Sira
L'Arabie préislamique
 

La période préislamique en Arabie - Partie 2

Pour comprendre la religion prêchée par le dernier Prophète Muhammad (saw), envoyé comme miséricorde pour l’univers, et comprendre l’impact de cette religion sur la communauté, il est essentiel de connaître les caractéristiques ethniques, géographiques, sociales, culturelles, économiques et religieuses dans ses grandes lignes de l’environnement où le Prophète (saw) est né et a grandi. En effet, la révélation de ce processus, qui a affecté directement l’existence de la communauté musulmane, va également nous aider à bien comprendre la position du Prophète Muhammad (saw), ayant vécu 40 ans dans la région avant la période pré-prophétique. Cela va aussi nous permettre de saisir l'ampleur du changement et de la transformation se produisant sur ladite société avec le prêche de l’Islam.

Tout au long de l’Histoire, cette période dite de l’ignorance, n’ayant jamais été niée par les musulmans et a formé le début des livres écrits pendant des siècles sur l’Histoire de l’Islam et a été considérée comme une préface indissociable de l’Histoire de l’Islam.

La géographie et la situation religieuse


Entourée à l’Est par le Golfe Persique, à l’Ouest par la Mer Rouge, au Sud par l’Océan Indien, la péninsule Arabique est l’une des régions les plus arides du monde. Dans les anciennes sources Latines et Grecques,  le nom « Arabie » couvrait une région allant  de la rive orientale du Nil, au nord de la péninsule du Sinaï et la Syrie.  Aujourd’hui représentant une région plus étroite,  la péninsule arabique a une superficie de 3,1 millions de km2 et 9 000 kilomètres de côtes.

La quantité annuelle des précipitations tombant sur la Péninsule reste en dessous de 150 millimètres et fait ainsi régner un climat désertique sur la région. A la suite des développements géologiques, s’étalant entre le continent Africain et Asiatique, rappelant de ce fait un rectangle, l’Arabie s’est détachée de l’Inde et de l’Iran il y a entre 130 et 200 millions d’années et de l’Afrique il y a environ 65 millions d’années. Formant une paire compatible comme les deux côtés d’une fracture, les côtes Est et Ouest de la Mer Rouge donnent des indices importants sur la forme et l'évolution de la rupture entre les continents.

Appelé « Ceziretu’l-Arab » par les arabes, la Péninsule Arabique est divisée en plusieurs régions en fonction du climat et de la structure géographique. Même si le nombre et la limite des régions a été l’objet de divers débats tout au long de l’histoire, il y a trois régions qui sortent en avant : le sud-ouest de la péninsule couvrant le Yémen, le Hedjaz constitué des régions de l'Ouest et le Najd qui comprend le centre et les côtes orientales. Bien que les géographes aient donné une bonne importance au Hedjaz du fait qu’il soit le berceau de l’Islam, le Yémen a également reçu une attention considérable en raison de l’important centre commercial et productif de la péninsule.

Tout au long de l’histoire, la péninsule a été affectée de manière négative d’une part par la chaleur écrasante apparaissant notamment pendant les mois estivaux, d’autre part par les saisons et les différences subites de températures entre le jour et la nuit. La température augmentant du nord au sud et en descendant des hauts plateaux vers les basses altitudes, allant même parfois jusqu’à 50 °C, l’hiver en Arabie n’est que partiellement ressenti au nord et sur les côtes du Golfe Persique et ne l’est presque jamais sur les côtes de la Mer Rouge où la température descend rarement en dessous de 15°C. Même si les pluies pouvant tomber pendant les périodes de Février à Mars ou de Mai à fin Septembre réduisent partiellement l’effet étouffant provoqué  par le climat chaud et sec caractéristique de la péninsule, elles  n’empêchent pas d’assister à des températures atteignant les 40°C sur les côtes la journée et 30°C les nuits. L’humidité croissante sur les côtes se joignant à la chaleur rend la vie très difficile au quotidien. Contrairement à cela, les mêmes conditions créent un environnement favorable à l’agriculture de certaines régions. Par exemple, en hiver la température change de 25°C à 35°C dans les parties sud de la région de Tihame, située entre la chaîne de montagne de la côte ouest de la péninsule et la Mer Rouge, et il est possible de cultiver du café et des produits agricoles de valeur grâce au brouillard matinal s’étendant vers les montagnes.

Les montagnes rocheuses et abruptes occupant la partie ouest de l’Arabie sont coupées par endroit par les vallées formées suites aux inondations. Il s’est alors formé des zones d’habitations aux alentours de ces vallées relativement plus fertiles. Mais même dans ces endroits-là, la terre reste sablée et sa propriété de non rétention d’eau rend la fertilité dépendante de la pluie et sur une durée relativement courte. C’est pour cette raison que la plupart des habitations en question sont restés des zones d’installation provisoire où les Arabes nomades restent par période. D’un autre côté, au Yémen,  il a été élaboré des techniques et outils pour rendre utilisable l’eau des vallées retranchée dans les profondeurs et grâce à cela, certaines vallées ont été rendues habitables. Les installations se sont surtout produites dans les régions nommé «  Ahsa » qui est le pluriel du mot « Hasa », utilisé par les arabes pour désigner les endroits sableux en surface et rocheux dur en dessous. Lorsqu’il pleut, cette couche rigide empêche l’eau de s’infiltrer dans les profondeurs et rend l’eau utilisable par les hommes. Ceci constitue le principal facteur déterminant dans le choix de ces régions. La nature du sol et le régime de la pluie rétrécissent les zones agricoles permanentes. La pluie dans le sud-ouest, le sud et le sud-est tombant sous forme de pluie d’été (moussons) sur la péninsule Arabique et les eaux des vallées constituées par des précipitations subites et de courtes durée s’évaporent avant même d’avoir atteint les profondeurs de la terre dû au climat chaud. En conséquence la plupart des vallées fluviales restent arides. Cette situation et l’alliance de la terre extrêmement perméable et hydrofuge rendent fragile les nappes souterraines, c’est pourquoi l’agriculture basée sur l’arrosage des champs reste limitée uniquement au sud-ouest.

Les conditions climatiques en question, déterminant la végétation de la péninsule, autorisent uniquement les plantes durables et s’adaptant au climat aride comme les arbustes, les buissons, les arbustes nains, et les semi-arbustes. Il faudrait ajouter à la faune de la région les plantes à longévité courte capable de se développer pendant la saison des pluies. Comme dans le désert le plus terrifiant du sud-est nommé « Rub’ul-hali », il n’y a pratiquement pas de végétation là où les plantes n’arrivent pas à atteindre les réserves d’eau souterraines.

Tout cela révèle en réalité que les conditions naturelles défavorables régnant sur la péninsule sont dues en grande partie au manque d’eau  du pays. La majorité de cette terre étant  stérile, l’écart entre le nord-ouest récompensé par les sols fertiles où les précipitations sont abondantes et les régions du centre avec des sols arides et désertique réside à la base de ces éléments. Les autres  parties de la péninsule  en dehors du sud sont composées   de sources d’eau permanentes  et des eaux souterraines des oasis présents à intervalles peu fréquents. Les puits forés aux alentours de la vallée sont régulièrement refermés par les tempêtes de sable, et les flaques d’eau accumulées suites aux inondations s’évaporent en très peu de temps. 

Cette différence entre les régions  est ressentie sur la végétation,  et sur les produits locaux. Les régions centrales étant remarquables aux dattiers habitués à la sécheresse et représentant la végétation aride ; Le Yémen a trouvé la gloire avec l’encens, arbre du luxe et de la fertilité. Tandis que dans les parties des oasis formées  par les dattes qui représentent la nourriture principale de la population, il est possible de cultiver sur des régions restreintes  un peu de blé, ainsi que de l’orge, du maïs, des oignons, du sésame, divers légumes, des légumineuses, du tabac, des abricots, des amandes, des figues, du raisin et des agrumes ; au sud, il est possible  d’avoir diverses récoltes comme des bananes, du coton, du café et même du riz et de la canne à sucre. 

L’inaptitude du climat continental de la péninsule, se répercute également aux mers alentours. Aussi bien le climat et la structure de  la Mer Rouge que ceux du golfe Persique entravent le développement des régions bordant ces mers. Les deux mers rendent particulièrement difficile la Marine avec les eaux peu profondes, les récifs coralliens, les contre-courants et les vents. Aussi  la géographie côtière de la péninsule arabique ne possède pas les propriétés pour faciliter ces difficultés. Le littoral sud avant tout, le littoral n’est pas propice au port. Le peu de villes portuaires ne possède pas de réseau de transport terrestre pour permettre le développement du commerce et ne possède pas d’arrière-pays agricole pour alimenter les villes. En ce sens, peut-être la seule exception semble être Aden.

Malgré toutes ces conditions défavorables, la région a accueilli une population  de citadins subsistant à leurs besoins avec le commerce et l'agriculture et une population de nomades spécialisée dans l'élevage de bétail. Les Bédouins nomades se sont aussi trouvés des moyens de subsistance, en protégeant les caravanes commerciales ou en leur servant de guides, ou alors en les attaquant pour récupérer leurs biens. Sur les côtes, il ressort plutôt le commerce, le transport maritime, la pêche, la chasse à la perle et à l’éponge marine.

En résumé, aussi  bien par son climat maritime, que son climat terrestre et sa géographie à l’encontre de la  région  les installations à long terme n’ont  en général pas été possibles. Au fil du temps, tandis que certaines zones d’habitation ont montré un développement comme Djeddah, les villes comme Car qui était le port de Médine ont été effacées de la carte régionale.

Pendant la période où Shuaibe était un port de la Mecque, on suppose que c’était un petit village de pêcheurs constitué de cabines où les bateaux commerciaux venaient très rarement pour des opérations de chargements et déchargements. Djeddah est devenu un port important grâce à Osman (ra), qui a déclaré ce lieu comme la côte et le port de la Mecque au lieu de Shuaibe. La ville, à cette période, s’est développée d’une part du fait qu’elle soit le port de la Mecque, d’autre part en raison de sa position stratégique pour la défense du Hedjaz, elle est devenue fortifiée en la revêtant d’une fonction de ville de garnison. Djeddah a d’une part bénéficié de la prospérité économique de la Mecque dont elle était le port, d’autre part elle a fait devenir cette ville qui était le point de rencontre du monde Musulman,  un grand centre d’importation où les produits en provenance d’Egypte et d’Inde s’y trouvaient. Avec son importance religieuse, économique et stratégique acquise au fil du temps  Djeddah  étant devenu le plus dynamique et le plus  important port de la Mer Rouge et de la Péninsule Arabique et un quai d’arrêt pour les expéditions en Mer Rouge. D’un point de vue économique, avec l’importance qu’elle porte, elle a réussi à prendre place au Moyen Age parmi les quelques grands centres commerciaux mondiaux. Par ailleurs avec le temps, et surtout à la période où les croisades compromettaient la sécurité  des routes venant du nord, Djeddah a été un point de rencontre et de transit pour les délégations de Pèlerins venant du voisinage de la Mer Rouge et privilégiant les voies maritimes.

La situation religieuse de la communauté Arabe avant l’Islam


Les informations sur la religion des Arabes avant l’Islam reposent essentiellement sur des données archéologiques et des inscriptions Arabiques du Nord et du Sud. Cependant le contenu de ces documents, plutôt que d’apporter des explications sur les principes religieux, la foi, le culte et la prière, fournit des informations sur les noms des dieux et des idoles. En ce qui concerne la religion des Arabes avant l’Islam, il est possible de se référer, en plus des inscriptions et des œuvres archéologiques, des sources hébraïques, grecques, latines et assyriennes, aux poésies et aux proverbes de la période de l’Ignorance. Ceci nous  donne des informations directes sur la société arabe préislamique. En dehors de ces différentes sources limitées, surtout avant la naissance de l'Islam et dans la première période islamique, on peut trouver des informations justes et détaillées sur la religion des arabes polythéistes : avant tout dans le Coran et dans les ouvrages écrits dans le domaine de l’exégèse, l’histoire, la vie du prophète et de ses traditions. 

L’idolâtrie


Avant l’Islam, même si on rencontre différentes croyances religieuses comme le Judaïsme, Le Christianisme, le Zoroastrisme, le Sabéisme, et le Hanéfisme, il n’y a pas de doute que la croyance religieuse la  plus répandue parmi les arabes est l’idolâtrie. Cette croyance constituant particulièrement la base de la foi des Bédouins, représente la forme la plus ancienne et primitive de la croyance propre aux Samis.

İnitialement les arabes ne croyaient pas aux idoles et ne niaient pas l’existence du Créateur, mais au fil du temps, craignant la grandeur de Dieu, ils ont pensé communiquer avec Lui uniquement par le biais d’intermédiaires et ont ainsi adopté des idoles, de ce fait on pense que l’idolâtrie est parvenue aux Arabes par des sources extérieures. Cette idée repose sur la thèse que le peuple de la Mecque a découvert le monothéisme avec la construction de la Kaaba par Abraham, mais la descendance d’Abraham et de son fils Ismaël ont amené avec eux des morceaux de pierre de la Kaaba lorsqu’ils ont quitté la Mecque et ils ont fini par considérer ces pierres comme sacrées et leur ont donné de l’importance. Ceci a par conséquent provoqué leur éloignement du Créateur.

La transformation de cette admiration en vénération - idolâtrie remonte au 3ième siècle après J.C. au moment où la Mecque et la Kaaba étaient sous le contrôle de la Tribu Khuzaa. Selon les informations, Amr Bin Luhay, l’un des leaders de cette tribu, a ramené à la Mecque une idole nommée Houbal  de Damas où il était parti pour le commerce, il l’a érigé dans la cour de la Kaaba et a invité le peuple à l’adorer. L’idolâtrie est entrée de cette façon dans la Péninsule, puis s’est répandue avec le temps et elle est devenue très rapıdement la croyance dominatrice du peuple. Le nombre d’idoles apportées à la Kaaba a augmenté de façon considérable avec le temps : si bien que chaque tribu, et voire même chaque famille avait sa propre idole. Pendant la Période où l’Islam est apparue dans la région, on sait que le nombre d’idole à la Kaaba avait atteint les 360. Parmi celles-ci les plus connues sont Houbal, Isaf et Naile , Ved. Au Hedjaz, il y a les 3 divinités Lat, Menat et Ouzza considérées comme « les filles de Dieu ». Houbel est la première idole apportée à la Mecque et considérée comme la plus respectée. Elle était d’apparence humaine et avait été réalisée d’agate rouge. Cette idole, considérée comme une divinité par toutes les tribus arabes, avait eu la main brisée lors de son transport depuis la Syrie, de ce fait les polythéistes Qurayshites lui ont mis une main en or. Isaf de Safa et Naile de Marwa représentaient deux personnes commettant un adultère. Ved, l’idole de la Tribu Khuzaa, représentait un homme au corps imposant. Lat était considérée comme la plus ancienne des déesses par les Arabes et reconnue pour représenter le soleil, elle a été dépeinte dans les restes parfois comme un morceau de soleil, parfois comme une femme nue, et parfois comme un cheval. Alors qu’Ouzza, la plus grande idole des Qorayshites, était adorée aussi bien au Hedjaz que dans les régions d’Irak, de Damas, de Nabat, et de Safa. Pour en venir à Menat, la déesse du destin possédant un temple sur le bord de mer, sanctifiée par les Qurayshites et par la plupart des tribus, était considérée comme une déesse des plus intéressantes, notamment au Hedjaz. Alors que le nombre des idoles autour de la Kaaba et l'importance qui leur est attribuée varient d'une tribu à l’autre, ces idoles en question avaient une certaine réputation auprès de toutes les tribus.

Les Arabes de la période de l’ignorance, bien qu’ils adoraient les idoles, reconnaissaient l’existence d’une divinité supérieure nommée « Allah » pour définir le Dieu créateur. Effectivement, le fait qu’on retrouve dans la région  des personnes qui acceptent la croyance du Prophète Ibrahim (Abraham) (as), le hanéfisme, est la preuve que la croyance monothéiste n’est pas étrangère à la péninsule arabique. Cette croyance est présente dans les années après J.C. particulièrement dans le sud de l’Arabie, probablement amenée à la Mecque par le biais du commerce, et le fait qu’elle soit présente dans les poèmes de la période l’ignorance reste remarquable. En effet, le fait que dans les poèmes de l’Ignorance, le mot « Rahman » qui est attribué à Allah, n’ayant pas de pluriel à cette époque, a été interprété comme  désignant un Dieu unique.

Comme le Coran le souligne (Az-Zumar, Les Groupes 39/3), les polythéistes arabes adoraient les idoles uniquement dans le but de se rapprocher d’Allah. A tel point, qu’il savaient qu’Allah, Créateur de toute chose, Seigneur de la Terre, Propriétaire des cieux et de la terre, arrose la terre et fait pousser le blé, agrandit les troupeaux et les soumet aux ordres des Hommes. Ils l’imploraient pendant leurs moments difficiles et faisaient leurs plus grands serments à Son nom. Ils mettaient même de côté des produits à Son honneur. Ils priaient lorsqu’il y avait un danger, mais lorsque celui-ci disparaissait, ils oubliaient même Son existence. Ils sacrifiaient pour les idoles, mais ils adoraient Allah en même temps. Tout cela montre que la croyance des Arabes de l’Ignorance était assez vague, et qu’il y avait une crise et confusion de la croyance. Bien que consciemment elles fussent considérées comme des intermédiaires, les idoles avaient conquis tous les domaines de la vie quotidienne et formé un espace de croyance dominant. 

Les expressions les plus communes et vastement répandues utilisées par les Arabes de l’Ignorance pour désigner les idoles étaient Sanem et Vesen. On croit que Sanem était l’équivalent de la statue et désignait « tout ce qui est adoré hormis Allah », tandis que Nasb désignait l’obélisque et était utilisé pour les divinités réalisées en pierre. 

Une des conséquences directes de l’idolâtrie pendant la période de l’ignorance est qu’il était très important de posséder une idole ou un sanctuaire. Presque dans toutes les maisons, il y avait une idole à adorer et on érigeait des pierres devant la Kaaba et les sanctuaires. Les endroits où les cultes étaient réalisés de façon collégiale étaient des sanctuaires composés de nombreuses idoles, et le culte était réalisé comme le tawaf, en tournant autour des pierres. Pour subvenir aux besoins en sanctuaire des nomades, on leur attribuait une des tentes montées dans les zones d’habitation. Même si ces sanctuaires qui avaient une grande respectabilité auprès des Arabes étaient nommés beyt et ceux qui étaient en forme de cube étaient plutôt nommés kaaba. Le sanctuaire de Riyam, dans la région de Sana au Yémen, était parmi les sanctuaires les plus connus de la période de l’Ignorance.

Selon la croyance des Arabes de cette période, le but des cultes étant d’atteindre certains  buts terrestres, les formes de culte reposaient sur des invocations faites dans les maisons d’idoles. En plus de la prosternation et du tawaf, il y avait le sacrifice d’un animal et la donation d’aumône. On demandait l’aide et l’intercession des idoles pour les invocations concernant en général, la santé, la richesse, la victoire et la possibilité d’avoir un enfant. Même s’il n’y a pas de croyance en l’au-delà, où le but principal de la vie  repose sur le profit des goûts mondains, nous constatons que celle-ci reste vague comme la croyance en Allah. En effet, enterrer le mort avec des produits de nécessité tel que de la nourriture et des  vêtements, ainsi que laisser pour mort auprès de la tombe un animal assoiffé et affamé afin de servir de monture lors du voyage vers le jugement montre l’existence d’une conception dans le subconscient qu’il  y a une vie après la mort.

Le quartier principal de la croyance religieuse des Arabes de la période de l’ignorance, est sans aucun doute la Kaaba et ses environs. En effet, le pèlerinage est connu pour être la forme la plus courante et régulière de culte. Pendant la saison du pèlerinage où la guerre était interdite et les conflits entre tribus arrêtés, chaque tribu tournait autour de la Kaaba. Lorsqu’ils arrivaient devant leurs idoles, ils les saluaient respectueusement en s’inclinant et faisaient des invocations. Le tour de la Kaaba était réalisé généralement nu pour symboliser la purification des péchés. Même si l’acte principal du pèlerinage est le fait de tourner autour de la Kaaba dans une ambiance de fête, il comprenait aussi la visite des temples de la région qui abritaient des idoles en dehors de la Kaaba. Considérés comme portant les traces de l’existence de Dieu et de ce fait considérés sacrés, on ne pouvait sacrifier aucun être vivant dans l’enceinte des temples. A cet égard, de tels endroits étaient un refuge idéal pour ceux qui subissaient la colère des tribus et qui craignaient pour la sécurité de leur vie. Il est connu que  les Arabes de l’Ignorance, présentant des cadeaux et des parfums, des offrandes d’animaux aux dieux de ces temples en question, jeunaient comme les chrétiens et les juifs et faisaient circoncire leurs enfants. Même si on sait l’existence des pratiques comme  le gousl, le lavage des morts et la mise en linceul, il n’y a pas d’opinion claire sur leur étendue. 

Souhaitant l’aide des idoles pour la réalisation des œuvres importantes, cherchant des solutions à leurs problèmes en tirant des flèches divinatoires devant elles et en rendant tout cela une obligation religieuse, les Arabes Polythéistes prédisaient l’avenir en regardant le vol des oiseaux et la direction de leurs déplacements. Ils se référaient également aux amulettes et aux talismans pour se protéger contre le mauvais œil. Ils faisaient des offrandes aux morts qu’ils enterraient avec leurs affaires et de la poterie et érigeaient des statues et des pierres tombales.

Le Hanifisme


Juste avant l’émergence de l’Islam, ayant attiré l’attention sur eux avec la résistance qu'ils ont montrée contre l'idolâtrie de Quraysh et en maintenant une distance par rapport au Gens du Livre du Christianisme et du Judaïsme, les Hanifites ont joué un rôle important dans la propagation du monothéisme à travers toute la péninsule et dans la préparation de l’émergence de l’Islam. Malgré une vie ascétique, représentant une minorité recluse et isolée, ils ont réussi à devenir les éléments importants de la période de l’ignorance avec leur mode de vie mené simplement avec leur lignée, leurs valeurs, leur connaissance et la culture qu’ils représentent. Ce clan également salué dans le Coran (El-Hacc, Le Pèlerinage, 22/30-1), a joué un rôle important dans le transport dans les différentes régions de la religion d’Abraham reposant sur les principes du monothéisme.

Le Judaïsme
 

Dans la société Arabe préislamique, on voit que le judaïsme étant une religion  parmi les deux religions avec un livre,  ne possède pas beaucoup d’adeptes en dehors des régions du Yémen et de Yathrib.

Le Judaïsme a été connus dans ces régions d’une part à travers l’occupation de Jérusalem au 6ème siècle avant JC et d’autre part à la suite du strict suivi de Rome sur les régions syrienne et palestinienne. La région du Hedjaz est devenue une zone d’immigration  des Juifs venant de ces régions. C’est plutôt la tension vécue entre les juifs installés dans les régions comme Médine, Hayber, Fedek,  et VadiUlkura et les tribus Evs et Hazrec d’origine Yéménite  immigrés dans la même région au deuxième ou troisième siècle après JC qui n’a pas permis au Judaïsme de laisser un impact significatif sur les Arabes de la Région. Même sous l’influence des commerçants  exerçant dans la région,  même si le dirigeant Zû Nüvas de Himyeri du Yémen était  juif, et même si le judaïsme a trouvé la possibilité de s’étendre dans le sud-ouest de la péninsule arabique, cette religion n’a pas eu d’influence sur les Arabes, du fait qu’elle soit considérée comme une religion nationale, que les Juifs se considéraient supérieurs aux autres membres des autres religions et que les règles des Juifs ne se conformaient pas au mode de vie des bédouins.

Le Christianisme
 

On a évoqué le Judaïsme ayant un impact restreint sur la population Arabe avant l’Islam. En revanche, le Christianisme a joué un rôle beaucoup plus actif. L’entrée du Christianisme dans la Péninsule Arabique s’est produite à partir du 4ème siècle après JC, par le biais de la Syrie au nord et de l’Ethiopie au sud. Les Chrétiens provenant de la région syrienne étaient composés de groupes d’opposition qui ne pouvaient pas rester sur les terres Byzantines en raison des conflits sectaires entre les églises orientales. Bien qu’ils aient eu de l’influence au départ parmi les Arabes de Hire et Gassani de l’Arabie du Nord, avec le temps ils ont conduit à la christianisation de beaucoup de tribus arabes.

Dans l’Arabie du Sud, la propagation du Christianisme a été réalisée plutôt par le biais des Ethiopiens. En dehors des Ethiopiens qui œuvraient pour que Necran devienne un centre important  pour la chrétienté sur les terres de l’Arabie, on peut affirmer que le soutien de l’empire romain qui voulait former une supériorité face aux  Sassanides a joué un rôle considérable dans le développement du Christianisme. Le processus de Judaïsation de la région ayant commencé avec le choix du Judaïsme par le Roi de Himyer Zu Nüvas, par conséquent le christianisme a subi une perte de pouvoir dans le sud de l’Arabie. Il a été cependant possible de christianiser la région, à nouveau, aussi bien avec l’intervention de l’Empire Byzantin que de la royauté de l’Empire d’Ethiopie. Les Forces Ethiopiennes ont atteint leur but dans le sud de l’Arabie et ont avancé jusqu’à la région du Hedjaz par  le biais de leur gouverneur Abraha.

Le fait que le Christianisme se soit propagé facilement dans la péninsule Arabique a permis de présenter un aspect plus spectaculaire que l’aspect primitif et simple de l’idolâtrie ; Il a été exprimé que les rituels, les costumes religieux, les temples majestueux, les statues et les icones de la culture chrétienne,  ont provoqué un certain  charme sur les Arabes. En effet, la rédaction de poèmes  parmi les Arabes sur les charmes formels du christianisme  confirme cela. L’influence de la forte propagande des missionnaires chrétiens et des prêtres a été ressentie. La zone de propagation initiale étant l’Arabie du nord,  parmi les tribus de la région côtière de la péninsule et du Yémen ayant accepté le Christianisme il est possible de compter les tribus Kudaa, Gassan, Lahm, Tağlib, Bakr, Behra, Âmile, Souleyh et İyad.

Il était possible de rencontrer aux alentours du Yémen et de l’Irak, un petit nombre de personnes adorant les étoiles et les corps célestes, ou encore, aux alentours du Bahreïn des Medjoussi qui adoraient le feu.

 

 

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