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Perspective de l'Islam face au racisme

« Ô les Hommes ! Votre Seigneur est un Seul ! Votre père et mère sont un ! Arabité n’est ni chez votre père, ni votre mère. Ce n’est que la description d’un mot que vous donnez. Il n'y a aucune supériorité de l’arabe sur le non-arabe. La supériorité n’est que dans la foi et l’obéissance en Dieu. Ceux qui croient et obéissent en Dieu sont tous supérieurs. Tout le monde devrait savoir cela tel quel, vous ne devriez pas mettre de discrimination fondée sur la supériorité raciale ! »

Une des plus grandes et plus nobles contributions du Coran à l'humanité était d’apporter le principe de « Fraternité Universelle ». Le Coran est un livre qui, en posant la base de la fraternité universelle de l'humanité, vise à éliminer toutes sortes de discrimination raciale et de couleur, ainsi que les obstacles géographiques qui empêchent l'unité et la solidarité des Hommes.

Initialement, l'humanité n’était qu’une seule famille. Plus les Hommes ont proliféré, plus ils se sont dispersés dans différentes régions sur Terre et sont nées les différences entre eux. (Al Baqara, 2/213; Yunus, 10/19) Le Coran a déclaré aux Hommes que seul Dieu est leur Créateur et Celui de leurs ancêtres. En conséquence, il a indiqué qu'il n'y avait aucune raison de distinguer les Hommes et les nations. (An-Nisa, 4/1)

Dieu n'a créé aucune race esclave ni l'autre maître. Nulle part dans le Coran il n’y a la moindre mention de classe, société ou nation privilégiée. Dans la foi musulmane, aucun Homme, quel que soit son niveau matériel ou spirituel, ne possède le droit de se voir supérieur et d'insulter les autres en raison de sa race, sa couleur, son sexe, sa nation ou l’endroit où il vit.

Sans aucun doute l'un des sujets préjudiciables à l’honneur et la dignité humaine est le racisme. Le racisme est une théorie et vision défenseurs de la supériorité naturelle d'une certaine race. Le racisme est « privilégier son peuple, sa tribu » ; les voir supérieurs; être injustice face aux autres; les mépriser et les dévaloriser. Le racisme est strictement interdit par l'Islam car il détruit l'unité et la solidarité entre les communautés, provoque l’oppression et l'exploitation et méprise les autres races en affirmant la supériorité de l’une.

La création des Hommes de race et de couleurs différentes ne signifie pas que l’un est supérieur à l'autre. Au contraire, cette diversité de la Création est un signe, une preuve et une source de conseils pour la gloire et l'unité de Dieu : « Et parmi Ses signes la création des cieux et de la terre et la variété de vos idiomes et de vos couleurs. Il y a en cela des preuves pour les savants. » (Ar-Rum, 30/22) Ce verset exprime la provenance des Hommes d’une même racine mais que leurs différences sont du point de vue biologique et culturel. Cette situation est présentée dans le verset comme une division divine, un signe et une preuve démontrant la présence, l'unité et la force de Dieu le Tout-Puissant. Les doués d’intelligence trouveront ces différences citées dans le verset comme salut et miséricorde divine et y croiront comme tel. Alors que les dépourvus de ces qualités sont mécontents de la division Divine et parlent sans arrêt avec une prétention de supériorité de race, de couleur et de nation. Ce phénomène abordé dans le verset, est efficace dans le développement de la vie scientifique, idéologique et artistique, aussi il est connu que ces différences sont à la base des civilisations. (Kur'ân Yolu, IV, 281-286)

Le Prophète (saw) en réactualisant souvent le racisme qui est une coutume ignorante, l’a aussi critiqué et interdit. Notre Prophète, dans son célèbre discours connu sous le Sermon d'Adieu, a déclaré que l’Arabe n’a de supériorité sur le non-arabe, ni le non-arabe sur l’arabe, ni le blanc sur le noir et ni le noir sur le blanc ; que la supériorité n’est que dans la piété et donc dans l’engagement envers les commandements et interdictions de Dieu. Le Prophète (saw), lors de la conquête de la Mecque, dans son discours après la circumambulation de la Kaaba, il dit à propos de la glorification des Hommes de leur race ou ancêtres: « Louange à Allah qui de vous a retiré les hontes et arrogances de l'ignorance. Ô les Hommes! Tous les Hommes sont divisés en deux groupes. L’un d’eux favorise le bien, est juste et se méfie du mal. Celui-ci est précieux à l’égard de Dieu. Le deuxième groupe est pécheur et rebelle, celui-là est sans valeur à l’égard de Dieu. Si non, tous les Hommes sont les enfants d'Adam; aussi Dieu a créé Adam de terre. »

Notre Prophète, en ordonnant « Vous êtes tous les enfants d'Adam et Adam est de terre. Renoncez tous à vous vanter de vos ancêtres... » (Tirmidhi, Tafsir, sourate Al Hujurat), a souligné les liens de fraternité entre les Hommes. Il dit également dans un autre hadith : « Le Jour du Jugement, Allah ne demandera pas vos ancêtres. En vérité, le meilleur d’entre vous à son égard est le plus méfient du mal ». (Muslim, al-birr, 34)

Le racisme est une maladie spirituelle aveuglant les yeux et les cœurs basé sur l'ignorance et le fanatisme. Exemplifions l’ampleur de cette affection avec un événement vécu dans l’histoire : un nommé Talha en-Nemeri, très respectueux du fanatisme tribal, arrivé à la ville de Yemame, parla avec un membre de sa tribu, Museylimetu'l-Kezzab, prétendant sa prophétie, il lui dit : « Je témoigne qu’il n’y a nul doute que tu es un menteur, alors que ce que dit Muhammad est vrai. Mais pour moi le menteur de la tribu Rebia est plus aimé que les Verités de la tribu Moudar. » (Keskioğlu, Kur’ân-ı Kerîm Bilgileri, p. 184) Ce qu’il désire affirmer ici est que les personnes appartenant à sa tribu, même s’ils sont déloyales et mentent, sont meilleurs que les bons et justes des autres tribus. En effet cette personne, alors qu’il savait dans le cas du Prophète (saw) qu’il disait la vérité, s’est comporté avec la bigoterie raciale et tribale et a nié la vérité absolue.

Cette approche est une manifestation typique du fanatisme et de l'obscurantisme. Mehmet Akif cite l'extrait suivant de Kınalızade Ali Efendi: « Une personne, même descendante du Prophète (saw), ne devrait émerger au sujet de sa noblesse. Même si cela est prouvé, il ne gagnera rien; car toute gloire et honneur appartient à son vénérable ancêtre et lui, restera étranger. S’il ne sait pas prouver sa noblesse, il sera menteur. »

Un autre exemple pertinent : On demanda au Chakh Naqchbandi, « Où s’attache votre lignée ? ». Cette honorable personne répondit, « Personne ne peut arriver nulle part avec sa lignée » (Şengüler, Açıklamalı Mehmed Akif Külliyatı, IX, 61) L’Islam en éliminant les sujets tels que le tribalisme, le sexisme, éloignant les Hommes les uns des autres, a fait des musulmans une seule nation. Certains, ne connaissant pas ces réalités de l'Islam, n’ont pas le droit de diviser avec le sentiment de tribalisme les musulmans vivant dans un même pays. Alors que le racisme et le tribalisme n’existent pas dans l'Islam, si les musulmans s’y enveloppaient, la confrérie religieuse serait éliminée et l'unité de la société musulmane serait fragmentée.

Le Prophète (saw), en ordonnant « Celui qui tente le racisme, ainsi que celui qui fait la guerre pour le racisme ne sont pas de nous » (Muslim, Al-Imara, 53), a déclaré qu’un tel racisme est jugé non-approprié par la religion.

Le racisme est l'un des principes de base de l’ignorance qui inclut toute croyance et valeur non-islamique. Pourtant, selon le Coran, les Hommes sont divisés en racines et tribus pour se rencontrer et non se vanter de leurs ancêtres. Le Coran a vivement rejeté le racisme parce qu'il a créé l’inimité entre les nations et les a détruits. Selon le Coran, l’Humanité fut composée de différentes communautés et tribus à sa création.

« Ô hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. » (Al Hujurat, 49/13) Le Coran, dans ce verset, met l'accent non pas sur la supériorité des races ou des sociétés, mais sur la fraternité de tous les Hommes. A un moment Abu al-Zar Ghifari, dit à son ami Bilal Al Habachi sur une fureur : « Fils de femme noire ». Quand le Prophète (saw) entendit cela, l’avertit et lui ordonna « Abou al-Zar ! Le réprouves-tu en raison de sa mère ? Il y a donc encore en toi l'ignorance morale ». Abou al-Zar, extrêmement désolé de ce qu'il avait fait et dans les remords, mit sa joue par terre et dit : « Je ne lèverai ma joue du sol sauf si Bilal marchera dessus du pied » et s’excusa. (Al-Boukhari, Al-iman, 22)

« Une personne, même descendante du Prophète (saw), ne devrait émerger au sujet de sa noblesse. Même si cela est prouvé il ne gagnera rien; car toute gloire et honneur appartient à son vénérable ancêtre et lui, restera étranger. S’il ne sait pas prouver sa noblesse, il sera menteur. »

Un problème se produisit entre les compagnons Saad b. Abi Waqqas et Salman. Saad b. Abi Waqqas, dans un environnement où se trouve aussi Salman le Perse (ra), demanda à chacun de citer leur ascendance. Une fois les présents ayant répondu, Salman le Perse (ra), à tous ceux qui essayaient de le réduire, donna l’ultime réponse : « Vous voulez connaître donc ma postérité. Mon Seigneur m'a accordée la bénédiction de l'Islam. Voilà pourquoi je suis Selman fils de l'Islam. » Omar (ra) triste et en colère quand il entendit ce qu’ils firent à Selman, se leva et donna à l'Humanité le message suivant: « Comme le sait très bien Quraysh, mon père Khattab, était l'une des personnes les plus remarquables de la Jahiliyyah. Mais maintenant ne me mentionnez pas du nom de mon père. Parce que je suis aussi Omar fils de l’Islam frère du fils de l'Islam, Selman. » (Al-Baihaqi, Chouab al-iman, IV, 286-287) Dans quelle religion, idéologie et disciplines philosophiques ou leurs membres, pouvons-nous voir une telle compréhension et un tel degré de vertus morales ? Qui ou quoi peut donner de telles fraternité et unité de conscience? La question à se poser est : Combien des musulmans aujourd'hui ont cette prise de conscience et cette compréhension ?

Un arabe raciste, voyant les membres arabes des tribus d’Aws et Khazraj assis discutant fraternellement avec des gens d'autres races, dit furieusement: « Aws et Khazraj sont des arabes servant le Prophète. Mais cet éthiopien de Bilal, ce Suheyb provenant du pays grec et ce Selman le persan ne sont pas arabes ? Comment se fait-il que ces étrangers non-arabes sont également considérés à s’asseoir et à discuter avec les arabes ? D’où ont-ils acquis cette égalité ? » Muaz Bin Jabal, après ce tournant inattendu, se leva de son siège et dit en tenant le col de l’homme: « Je vais t’amener chez le Prophète, je lui demanderai la place de ce que tu racontes dans l'Islam. Nous verrons s’il existe d'humilier ainsi dans l'Islam  une race en glorifiant les autres. » Muaz (r. anh), saisit l’homme et l'emmena directement à la mosquée du Prophète et lui posa immédiatement à la première occasion: « Ô Prophète, qu’ordonnez-vous pour ce raciste de Kays ? Nous les arabes étions assis à faire une agréable conversation avec nos frères non-arabes. Il est venu encrer la sédition du racisme entre nous. Il a prétendu que les Arabes sont une race supérieure. En affirmant Selman l’iranien, Suheyb le grec et Bilal l’éthiopien de race inférieure. Il affirme qu'ils ne sont pas dignes d'une conversation avec les arabes. Est-ce qu’en effet les autres races sont-elles inférieures et les Arabes de race supérieure ? Ne peuvent-ils pas rester équitablement dialoguer avec nous ? » Il se produit une profonde tristesse sur le visage du Prophète (saw) après l’écoute de cette évaluation.

Il avertit ainsi les personnes faisant la distinction raciale : « Ô les Hommes ! Votre Seigneur est un Seul! Votre père et mère sont un! Arabité n’est ni chez votre père, ni votre mère. Ce n’est que la description d’un mot que vous donnez. Il n'y a aucune supériorité de l’arabe sur le non-arabe. La supériorité n’est que dans la foi et l’obéissance en Dieu. Ceux qui croient et obéissent en Dieu sont tous supérieurs. Tout le monde devrait savoir cela tel quel, vous ne devriez pas mettre de discrimination fondée sur la supériorité raciale! » Ne savant alors quoi faire, Muaz bin Jabal trouva nécessaire de demander: « Ô Prophète, que faire donc de cet homme qui cherche à encrer entre nous la sédition du racisme ? » Le Prophète Muhammad (saw), contrairement à son habitude, répondit sévèrement. Savez-vous ce qu’il répondit à ce raciste ? « Da’hou ila an-nar! »  à savoir « Laisse cet homme raciste, il a sa route jusqu’à l'enfer ! » (el-Hindi, Kenzou’l-Oummal, XII, 47)

En conclusion, dans toutes nos relations envers les Hommes, nous devons nous mettre à la place de l’autre et le voir comme nous-mêmes. Cette règle est le niveau d’islamité normal pour ce que nous appelons la justice. Quant au niveau supérieur, il s’agit du niveau d’« i’sar » c’est à dire préférer son frère a soi. Et ce principe est l'un des plus hauts degrés rendant hommage à la dignité humaine. Mais cette règle est également le principal indicateur pour être une bonne personne et un bon musulman.

 

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