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L’équilibre social : l’aumône, la gratitude, la patience et la tolérance

L’équilibre moral des communautés est obtenu par les gens partageant et remerciant lors des moments de prospérité et patientant lors des moments d’étroitesse. En effet, dans le Saint Coran certains peuples ont été anéantis pour avoir choisi l’égarement et la dissidence, certaines personnes ont été vantées pour avoir patienté.

Selon Ibn Haldoun (m. 808/1406), un des pionniers de la science de la sociologie, les sociétés et les gouvernements ressemblent aux hommes. Dans leur destin commun il y a la naissance, l’évolution et enfin l’aboutissement. Le Glorieux Créateur a créé l’ordre général sur cette base. Ainsi, tout comme chez les gens le modéré est bien vu, les sociétés ayant des hautes valeurs morales et les gouvernements étant stables sont valorisées. 

L’équilibre moral des communautés est obtenu par les gens partageant et remerciant lors des moments de prospérité et patientant lors des moments difficiles. En effet, dans le Saint Coran certains peuples ont été anéantis pour avoir choisi l’égarement et la dissidence, certaines personnes ont été vantés pour avoir patienté. Selon le principe « chaque chose est présente avec son contraire » même si la prospérité et le besoin sont opposées l’un à l’autre la valeur de l’un est compréhensible avec la présence de l’autre. Car, la volonté Divine a partagé le bien et le mal, le beau et le moche, la gratitude et la patience, la richesse et la pauvreté entre ses serviteurs et la valeur des biens a été prédestiné ainsi pour l’homme.


Le souhait des pauvres hégiriens

Selon la transmission d’Abou Zarr Gifârî (m. 32/653) certaines personnes parmi les compagnons de l’Envoyé d’Allah (saw) et des pauvres hégiriens sont venus voir le Prophète et lui dirent ainsi : « Ô Envoyé d’Allah ! Les possesseurs de fortunes récoltent et partent avec de grandes récompenses et de bonnes actions. Ils prient et jeûnent comme nous. De plus, avec les biens restants ils donnent l’aumône. Sur ce, l’Envoyé d’Allah (saw) dit : « Allah ne vous-a-t-il pas donné de quoi faire l’aumône ? Pourquoi dites-vous ainsi ? Pour chacune de vos invocations, c’est-à-dire Soubhanallah, vous avez la récompense d’une aumône. Pour chaque louange, c’est-à-dire El-hamdoulillah, vous avez la récompense d’une aumône. Pour chaque témoignage de l’unicité d’Allah, c’est-à-dire Lâ ilâha illallah, vous avez la récompense d’une aumône. Pour le fait d’ordonner le bien (Emri bi’l maruf) aussi vous avez la récompense d’une aumône. Pour le fait d’interdire le mal (Nahy ‘ani’l moukar) aussi vous avez la récompense d’une aumône ».[1]

Dans ce hadith, nous comprenons que certains compagnons enviant le fait que les riches donnent l’aumône et croyant que ceux-ci gagneront ainsi des plus hauts degrés au paradis sont venus faire une demande au Prophète (saw). Notre Prophète (saw) les conseilla d’invoquer Allah, d’ordonner le bien et d’interdire le mal. Car, ces bonnes actions sont une des plus valeureuses provisions de l’au-delà et elles contiennent une valeur égale à l’aumône des riches. En effet, cette opinion est celle du savant de la science des Hadiths Andalou Kâdi Iyâz (m. 544/1149). Selon lui, le fait que l’on dise aumône à la glorification d’Allah, à la proclamation de Sa Grandeur etc. a été réalisé par ressemblance et, ils portent eux aussi la même valeur au niveau des bonnes actions que l’aumône. Dans ce hadith, les gens dont il est fait allusion dans la parole Ahl-i Doussour sont ceux qui sont riches de par l’abondance de leurs biens.[2] Quant à ceux qui sont venus faire une demande auprès de l’Envoyé d’Allah (saw) sont les compagnons connus pour leur pauvreté.  

Les sociétés comprennent la valeur de la prospérité lors des moments d’étroitesse et la valeur de l’étroitesse lors des moments prospères. Nous devons analyser comme un fait que dans les sociétés Musulmanes, selon les conditions politiques dans lesquelles elles se trouvent, pendant les moments prospères la dévotion était en avant et, dans les moments difficiles l’aumône et la charité.  


La pauvreté ou la richesse ?

Dans l’histoire de l’Islam, il y a toujours eu des débats sur ce type de hadiths à savoir : Est-ce la richesse ou la pauvreté qui a le plus de mérite ? Certains savants pensaient que la pauvreté a plus de mérite et, ils ont davantage transmis les hadiths en faveur de la pauvreté. Ibn Battal (m. 449/1057), un commentateur Andalou de Boukhari, a dit à propos du mérite de la pauvreté que nous pouvons comprendre de par l’apparence des hadiths que la pauvreté est supérieure. Selon lui, l’Imam Boukhari (m. 256/870) est du même avis car, dans la partie Rikak de son Jamiou’s-sahih le titre du seizième chapitre est « les mérites de la pauvreté ». Lorsqu’il fit le commentaire des hadiths se trouvant dans ce chapitre Ibn Battal indiqua les hadiths étant mis en avant par les deux groupes comme preuve pour le mérite de la richesse ou de la pauvreté et, il cita leurs points de vue. Par contre, selon lui les deux groupes se sont trompés à ce sujet. Car, selon Ibn Battal ni la pauvreté ni la richesse est une valeur en soi. Ces deux situations sont pour les gens un moyen d’être éprouvé et testé. Le pauvre se doit de patienter et, le riche de remercier Allah. Il pense que ces hadiths ne sont pas en contradiction entre eux et, il ne fait pas un choix au niveau du mérite de la richesse ou de la pauvreté, il suit la voie du juste milieu. Selon lui, la meilleure des situations est la situation où l’on peut subvenir à ses besoins sans dépendre d’autrui, c’est-à-dire la voie du juste milieu.[3]


L’équilibre social

L’Imam Birgivi (m. 981/1573), un des savants Ottomans, a écrit un livret au sujet de celui qui est supérieur entre le pauvre patientant et le riche remerciant et, dans ce débat son avis s’est penché pour le riche remerciant.[4] Car, les œuvres d’adoration telles que l’aumône purificatrice sont supérieurs aux œuvres d’adoration telles que la prière dont le profit est seulement pour soi. C’est pourquoi, du moment que les riches remercient Allah de pouvoir verser l’aumône purificatrice, qui est un acte d’adoration se faisant avec les biens mais en même temps avec le corps, ils gagneront au paradis des degrés plus élevés que les pauvres.

Cependant, lorsque nous portons notre attention sur l’avis de ces deux savants nous pouvons dire que l’essentielle n’est ni la pauvreté ni la richesse. En effet, les sociétés comprennent la valeur de la prospérité lors des moments d’étroitesse et la valeur de l’étroitesse lors des moments prospères. Nous devons analyser comme un fait que dans les sociétés Musulmanes, selon les conditions politiques dans lesquelles elles se sont trouvées, pendant les moments prospères la dévotion était en avant et, dans les moments difficiles l’aumône et la charité.

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[1]Mouslim, Zakat, 53

[2] Ibnou’l-Assîr, en-Nihaye fî garîbi’l-hadis, II/100.

[3] Ibn Battal, Sherhu Sahîhi Buhârî, X, 170-174. Transmission d’İbn Battâl, Saffet Sancaklı “İbn Battâl (ö. 449/1057) et commentaire de  Bukhârî ”, Din Bilimleri Akademik Araştırma Dergisi, 2007, v. VII, sy. 1, p. 85.

[4] Imam Birgivî, “Şükreden Zengin ile Sabreden Fakirin Birbirine Olan Üstünlüğü”, çev. Saffet Sancaklı, Diyanet İlmi Dergi, 2008, v. XLIV, sy. 4, p. 107-120.

 

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