Sira
 

L'écrit de la Sîra - 4ème Partie

L’écrit de la sîra dans la géographie de l’Islam sous l’effet de l’impérialisme

Avec l’apparition du besoin du progrès des sociétés, avec l’augmentation des relations avec les cultures extérieures et, avec l’approbation générale de la dégradation sérieuse dans les institutions sociales et politiques, l’histoire a presque toujours été tirée au centre des débats en tant que science humaine. Le fait que l’acquis historique d’une société soit en étroite relation avec la religion, l’état et la culture de cette société, a poussé certains intellectuels à chercher l’idéal dans le passé ; mais certains ont été poussés à prétendre que l’écrit historique dominant jusqu’à nos jours est au service des forces prédominantes et qu’il indique en fait qu’il y a de sérieux ennuis quant à la situation actuelle sur la vérité historique. Nous pouvons facilement remarquer ce genre de revendications chez les historiens matérialistes ou dans les critiques contre les Chrétiens du moyen âge embellissant l’histoire de l’église. (1)

Nous remarquons que d’un côté, l’évolution politique et intellectuelle agitées de l’époque, a ciblé la compréhension courante de l’histoire tout comme toutes les structures installées, d’un autre côté la traduction et la présentation des textes des orientalistes ont particulièrement conduit l’histoire de l’Islam vers une position de défense.

Au XIXème siècle, la géographie Ottomane où l’imitation, le changement, la transformation, la renaissance et la restructuration de ce qui est ancien ayant pour signification le vacarme des conservateurs soufflant tous en même temps dans une ambiance tourmentée, l’écrit de la sîra a été sérieusement affectée dans les traductions et les nouveaux travaux de composition. À partir de la fin du XVIIIème siècle, des historiens occidentaux tels que Gibbon puis Higgins et Carlyle ont publié des travaux comportant des critiques et des éloges à l’égard du Prophète (saw). Par contre, les premiers signaux du principal traumatisme lié à la description du Prophète par l’Occident sont ressortis à partir du milieu du XIXème siècle avec les œuvres des écrivains tels que Weil, Sprenger, Nöldeke et Muir connaissant cette fois-ci l’arabe et étant compétant en matière de l’histoire de l’Islam et de sources de la sîra. Ces noms, ont été mis en avant d’un côté par leurs critiques à propos des sources, de la méthode de la sîra et de l’histoire plus que sur le contenu, d’un autre côté ils ont favorisé la traduction des sources de base de l’histoire, de la science de hadith et de la sîra en langue occidentale. À la suite de ces travaux, Goldziher a développé à partir des sources Juives et Chrétiennes ses méthodes de « critique de source » puis, après les avoir appliquées sur les sources de hadiths, il a développé une thèse dans le sens où une très grande partie des hadiths a été inventée par la suite. Cette thèse, a été encore plus alimentée par les opinions des chercheurs de la sîra comme Caetani, Lammens et Schacht pensant que la majeure partie du matériel de la sîra a été développée par la suite suivant les évènements politiques et religieux.(2) Dans ce cadre, le plus important traumatisme avant la république (Turque) a été vécu avec la traduction du livre de Dozy Tarih-i Islam par Abdullah Cevdet réputé comme « vrai occidental ». Le style de l’écrivain face à la religion Islamique ainsi que les propos utilisés par le traducteur dans la préface, a réveillé l’indignation dans la société. Le livre a été démontré comme la cause de suicides de certains jeunes et, il a été enfin interdit. (3)

La présentation et la traduction des textes des orientalistes ont principalement conduit l’histoire de l’Islam vers une position de défense.

Ce type de critiques fait en général contre les sentiments religieux et la conception de la religion dans la société et, en particulier contre l’écrit de la sîra et de l’histoire de l’Islam et de temps à autre contre les attaques a engendré une première réaction de protection de l’existant chez les conservateurs. L’écrit traditionnel de la sîra, qui a été dans le passé le sujet de critiques par les savants musulmans en personne, a été repris durant cette période avec un style plus conservateur et plus amplificateur. Cette situation, ne peut être expliquée comme étant simplement une démarche psychologique naturelle. Probablement, au fond du protectionnisme se cache la crainte que le bout des critiques faites à l’encontre de l’histoire de l’Islam et de l’écrit de la sîra peut s’allonger jusqu’au Prophète (saw). Les textes d’Ahmed Hilmi de Filibe et d’Ismail Hakkı de Bitola (Macédoine) représentent les exemples les plus distincts de cette approche, ils considèrent les critiques des orientalistes complètement erronées et intentionnées.(4) Nous pouvons dire que l’œuvre de Shahbenderzâde Ahmed Hilmi de Filibel Tarih-i Islâm (5) est en grande partie une apologie à Dozy. Lorsque nous analysons l’œuvre d’Ahmed Hilmi, nous remarquons qu’il a utilisé un style rationaliste, sans avoir d’objectif littéraire, tout en essayant d’apporter des explications aux objections des orientalistes à travers la vision de la croyance islamique. Avant de commencer sa sîra, Ahmed Hilmi a évalué les courants philosophiques de l’occident puis, il a utilisé une approche critiquant les savants musulmans ne pouvant donner des réponses face à ceux-ci. L’œuvre a porté son attention non seulement sur les faits mais aussi sur les conditions sociales ; l’écrivain a également essayé d’analyser les relations causes à effets des évènements. (6) Nous remarquons une réaction semblable chez un penseur de la même époque, Ismail Hakkı d’İzmir. Ismail Hakkı, critiquant d'un côté les orientalistes, il écrivit pour différentes occasions des apologies, tout en prenant en main d'un autre côté les méthodes et les sources de la sîra en apportant un regard sur les acquis présents sur le sujet. Son livre Siyer-i Celîle Nebeviyye est important à ce niveau-là. (7)

Les points de vue formés par Ahmed Hilmi et Ismail Hakkı à partir de points différents reflètent en vérité une partie seulement des spécificités du changement d'idées se passant dans la géographie Islamique ayant un rapport encore plus étroit avec la colonisation occidentale. Essentiellement, dans les débats se développant autour de la religion, les approches apologistes et conformistes jusqu'à la dénégation, un assez large éventail d'idéaux a été alimenté. D'une manière étrange, les lignes de défense de cette époque face aux attaques des étrangers dans tout le monde Musulman se sont concentrées autour du Prophète (saw).  Les paroles de Muhammad Ikbal dans son Cavidname, essayant de faire une synthèse entre le modernisme et les coutumes soufis, nous attirent l'attention : "Tu peux renier Dieu par contre, tu ne pourras jamais renier le Prophète (saw)". (8) Dans ce cadre, nous voyons que le Prophète est né à nouveau en tant "qu'identité donnant de la force" aux musulmans faisant face aux attaques du monde moderne. (9)

Nous observons que ce changement et ce phénomène de défense concentré autour du Prophète sont apparus dans différentes régions de la géographie de l'Islam à des périodes proches l'une de l’autre. Nous comprenons que les différents points de vue et les différentes approches adoptées dans toutes ces œuvres, ont été utilisés pour faire face à la pression montante et dans l'objectif principal de faire cet effort autour du Prophète. Dans ce cadre, nous voyons que les penseurs tels que Seyyid Ahmed Han, Şiblî Numani, Nedvi, Reşid Rıza, Ferid Vecdi et İzzet Derveze ont testé de nouvelles approches au sujet de la sîra. L’objectif principal de ces savants de l’Islam en question est de retirer de la vie du Prophète (saw) les miracles, les récits et les textes de shamail étant rentré bien tardivement dans la littérature ; tout en mettant en avant l’image d’un prophète avec une identité historique et sociale. Dans cette perspective, selon le besoin du temps, le Prophète a été mis en avant avec de temps en temps une identité de réformiste, de clément, de combattant et de pieux. Toutes ces différentes identités ont été présentées sous le caractère humain du Prophète (saw). Dans ce cadre, l'ouvrage Siyer-i Nebi commencé par Şibli, terminé par Nedvi contient le matériel trié par les informations de la critique du hadîth (Al-Jarh wa At-Ta'dîl). Ensuite, l'ouvrage de sîra qui va être écrit plus tard par Derveze appuyé seulement sur le Coran est important mais, il a été critiqué du fait qu'il n'a pas ralié les informations sur ses sources avec le Coran. Dans l'oeuvre de Heykel, Hayatu Muhammad, le fait qu'il n'a pas cité, tout comme Derveze, de nombreux faits et informations dans son œuvre comme par exemple les miracles, le fait qu'il a utilisé le matériel de la sîra sans citer les noms des sources tout en ayant une approche critique et éclectique, a conduit à ce qu’il soit critiqué et accusé par les savants musulmans ayant la tendance de protéger la ligne traditionnelle de la sîra, de négliger les transmissions valides et de rester sous l'emprise des orientalistes.(10)

Nous voyons que le Prophète est né à nouveau en tant "qu'identité donnant de la force" aux musulmans faisant face aux attaques du monde moderne.

L’équivalent du réformisme religieux dans le constitutionnalisme ottoman s’est composé durant cette période, où la géographie de l’Islam avec toutes ses couleurs a été au centre des débats, avec les personnalités telles que Celal Nuri, Kılıçzade Hakkı et Hüseyin Cahit. Entre ceux-ci, malgré qu’il soit à la base un journaliste Celal Nuri a écrit des œuvres sur des sujets divers du droit jusqu’à l’histoire méritant l’attention tout en restant sur un point intéressant. Comme nous comprenons dans le sous-titre du livre Hâtemü’l-Enbiyâ de Celal Nuri, « avec d’un côté les attaques remplies de haine des Occidentaux et, d’un autre côté avec les superstitions et les exagérations de l’Orient qui ont élevé la personnalité du Prophète à une place surhumaine », défendre le Prophète de cette situation dont il est victime est l’objectif de ce dernier. Celal Nuri, affirme que la perception formée actuelle du Prophète (saw) découle de la méthode de recueil des transmissions de l’écrit de la sîra traditionnelle. (11)

L’écrit de la sîra lors de la période moderne en Turquie

Malgré tous ces débats, durant la période de la République, c’est la catégorie des conservateurs qui a laissé la plus importante approche dans l’héritage de l’écrit de la sîra. Cette approche, qui a été pour la suite la source d’inspiration au niveau du style et de la méthode pour beaucoup d’ouvrages de sîra, celle-ci est surtout distincte dans le livre d’Ahmet Cevdet Paşa. Ahmet Cevdet Paşa, qui a écrit de nombreux livres au sujet de la politique, du droit et de l’histoire de l’Empire Ottoman, a déterminé son point de départ principal à partir de la religion de l’Islam ; par contre, dans les domaines en question les idées qu’il a mises en avant et les ouvrages qu’il a écrits sont loin d’un protectionnisme absolu et fanatique, il a utilisé un style conseillant les réformes ainsi qu’un genre analysant profondément aux niveaux philosophique et méthodique. Târih-i Cevdet est un résultat d’un nouveau style, donnant des coupures de l’histoire ottomane, provenant du courant littéraire iranien, faisant une histographie scientifique traditionnelle et analysant la philosophie de l’histoire, tout en critiquant et en évaluant les sources. (12) Nous retrouvons un autre style proche dans l’œuvre d’Ahmet Cevdet, Kısas-ı Enbiya ve Tevârih-i Hulefâ, (13) coïncidant à la fin de sa vie où la vie du Prophète (saw). prend également place. Par contre, cette œuvre en question malgré qu’elle élimine de nombreux éléments présents dans les livres de sîra des périodes précédentes et qu’elle prenne en considération tout en comprenant des analyses, elle nous apparaît comme une œuvre étant montée au sommet avec un style littéraire comprenant tous les types de transmissions présents dans les premiers livres de sîra. Nous pouvons penser que ceci est dû non seulement à la différence d’objectif dans l’écrit de cette œuvre, mais aussi au fait que l’histoire de l’Islam gagnant de la clarté a senti le besoin d’adopter une attitude protectrice face aux critiques. Abdullah Cevdet, a choisi la voie de défendre le Prophète face aux attaques excessives avec son image présentée dans les premières sources nous parvenant. Nous pouvons penser que la description du Prophète (saw). sortant des premières sources, face aux attaques de l’Occident mettant en avant l’individualité humaine, comprend un aspect pouvant alimenter les sentiments religieux du peuple. En effet, alors que le Prophète est présenté dans la description tasawoufique comme étant extrahumain, Ahmet Cevdet Paşa l’a mis en avant dans son œuvre avec ses qualités humaines. Mais en même temps, il a été choisi par Dieu et de par ce choix, il a occasionné la réalisation de certains miracles. Ce message est aussi important, car malgré n’importe quelle force qu’a l’ennemi, si la foi est forte, l’aide de Dieu n’est pas loin.

L’œuvre de Cevdet Paşa écrit avec cette description a eu un grand succès. Car, à la suite d’une description tasawoufique remplie d’éléments excessifs, cette approche restant plus fidèle aux premières sources a bien été adoptée. Ce genre de petites et grosses exagérations ainsi que les miracles enlacés autour de la personnalité du Prophète, en l’alimentant avec un style littéraire, le présenter au peuple pensant avoir à nouveau perdu sa religion, va déterminer l’approche principale de l’écrit de la sîra surtout pendant la période de la république.

Lors de la première guerre mondiale et des premières années agitées de la République, nous retrouvons une sérieuse paresse dans le domaine de la sîra. La période avant la République au nom de la nouveauté est désormais passée à la période d’application. Nous remarquons que face à ceci la catégorie des conservateurs s’est de plus en plus repliée sur elle-même. Dans tous les cas, cette période va être enregistrée comme une période très creuse au nom de l’histoire de l’Islam. Ce creux, a essayé d’être rempli avec des traductions faites à différents moments des textes de langues occidentales et orientales. Tout de suite après la déclaration de la République, Hüseyin Yalçın a traduit le livre L’histoire de l’Islam de L. Caetani, (14) après Dozy c’est la première traduction à ce sujet. À la suite de ceci, aucune œuvre à part les œuvres de C. Brockelman L’histoire des peuples et des états de l’Islam (15) en 1954 par Neşet Çağatay et de J. Wellhausen par Fikret Işıltan (16) en 1960 ont été traduites. (17) D’un autre côté, nous voyons que le livre Le siècle du bonheur/Asr-ı Saadet qui a commencé à être écrit par Mevlana Şibli mais terminé par Süleyman Nedvî en langues Orientales a été traduit dans les années 1920. (18) (19)

Les premières œuvres composées lors de la période de la République ont commencé à voir le jour seulement à partir de 1950. Nous pouvons penser que le besoin d’enseignement dans les écoles de théologie (imam-hatip) en matière de sîra a joué un effet sur celles-ci. Par contre, nous voyons qu’à la suite du chaos et de l’ambiance troublée apportés par la seconde guerre mondiale et dans les conditions se développant dans différentes régions du monde Musulman, la personnalité du Prophète (saw). a été à nouveau commentée avec de temps en temps des caractéristiques de « révolutionnaire », de « populiste » et de « libérale ». Nous pouvons affirmer que cette période, en Turquie, a refait naître l’amour envers le Prophète malgré les changements extérieurs dans la vie et du laïcisme. (20) Nous remarquons que réellement les premiers ouvrages ont été écrits durant cette période.

Lors de la première guerre mondiale et des premières années agitées de la République, nous retrouvons une sérieuse paresse dans le domaine de la sîra.

Le livre d’Osman Keskinoğlu et d’Ahmet Himmet Berki Hâtemü’l-Enbiya Hz. Muhammad ve Hayatı/Le dernier Prophète et la vie de Muhammad, (21) dont la première publication a été faite en 1956 et la vingt quatrième trouva les années 2000, a été écrit, comme le précisent les écrivains dans l’avant-propos du livre, en tant que devoir après la prise en compte du besoin. Il est affirmé que face au grand désordre que les gens vivent, le Prophète est un « sauveur ». Il s’y trouve un défi aux personnes cherchant des souillures en lui. Il est appuyé que ce livre a été écrit dans le but de faire connaître la vie du Prophète (saw) et de le faire aimer et, que le besoin dans ce domaine va être compensé, pour les jeunes étant dans l’obligation d’apprendre la vie du Prophète (saw). à travers les traductions des œuvres Occidentales. Dans cette période où les livres en langue turque étaient très limités, avant toute chose le livre de Berki et de Keskinoğlu a comblé ce vide et il a compensé ce besoin. La partie introductive du livre, qui explique avec un tableau négatif l’état du monde, a pour objectif de renforcer l’image de la mission du Prophète en tant que « sauveur ». (22)

D’un autre côté, le livre de Zekai Konrapa, Peygamberimizin Hayatı/La vie de notre Prophète, ayant pour caractéristique d’être un livre de leçon pour les écoles de théologie, utilise un style ne comprenant pas de message. Il a été écrit avec des phrases courtes, une particularité de ce livre dont l’énoncé est simple et sobre est que, de nombreuses personnalités qui vont par la suite diriger le domaine des sciences religieuses en Turquie ont appris à connaître le Prophète avec ce point de vue. Konrapa tout comme Celal Nuri et par la suite Şemsettin Günaltay donnent de l’importance au dilemme « la rancœur de l’Occident, la méthode de l’Orient ». Même si les œuvres de l’Orient sont dépourvues de méthode, elles sont un trésor d’informations et de documents. Konrapa, indique que son livre n’est pas dans la prétention de combler un grand vide dans le domaine de la sîra, tout en exprimant qu’il contient le but d’indiquer les fautes historiques dans les œuvres ayant la propriété de nuire à la croyance Islamique. Dans son livre, Konrapa a opté pour un style éloigné de tout sentimentalisme où se trouvent de temps en temps des explications rationalistes et, où les transmissions à propos des miracles ont été vraiment élaguées. Par ailleurs, lors des transmissions des miracles, il utilise l’expression « les dates écrivent que » puis, il essaye de donner son avis avec d’autres sources qu’il transmet. Par exemple, au sujet de la date de naissance du Prophète, il affirme que les désaccords proviennent du fait de la transcription sans choix conscient des compagnons et, il explique que dans la compréhension de l’Islam il n’y a pas « commémoration sacré », il cite que dans l’Islam la sacralisation se rassemble seulement sur Allah. Dans cet ouvrage, la caractéristique humaine du Prophète est vraiment mise en avant. Il n’y a surement pas de coïncidence quant à l’adoption du livre de Konrapa dans les milieux dans lesquels il a été lu ainsi que par Muhammad Hamidullah qui a donné des cours et des conférences par la suite en Turquie. Nous pouvons dire que le livre de Muhammad Hamidullah, Le prophète de l’Islam, dans lequel il a classé soigneusement le matériel de la sîra et dans lequel il a fait attention à la cohérence logique entre les faits historiques, trouve son origine au niveau de la compréhension de l’histoire de l’Islam chez Konrapa, va laisser un effet important pour les théologiens du futur. Nous allons voir que surtout après les années 1980, dans un environnement plus libéral, cette ligne va ouvrir une porte pour l’évolution d’idées importantes.

D’un autre côté, comme nous l’avons cité plus haut, nous devons énoncer que la ligne d’Ahmet Cevdet Paşa compose la majeure partie des écrits de la sîra Turque et qu’elle nous est parvenue même jusqu’à nos jours. Dans ce cadre, nous sommes dans l’avis que l’évaluation parallèle de trois œuvres écrites et connues va être significative. Le premier d’entre eux est le livre de Hayati Ülkü nommé İslam Tarihi / L’histoire de l’Islam. Cette œuvre, qui a fait partie pendant une période des livres lus et enseignés communément, nous fait face en tant que livre succinct écrit avec la méthode de recueil des sources de la sîra. Ülkü a déclaré avoir utilisé un langage simple, en le faisant sortir d’un texte scientifique, dans le but qu’il soit lu par un large public. Il a énoncé ne pas avoir mentionné les sources des données une par une, il s’est contenté de citer certains points de divergences. Par ailleurs, il va être convenable de citer ci-dessous deux autres œuvres écrites avec un style semblable, mais avec un côté littéraire mis en avant. Ceux-ci sont le livre d’Asım Köksal, İslam Tarihi / L’histoire de l’Islam et la série d’Ahmet Lütfü Kazancı, Saadet Devrinden / Du Siècle du Bonheur. Les deux écrivains avaient l’intention d’écrire un livre assez bref, mais la diversité dans les sources des transmissions et le fait qu’ils n’ont pas fourni un effort spécial pour les trier a conduit à la sortie de livres volumineux. Asım Köksal a commencé à travailler sur son livre à partir de 1964, il a traité les thèmes avec un style simple et fluide, c’est le plus large livre sur la sîra en langue turque. De plus, il a écrit une apologie à Caetani dans les années 1960. D’un autre côté, la série Saadet Devri composé de 6 tomes d’Ahmet Lütfi Kazancı où, il a pensé à la vie du Prophète comme une journée en partageant le temps de l’aube jusqu’au coucher du soleil. C’est un texte de genre roman qui a pour but de faire connaître et aimer aux gens le Prophète (saw). L’auteur a opté pour les transmissions classiques avec lesquelles il a écrit un scénario avec un style rempli de ferveur et d’émotions.

La réputation répandue de ces deux ouvrages a conduit à ce que des ouvrages semblables ont continué à être publiés jusqu’à nos jours. Dans ce cadre, nous remarquons que le point où est venu aujourd’hui l’écrit de la sîra n’a toujours pas dépassé Ahmet Cevdet Paşa. Face à ceci, les œuvres présentant des approches différentes ont été marginalisées jusqu’à nos jours du fait qu’elles ont exposées des approches critiques et qu’elles n’ont pu fournir une analyse historique de valeur.

Le Prophète (saw), qui est le sujet de l’écrit de la sîra, se tient devant nous avec deux identités. La première, alimentant le domaine de la croyance des croyants et, celle avec laquelle on souhaite établir une affinité de par sa guidance et son exemple ; c’est pourquoi, c’est le Prophète (saw) que l’on souhaite raconter avec un style littéraire riche au public. Quant à la deuxième, étant le profil de Muhammad (saw), laissant de profondes empreintes dans l’histoire de l’humanité en tant que personnage historique qu’on veut traiter dans la méthode et la discipline de l’histoire.

En résumé, le Prophète (saw), qui est le sujet de l’écrit de la sîra, se tient devant nous avec deux identités. La première, alimentant le domaine de la croyance des croyants et, celle avec laquelle on souhaite établir une affinité de par sa guidance et son exemple ; c’est pourquoi, c’est le Prophète (saw) que l’on souhaite raconter avec un style littéraire riche au public. Quant à la deuxième, étant le profil de Muhammad (saw), laissant de profondes empreintes dans l’histoire de l’humanité en tant que personnage historique qu’on veut traiter dans la méthode et la discipline de l’histoire. Ces deux profils, nous dévoilent en même temps deux facettes de l’écrit de la sîra. Le Prophète (saw), sur lequel d’innombrables biographies ont été écrits durant l’histoire, va être à nouveau le sujet de nombreux livres et travaux mettant en avant ces deux identités.

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(1) Zeki V. Togan, Tarihte Usûl, İstanbul 1985, p. 136-7.Regardez également Marc Bloch, Tarihin Savunusu ya da Tarihçilik Mesleği, trad. Mehmet Ali Kılıçbay, Ankara 1985, p. 19-21.

(2) Mehmet Özdemir, “Siyer Yazıcılığı Üzerine”, p. 141, 145-6.

(3) Mehmet Özdemir, “Dozy”, TDV İslâm Ansiklopedisi, IX, p. 514.

(4) Özdemir, “Siyer Yazıcılığı Üzerine”, p. 154.

(5) Şehbenderzâde Filibeli Ahmed Hilmi, İslâm Tarihi, notes et ed. Cem Zorlu, İstanbul 2009.

(6) L’oeuvre a été publiée à différentes occasions, nous avons fait notre étude à partir de l’édition publiée en 1971 par les éditions Doğan Güneş dans le cadre de la série des 100 Grandes Œuvres.

(7) Ali Birinci, “İzmirli, İsmail Hakkı”, TDV İslâm Ansiklopedisi, XXIII, İstanbul 2001, p. 531.

(8) Annemarie Schimmel, “Müslüman Hayatının ve Düşüncesinin Bir Merkezi Olarak Hz. Muhammad ((saw).)”, Tasavvuf Dergisi, numéro: 9, p. 406, 411.

(9) Schimmel, p. 407-8.

(10) Özdemir, “Siyer Yazıcılığı Üzerine”, p. 152-3.

(11)  Recep Duymaz, “Celal Nuri İleri”, TDV İslâm Ansiklopedisi, VII, İstanbul 1993, p. 244; Özdemir, “Siyer Yazıcılığı Üzerine”, p. 154.

(12) Yusuf Halaçoğlu - M. Akif Aydın, “Ahmet Cevdet Paşa”, TDV İslâm Ansiklopedisi, VII, İstanbul 1993, p. 446.

(13) Ahmet Cevdet Paşa, Kısas-ı Enbiya ve Tevârih-i Hulefâ – Peygamberler ve Halifeler Tarihi,texte simplifié par : Metin Muhsin Bozkurt, İstanbul 2007.

(14) L. Caetani, İslam Tarihi, trad. Hüseyin Yalçın, İstanbul 1924-27.

(15) C. Brockelman, İslam Milletleri ve Devletleri Tarihi, çev. Neşet Çağatay, Ankara 1954.

(16) J. Wellhausen, İslâm’ın En Eski Tarihine Giriş, trad. Fikret Işıltan, İstanbul 1960; J. Wellhausen,Arap Devleti ve Sükutu, trad. Fikret Işıltan, Ankara 1963.

(17) Les oeuvres traduites plus tard sont celles-ci: M. Watt, Hazreti Muhammad, trad. Hayrullah Örs, İstanbul 1963; B. Lewis, Tarihte Araplar, trad. H. Dursun Yıldız, İstanbul 1979; Philip K. Hitti, Siyasi ve Kültürel İslâm Tarihi, trad. Salih Tuğ, İstanbul 1980-81.

(18) Mevlana Şiblî - Süleyman Nedvî, Asr-ı Saadet, trad. Ömer Rıza, İstanbul 1921-27.

(19) Apres ceci, jusqu’en 1970 seulement le livre de Corci Zeydan  Medeniyet-i İslamiye Tarihi  a été traduit des langues orientales. Trad. Zeki Megamiz, İstanbul 1950-52.

(20) Schimmel, p. 413-4.

(21)  Himmet Berki - Osman Keskinoğlu, Hâtemü’l-Enbiyâ – Hazreti Muhammad ve Hayatı, Ankara 2006.

(22) Berki – Keskioğlu, p. 5-6

 

 

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