Le Prophète Muhammad (saw)
Qui est le Prophète Muhammad (saw) ?
 

Le Prophète Muhammad (saw) : Un guide plutôt qu’un juge

Le Prophète (saw) était un guide miséricordieux bien plus qu’un juge impitoyable. En effet, même si l’homme avait commis une faute considérée comme un grand péché (kabâir), à savoir rompre volontairement le jeûne du mois de ramadan, le Prophète (saw) ne l’a pas rejeté, ni attaqué, ni mis en enfer et ne l’a même pas rabaissé. Bien au contraire, il a cherché à le comprendre, l’aider et l’accompagner. Plutôt que l’enfermer dans sa faute, le Prophète a tenté de lui trouver des solutions pour aller de l’avant et progresser religieusement. 

De nombreux musulmans à notre époque, parfois sincèrement, se donnent pour mission de blâmer d’une manière radicale leurs coreligionnaires qui commettraient des péchés, des fautes ou s’éloigneraient du droit chemin. Ainsi, ils s’érigent en juges, dénigrant les autres avec parfois beaucoup d’arrogance, de mépris et un certain sentiment de supériorité. Ils justifient constamment leurs attitudes par le fait de devoir défendre l’Islam et ses principes et de blâmer le mal.  Ils regardent constamment les fautes des autres en leur promettant l’enfer, plutôt que leur donner les outils de leur propre repentance et salut.  Le fait de vouloir promouvoir le bien et s’opposer au mal nous empêche-t-il de faire preuve de clémence et de pédagogie, même avec ceux qui sont dans l’erreur ?

En revenant à l’exemple prophétique, on constate que Muhammad (saw) était aux antipodes de cette attitude agressive et arrogante, qu’il cherchait à guider les gens bien plus qu’à les condamner, qu’il essayait de les comprendre plutôt que les juger sans nuances. Il préférait accompagner celui qui faute, relever celui qui est à terre plutôt que l’achever.

De nombreux récits exposent cette sagesse, cette miséricorde et cette pédagogie du Messager d’Allah. Abû Hureyra (qu'Allah l'agrée) raconta une anecdote intéressante à ce sujet, lorsqu’un jour, alors qu’il était assis avec le Prophète (saw), un homme vint et dit : « Ô Messager d'Allah ! Je suis tombé dans la perdition ». Le Prophète (saw) lui demanda alors pourquoi il disait cela, ce à quoi l’homme répondit « J'ai eu un rapport intime avec ma femme alors que je jeûnais ».

Le Prophète (saw) réagit  en lui proposant graduellement différentes solutions face à son problème. Tout d’abord, il lui demanda s’il pouvait affranchir un esclave ?

L'homme répondit que non. Il lui demanda alors s’il pouvait jeûner deux mois de suite, ce à quoi l’homme répondit qu’il ne pouvait pas. Enfin le Prophète (saw) lui demanda s’il était en mesure de nourrir soixante pauvres, mais encore une fois l’homme dit qu’il n’en était pas capable.

A ce moment-là, on apporta au Prophète (saw) un plat de dattes, il dit alors à l’homme qui avait rompu son jeûne délibérément : « Prend cela et donne le en aumône (aux pauvres) ».

L'homme répondit : « À une personne plus pauvre que moi ô Messager d'Allah ? Car je jure devant Allah qu'il n'y a pas plus pauvre que moi et ma famille dans la ville ».

Alors, le Prophète (sws) s’est mit à rire et dit à l’homme qui est venu l’interroger : « Donne cela à manger à ta famille »[1].

Ce hadith nous montre à quel point le Prophète (saw) était un guide miséricordieux bien plus qu’un juge impitoyable. En effet, même si l’homme avait commis une faute considérée comme un grand péché (kabâir), à savoir rompre volontairement le jeûne du mois de ramadan, le Prophète (saw) ne l’a pas rejeté, ni attaqué, ni mis en enfer et ne l’a même pas rabaissé. Bien au contraire, il a cherché à le comprendre, l’aider et l’accompagner. Plutôt que l’enfermer dans sa faute, le Prophète a tenté de lui trouver des solutions pour aller de l’avant et progresser religieusement. C’est en ce sens qu’il lui a évoqué les trois possibilités permettant de réparer son péché (affranchissement d’un esclave, le fait de jeûner pendant deux mois puis enfin le fait de nourrir soixante pauvres). Malgré le refus de l’homme de ces trois solutions, le Prophète (saw) est resté constant dans sa bonté envers lui et a continué de vouloir l’aider et l’accompagner avec mansuétude. 

Dans sa grande générosité le Prophète (saw) est allé jusqu’à donner lui-même de la nourriture à l’individu pour qu’il puisse la donner en aumône à des pauvres et ainsi expier sa faute. Le symbole est exceptionnel, alors que l’homme est venu exposer sa faute grave, le Prophète lui offre un plat.

Malgré la souplesse et la générosité du Messager (saw), l’homme continua à négocier, mais le Prophète (saw) resta malgré tout patient et imperturbable dans sa mission de guide.

Quand l’homme lui dit qu’il n’y avait pas plus pauvre que lui et sa famille, le Prophète (saw) rit et lui donna le plat de nourriture pour qu’il l’amène à sa famille. Ainsi, alors qu’il soit venu vers le Prophète (saw) avec un grand péché, il repartit avec un plat de nourriture pour ses proches et un sourire du Prophète (saw). Symboliquement,  il s’agit d’un acte de générosité matérielle par le plat et l’expression d’une affection immatérielle par le sourire.

Cela témoigne de l’amour que le Messager (saw) avait pour ses coreligionnaires et du bien qu’il voulait pour eux. Il souhaitait les guider vers la droiture et le salut des âmes et non les enfermer dans leurs fautes en les condamnant de manière absolue.

Le Prophète (saw) avait lui-même rappelé qu’il a été envoyé comme une miséricorde et non comme un châtiment « J’ai été envoyé comme miséricorde et non pas comme châtiment ».[2]

La méthode du Prophète (saw) était avant tout la douceur, la pédagogie, l’empathie et l’amour de son prochain. Il cherchait à comprendre l’autre plutôt que le juger, il souhaitait le guider plutôt que le blâmer. En toute circonstance, sa profondeur spirituelle et le sens de sa responsabilité prophétique prenaient toujours le dessus sur la passion, la colère et l’émotion que pouvait engendrer la réactivité immédiate à des situations difficiles.

Une autre histoire est très significative. Un jour, alors que la Prophète (saw) était assis avec ses compagnons dans la mosquée, un homme entra dans le lieu et se mit à uriner. En voyant un tel sacrilège au sein même de la mosquée, des compagnons se sont levés pour l’arrêter physiquement. Le Prophète (saw), ne voulant pas qu’ils frappent l’individu qui urinait, leur dit alors avec insistance de s’arrêter, de le laisser faire et d’ensuite nettoyer l’urine. « Laissez-le faire, ne l'interrompez pas, versez ensuite un sceau d'eau sur l’urine. Votre mission est de rendre les choses faciles et non de rendre les choses difficiles »

Quand l’homme a terminé d’uriner, le Prophète (saw) a lui-même nettoyé la souillure en versant de l’eau, montrant ainsi l’exemple à ses compagnons.

Dans une autre version du hadith, il est rapporté que le Prophète (sws), interpella l’homme qui a uriné en lui disant : « Les urines et autres souillures ne sont pas convenables dans les mosquées, celles-ci sont plutôt faites pour l'invocation d'Allah, les prières et la récitation du Coran »

L’homme, stupéfait par la grandeur morale et spirituelle du Prophète (saw), ainsi que par sa grande miséricorde, dit alors : « Ô Allah, applique ta Miséricorde sur moi et Muhammad mais ne l’applique pas aux autres gens-là». Le Prophète (saw) répliqua avec le sourire : « Tu restreins quelque chose des plus vastes (la miséricorde d'Allah)»[3].

On voit ici la noblesse de caractère du Prophète (saw), dont rien ne pouvait perturber son rôle de guide et de Messager. Malgré la gravité de l’acte de l’individu, et face à la réaction émotionnelle première des compagnons, Muhammad (saw) est resté dans une sérénité totale et a empêché ses compagnons de le frapper. Il a ensuite, malgré son sacrilège, adressé à l’homme des paroles douces et bienveillantes, cherchant à toucher le cœur de l’individu, sa sensibilité et sa raison. Il a touché son cœur en exprimant une miséricorde profonde et une sagesse immense par ses paroles douces, et il a touché sa raison en lui rappelant le caractère illogique et inapproprié de son acte, car même d’un point rationnel on comprend qu’une mosquée n’est pas un lieu pour uriner et déposer des souillures mais bien un endroit pour méditer sur le Créateur et adorer le Dieu Unique.

L’effet ne s’est pas fait attendre. L’homme fut impressionné par la mansuétude du Messager (saw), il invoqua même Allah pour qu’il fasse miséricorde au Prophète (saw) en plus de lui-même. Enfin, lorsqu’il continua en demandant à Dieu de ne pas accorder Sa clémence aux compagnons qui souhaitaient le frapper, le Prophète (saw) imperturbable, serein et inspiré lui a rappelé avec le sourire que la miséricorde divine est tellement large qu’on ne peut pas la restreindre de la sorte.

Ces deux exemples, comme beaucoup d’autres, nous montrent que la méthode du Prophète (saw) était avant tout la douceur, la pédagogie, l’empathie et l’amour de son prochain. Il cherchait à comprendre l’autre plutôt que le juger, il souhaitait le guider plutôt que le blâmer. En toute circonstance, sa profondeur spirituelle et le sens de sa responsabilité prophétique prenaient toujours le dessus sur la passion, la colère et l’émotion que pouvait engendrer la réactivité immédiate à des situations difficiles.

Dans le travail d’enseignement et de transmission du message de l’Islam, c’est de cette méthodologie prophétique que nous devons nous inspirer, en faisant passer notre mission avant nos sentiments personnels. Il ne faut pas utiliser nos connaissances sur l’Islam que nous transmettons comme un moyen de dénigrer les autres pour satisfaire notre propre sentiment de supériorité. Nous devons, autant que faire se peut, faire preuve de bienveillance envers nos frères et sœurs pour les accompagner vers la progression, et faire en sorte que ce message, que nous transmettons à autrui, soit aussi une transmission pour nous même pour nous réformer en tentant de réformer les autres.

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[1] Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°1936 et Mouslim dans son Sahih n°1111

[2] Rapporté par Al-Bukhârî

[3] Rapporté par Al-Bukhârî

 

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