ouvertures et interprétations propres à lui, les avis de jurisprudence et les verdicts qu’il a soutenu dans ce cadre, ainsi que ses dispositions à l’administration de l’état.


Le fonctionnement judiciaire

Pendant la période d’Omar (ra), les principales évolutions et changements ont été vécu au niveau judiciaire. Par exemple, c’est durant sa période que pour la première fois des cadis ont été mutés dans toutes les provinces. Par conséquent, la compétence juridique a été prise des préfets pour former en quelque sorte des tribunaux indépendants et, les juges ont été nommés directement par le Calife. Par ailleurs, un cadi a également été chargé pour chaque unité militaire. Le Calife a également déterminé les fondements principaux auxquels les cadis devront se rapporter durant leurs jugements. Particulièrement, la lettre qu’il a envoyée à Abou Moussa al-Ash’ari nous donne des indices concernant le fonctionnement judiciaire et sur les fondements essentiels des procès juridiques. Dans cette lettre, le Calife demande que dans les jugements, les versets mouhkam (versets comprenant des sentences) du Coran et la sounna du Prophète Muhammad (saw). soient pris comme base principale. Il a surtout insisté sur le fait que le juge se doit d’être juste et impartial. D’après le Calife, lorsque le juge est impartial et juste, ceux qui se voient fort deviennent craintifs devant la justice et le pouvoir du juge et, en même temps les faibles se réfugient en la justice en croyant pouvoir obtenir leurs droits. Au cas où le juge prend une décision incorrecte, il se doit d’y renoncer quoiqu’il en coute. Par ailleurs, il a demandé que le témoignage des menteurs reconnus ne soit pas accepté et, tant que le contraire n’est pas prouvé que le témoignage de tous Musulmans soit accepté. A la fin de cette lettre comprenant de multiples autres directives, le Calife énonce que le devoir du juge est de distribuer avec justice le trésor de la subsistance et de la miséricorde de Dieu à travers ses serviteurs et, il termine en insistant sur la responsabilité du devoir du juge.

Les principales caractéristiques rendant le personnage d’Omar (ra) exclusif sont les sujets tels que la compréhension de la gérance qu’il a développée et, surtout l’attitude qu’il a montrée au sujet de l’application de l’Islam dans la vie en parallèle aux nouveaux changements et évolutions, les nouvelles ouvertures et interprétations propres à lui, les avis de jurisprudence et les verdicts qu’il a soutenus dans ce cadre, ainsi que ses dispositions à l’administration de l’état. C’est pourquoi, qu’il soit partial ou impartial, il a reçu l’appréciation de tout le monde et, il a gagné une place exclusive dans le cœur des Musulmans en tant que modèle de dirigeant  idéalisé et Musulman.

 

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