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Le derviche des temps modernes, Martin Lings

Il était arrivé au monde en tant que Martin Lings, mais l’avait quitté en tant que Abou Baqr Sirajaddin. Il était âgé de 96 ans. Il était le soufi du siècle.

Nous l'avons perdu le 12 mai 2005. C’était un jeudi soir. Le jeudi était la nuit de dhikr des soufis. Il a rejoint son Seigneur durant son sommeil en cette nuit. Il était arrivé au monde en tant que Martin Lings, mais l’avait quitté en tant qu’Abou Baqr Sirajaddin. Il était âgé de 96 ans. Il était le soufi du siècle. Les musulmans du monde entier qui entendirent son décès exprimaient les uns aux autres leur chagrin avec le message de « Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un » (Nous venons de Dieu, nous allons retourner à Dieu!).

C’était un britannique. Il était venu au monde en tant qu’occidental, mais était devenu oriental. Il était né dans un village, puis décéda dans un autre village, comme un oriental. Il avait passé peut-être les 20 dernières années de sa vie au village, il avait choisi une vie solitaire. Mais il avait tardé à de nombreux arrêts entre ces deux villages. Ces deux arrêts s’arrêtait tantôt à l'Orient tantôt à l'Occident. Entre ces deux arrêts, il avait regardé les étoiles et les lumières de la ville pendant la nuit. Sa vie qui commença en tant que protestant en 1909 au village de Burinage (Lancashire) en Grande-Bretagne, prit fin en 2005 en tant que musulman toujours dans un village près de Londres. En plus de cela en tant que mystique dont tout le monde agréait.

Il était possible de lire la pureté de son cœur sur son visage. Il avait choisi que soit soufi son cœur et ses yeux, et non seulement son nom. Tout comme son deuxième prénom Sirajaddin signifiant « émetteur de lumière »…

Un sage musulman occidental au visage angélique...

Les turcs aussi l’on beaucoup aimé. Ses livres, pierres angulaires de la quête de sagesse face à l'homme moderne, étaient devenus les livres de chevets des lecteurs turcs. Son œuvre « La vie de Muhammad (saw) » était justement l'un de ceux-ci. Il a laissé derrière lui une vingtaine d’œuvres. Ils portaient tous l'empreinte de sagesse.

La langue la plus traduite de ses livres était le turque. En 1986, à la dernière de ses visites en Turquie, il avait relancé les conférences de l’Orient-l'Occident organisé par la municipalité d'Istanbul. En ce jour, le complexe de Cemal Reşit Rey avait vécu l'une de ses journées historiques. Son discours était intitulé « Les tâches du musulman à la onzième heure ». Des centaines de personnes étaient amoureux du discours de ce vieil homme sage au « visage angélique » comme si venu des contrées lointaines. Même s’ils ne comprenaient pas sa langue, ils comprenaient très bien son état de langue. Le 12 mai 2005, le jour de son Chebbi ‘Arous, les amoureux turques également dirent de tout cœur pour lui « Inna lillah wa inna ilayhi rajioun! ».

Martin Lings était l'une des premières références des occidentaux voulant connaître le réel Islam. Il était probablement le dernier représentant de nos jours « à rassembler le mysticisme et les intellectuels occidentaux » qu’ont fait vivre ses successeurs tels Frithjof Schuon et René Guénon. Selon lui, le mysticisme était le visage souriant de l’islam.

La prochaine étape de Martin Lings après le protestantisme était l’athéisme. Il avait fait ses études universitaires à l’Oxford en littérature anglaise. Il en est diplômé en 1932. En 1935, il est allé en Lituanie et a commencé à enseigner l’anglais anglo-saxons et médiéval à l’Université de Kaunas. Il était Athée mais curieux de connaître les religions du monde. Cette curiosité l'a poussé à l'Islam à 29 ans en 1938. Il a fait connaissance des enseignements spirituels du Cheikh Ahmed al-‘Alawi a-Chazalî (m. 1934) décédé quatre ans avant de lui être présenté par les musulmans d'Afrique du Nord. Il se l’est pris comme guide. Il était dorénavant Abou Baqr Sirajaddin.

Ahmet al-‘Alawi était l'homme qui a changé sa vie. Des années plus tard, il a à son tour immortalisé l'homme qui a changé sa vie dans un livre (1961) intitulé « Un Soufi au XXe siècle ». Juste après, en 1939, il est allé en Egypte où il vécut 14 ans. A l’Université du Caire, il donna des cours sur Shakespeare. Il transforma sa spécialisation sur Shakespeare en œuvre intitulé l'Art Sacré de Shakespeare (1966). En Novembre 2004, lors de sa conférence à Londres intitulé « Sufi or not Sufi » (Etre ou ne pas être soufi), il défendit que dans les écrits de Shakespeare se trouvaient des éléments mystiques portant des traces du soufisme.

Il partit en pèlerinage avec sa femme en 1948. En 1952, il retourna en Angleterre. Il continua son enseignement supérieur à l’École des Etudes Orientales et Africaines de l'Université de Londres en langue et littérature arabe. Puis il commença à travailler au British Museum et prépara le catalogue des manuscrits de l'Orient se trouvant au musée et principalement en arabe. Il travailla au British Museum jusqu'à sa retraite. La clé du département des manuscrits sur le Coran était entre ses mains. Au cours de sa mission au British Museum, il organisa également au Central Mosque de Londres des cercles de discussion. Il contribua à l’islamisation de beaucoup de britanniques. Le célèbre musulman britannique Gai Eaton, dont les œuvres ont été traduites aussi en  turc et plus connu par son livre « L'Islam et le destin de l'humanité », était l'un d'eux. Ces cercles de discussion comportaient aussi des cours éclairant les musulmans de Londres.

Martin Lings 

Il expliquait le visage souriant de l’Islam aux Occidentaux

Martin Lings était l'une des premières références pour les occidentaux désireux de connaître le réel Islam. Il est probablement de nos jours le dernier représentant « à rassembler le mysticisme et les intellectuels occidentaux », mouvement qu’ont fait vivre ses successeurs Frithjof Schuon et René Guénon. Selon lui le mysticisme était le visage souriant de l’Islam. Son œuvre intitulé « What is Sufism?» (Qu'est-ce que le soufisme?) est devenu un manuel indispensable et a pris place dans la bibliothèque de nombreux Occidentaux depuis de nombreuses années. Avec une perspective connaissant l’Orient et l'Occident, il a essayé de montrer aux membres de sa culture ce qu’ont besoin les hommes du monde moderne. Ceci était un appel effectué à faire comprendre et à donner un sens à l’existence qui commençait par : « Ô gens! Que le monde moderne ne vous face pas perdre votre humanité, vos vertus! ». Il a déclaré à ses compatriotes que « Les lieux célestes sont en votre intérieur, cherchez, vous le trouverez, frappez à la porte, il vous sera ouvert ». Bien sûr, il a montré aussi comment frapper la porte. Il a estimé que l’homme de l'ère moderne a perdu sa proximité à Dieu, et donc le secret de l'existence, mais qu’il pourrait gagner à nouveau la possibilité de se familiariser avec ce secret. Parce que « bien que nous soyons loin de Dieu, lui il est très proche de nous ».

Son œuvre intitulé « Onzième heure » éclairait « La crise du monde moderne ». Il ne restait qu’une heure pour minuit; le temps était compté. « Onzième heure » était une représentation de la fin des temps. «Nous devions assumer la responsabilité de la onzième heure sans perdre de temps. Ce qui devait être fait à la fin des temps était de penser à la vie après la mort et de le préparer ». Mais il n'a jamais prophétisé de catastrophe. Il a exprimé sa critique négative de l'ère moderne avec sagesse. Il a aussi avoué que l'ère moderne portait la possibilité d'une vie spirituelle. Pour lui à la fin des Temps, c’est à dire l’effort spirituel fait de onze heure vers minuit serait amplement récompensé. Il a partout cherché la sagesse. Il a porté le principe « La sagesse est la perte du croyant, il le prend où il le trouve! » dans ses idées et ses œuvres. D’ailleurs il avait pris la représentation de l’« Onzième heure » d’une parabole évangélique.

Il était l'un des représentants le plus important de l'école traditionaliste. Mais en conséquence le traditionalisme n'était pas de nous transférer les acquis des ancêtres. C’était seulement maintenir la révélation et la transmettre aux générations futures. Pour cette raison, la tradition signifiait la religion dans son lexique et pour cette raison il n’a jamais hésité d’« Expliquer la réalité non pas par les pionniers de l'école traditionnelle, mais par les principes de la religion ». Il n’a pas essayé de présenter le soufisme par la terminologie des autres religions comme certains membres de l'école traditionaliste ou certains Occidentaux.

Il était extrêmement confiant que le soufisme était basé sur le Coran et le Prophète Muhammad (saw). Il croyait de tout cœur à ces paroles qu’il transmettait de Houjvirî : « Pendant la période du Prophète Muhammad (saw), le mysticisme n'avait pas de nom mais existait. Aujourd’hui, il a son nom mais n’existe plus ».

Que ton âme soit en paix Martin Lings... Maintenant, tu as rencontré la Vérité ... Tu nous a beaucoup appris sur le chemin de la vérité... Merci beaucoup pour ce que tu nous a enseignés...

 

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