Le Prophète Muhammad (saw)
Sa vie sociale
 

La belle parole selon la Sunna du Prophète Muhammad (saw)

Il y a certaines paroles qui, lorsque vous les entendez, ont l’effet d’un éclair faisant jaillir la vérité dans votre cœur. Alors qu’il y a d’autres paroles qui, lorsqu’elles sont prononcées, brisent votre cœur, assombrissent vos pensées, vous rendent malheureux et par-dessus tout, plongent l’humanité vers la destruction.

La parole, à l’instar de la réflexion et de la prise de décision, est présentée comme étant l’une des caractéristiques essentielles de l’être humain. Lorsque nous parlons, nous pouvons sans aucun doute améliorer et apporter une valeur ajoutée à notre parole, et ce, en prenant totalement conscience de ce que l’on désire faire, ce que l’on recherche et vers où l’on se dirige. Il n’est pas suffisant de penser uniquement, ce qui est important, c’est de savoir sur quoi porte notre réflexion et quel en est ses objectifs ; cela est tout aussi valable pour nos paroles. Il y a certaines pensées qui sont de vraies barrières, empêchant d’atteindre la vérité. Tandis que d’autres pensées nous y mènent et apportent un sens à notre existence.  Il y a certaines paroles qui, lorsque vous les entendez, ont l’effet d’un éclair faisant jaillir la vérité dans votre. Alors qu’il y a d’autres paroles qui, lorsqu’elles sont prononcées, brisent votre cœur, assombrissent vos pensées, vous rendent malheureux et par-dessus tout, plongent l’humanité vers la destruction. Nos « paroles» n’ont pas de valeur à elles seules, ce sont la façon et la raison pour laquelle nous l’exprimons qui lui donnent de la valeur… Mais alors de quelle manière allons nous parler et dans quel but ? Autrement dit, comment allons-nous valoriser et embellir nos paroles ? À travers les enseignements de Dieu et son Envoyé (saw) bien sûr !

Le Prophète fit l’éloge et glorifia la belle parole comme cela ne l’a jamais été fait dans aucune autre civilisation ; il déclara : « La belle parole est une aumône » (Boukhari, Adab 34, Jihad 128 ; Muslim, Zakat 56). La belle parole est une œuvre pieuse et possède une grande valeur aux yeux d’Allah. Saluer la personne que l’on croise dans la rue, demander de ses nouvelles si on la connaît et donc lui montrer qu’on lui accorde de l’importance sont quelques exemples de belles paroles. Il ne fait aucun doute qu’une belle parole, réconfortante, apaisante et, avant tout, une parole qui prend l’autre en considération et apporte des solutions est d’un grand bénéfice pour les personnes et la société entière. Parfois, de même que nous privons notre propre personne de belle parole, nous en privons aussi nos parents, nos amis, notre conjoint et nos enfants. Pourtant, nos proches et nos connaissances ont vraiment besoin d’être écoutés, d’être consolés, ils ont besoin de paroles qui leur rappellent l’au-delà, les réconfortent, les apaisent, mettent fin à leur anxiété et allègent le poids sur leurs coeurs. En réalité, ce n’est pas qu’eux, mais l’humanité entière qui est dans le besoin de parole et déclaration véridiques. Les paroles, les images et les mondes virtuels qui nous entourent occultent la « vérité ». Malheureusement, il nous arrive parfois, sous l’effet de la colère, de perdre le contrôle et  de tenir des propos blessants pouvant briser le cœur de notre ami ou de notre conjoint.

Il ne faut surtout pas minimiser l’impact d’une parole. Une seule parole peut parfois avoir des répercussions désastreuses. Elle ne provoque pas de mal qu’aux autres, mais aussi à nous-mêmes. Au même titre que les péchés provoquent un point noir dans notre cœur, chaque mauvaise parole - que Dieu nous en protège - assombrit, petit à petit, notre cœur. Ainsi, le Prophète (saw) nous avait mis en garde longtemps auparavant : « Il arrive au serviteur de dire, sans en connaître le contenu (sans réfléchir à ses répercussions), une parole qui lui vaudra d’entrer dans le feu dans une profondeur supérieure à la distance qui se trouve entre le lever et le coucher du soleil ! » (Boukhari, al-Riqaq 23)  Une parole engendre une sanction … La relation qui existe entre nos paroles et la sanction a été décrite par le Messager (saw) par une déclaration on ne peut plus frappante : «Certes, il arrive au serviteur de prononcer, sans y prendre garde, un mot qui lui vaudra l'Agrément d'Allah et pour lequel Allah l'élèvera de plusieurs degrés. Mais le serviteur peut également laisser échapper par mégarde un mot qui lui vaudra le Courroux divin et lui vaudra d'être précipité en Enfer» (Boukhari, al-Riqaq 23). Nos paroles sont donc d’une grande importance, il nous faut donc bien peser nos mots avant de les prononcer. Il est indéniable qu’il existe une relation et une interaction entre notre cœur et nos paroles ; nos paroles agissent sur notre cœur et notre cœur dirige nos paroles. Nous pouvons même dire qu’il existe une relation entre notre cœur et tout le reste de nos organes. Chaque mouvement de notre corps et plus particulièrement notre gestuelle et nos mimiques influencent directement notre cœur. Les mauvaises paroles qui sortent de notre bouche doivent donc nous inquiéter, si ce n’est pas le cas, c’est que notre cœur s’est complètement noyé dans ce type de propos. Pourtant, nous aurions dû à tout prix protéger notre cœur. Il est donc temps de rétablir nos boucliers contre les mauvaises paroles nous poussant à commettre des péchés : le repentir (tawba) et la demande de pardon (istighfar). Nous devons, d’une part, sans cesse nous rappeler que ces mauvaises paroles peuvent nous valoir un châtiment très douloureux et prendre, d’autre part, conscience que chaque belle parole s’élève auprès de Dieu. Ainsi l’a affirmé le Très Élevé : « Vers Lui monte la bonne parole, et Il élève haut la bonne action » (Al-Fatir/10). Ce sont nos bonnes paroles qui élèveront nos bonnes oeuvres vers Dieu et ce sont nos intentions qui embellissent nos propos. Si notre intention est mauvaise, notre parole le sera aussi et si notre parole est mauvaise, nos œuvres le seront sans aucun doute aussi. Toutes ces choses sont liées les unes aux autres d’une manière si forte. Le poète Yunus a si bien expliqué la portée des paroles et les répercussions qu’elles peuvent engendrer :

« Söz ola kese savaşı, söz ola kestire başı, Söz ola ağulu aşı, yağ ile bal ede bir söz »

« Certaines paroles peuvent mettre fin à une guerre, tandis que d’autres peuvent engendrer la peine de mort. Certaines paroles font du poison un repas délicieux tel que le miel et le beurre  »

Il arrive au serviteur de dire, sans en connaître le contenu (sans réfléchir à ses répercussions), une parole qui lui vaudra d’entrer dans le feu dans une profondeur supérieure à la distance qui se trouve entre le lever et le coucher du soleil ! 

Le Prophète (saw) accordait tellement d’importance à la bonne parole qu’il affirma qu’il est mieux, pour celui qui n’a rien de bon à dire, de se taire plutôt que de parler : « Que celui qui croit en Allah et au jour dernier, qu’il ne dise que du bien ou qu'il se taise ! » (Boukhari, al-Riqaq 23) Il affirma même dans un autre hadith : « Tout ce que l’enfant d’Adam  dit est à son désavantage, exception faite des paroles qu’il prononce pour évoquer Dieu, ordonner le bien et interdire le mal ! » (Tirmidhi, Zuhd 63). Selon le savant Aliyyu’l-Qari, ce hadith indique qu’en dehors des paroles qui ont pour but d’évoquer Dieu, ordonner le bien et interdire le mal, aucune parole n’est licite. Il est cependant plus raisonnable d’interpréter ce type de hadith comme étant une hyperbole qui a uniquement pour but de mettre en garde les croyants et leur faire éviter les paroles exagérées et malsaines.  Les versets et les hadiths indiquent donc qu’hormis les paroles bienfaisantes, d’amitié et d’entraide, toutes les autres paroles futiles n’apportent aucun bénéfice à la personne qui les prononce. Le fait que ce hadith ne précise que trois exceptions (évoquer Dieu, ordonner le bien et interdire le mal) souligne, d’une part, l’importance de toutes les paroles pouvant entrer dans l’une de ces trois catégories et indique, d’autre part, que nous devons rester très prudents concernant les paroles qui ne font partie d’aucune d’entre elles. Les savants ont donc affirmé que, même si elles restent dans le cadre du non sanctionnable, les paroles licites de ce type n’apportent rien dans l’au-delà à celui qui les prononce. Ce genre de discussion est licite, mais elle court toujours le risque de dévier vers la médisance, le commérage et la futilité.

En conclusion, il ne faut surtout pas minimiser la portée et les conséquences que peut avoir une parole. Certes, une fleur à elle seule n’apporte pas le printemps, mais le printemps commence par l’apparition d’une fleur.  Une parole seule ne fonde pas de civilisation, mais la construction d’une civilisation débute par une parole. La civilisation musulmane, elle, s’est fondée et a pris forme à la suite d’une révélation, d’un mot, « iqra » (lis !) .

 

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