Les Compagnons
Ahl Al-Bayt
 

Hassan (ra)

On le surnommait aussi « Mujtaba (l’élu), Taqi (le pieux), Zaki (le pur) » et « Sibt (le petit-fils)». Il était doux, juste, généreux, calme, digne et se tenait loin de la politique et des fitnas (troubles).

Sa vie

Il est né la troisième année de l’hégire, durant le mois de Chaabane ou le 15 Ramadan, à Médine. Bien que son père ait pensé lui mettre le nom de Harb (guerre), le Prophète (saw) a récité lui-même l’appel à la prière à son oreille et lui a attribué la kunya d’abu Muhammad et le nom de Hassan, un nom inconnu durant la période préislamique. Puis le septième jour de sa naissance, il a effectué le sacrifice nommé aqiqa et a demandé à Fatima de donner une aumône en argent de la valeur du poids de ses cheveux.  Les sources indiquent qu’il ressemblait tellement au Prophète (saw), qu’Abu Bakr (ra) l’aimait en disant « Ô celui qui ressemble au Prophète (saw) et non à Ali » et qu’Ali (ra) avait souri en entendant cela.

Hassan (ra), de même que son frère Hussein (ra), n’a participé activement à aucun des événements ayant eu lieu durant les deux premiers califats. Il a par contre, durant le califat d’Othman bin affan (ra), participé avec son grand frère à l’expédition (30/651) effectuée sous le commandement de Said bin ‘Âs, de Koufa au Khorasan.  Plus tard, leur père les chargea de protéger le calife Othman des insurgés et leur confia la tâche de lui transporter de l’eau.

Durant le califat de son père, Hassan (ra) est parti en compagnie d’Ammar bin Yassir (ra) à Koufa, pour les convaincre de se positionner aux côtés de son père, car Talha bin Ubeydullah et Zubayr bin Awwam (r.anhum) avaient, eux, refusé de reconnaître son autorité. Il a participé à la bataille de Siffin et de Jamal auprès de son père. Après le martyr de son père, Ubeydullah bin Abbas bin abdulmuttalib a appelé les gens de Koufa à le reconnaître calife, puis selon certaines sources, le jour même, selon d’autres sources, deux jours après, ils lui ont prêté allégeance à Koufa. Lorsque l’on avait questionné Ali (ra) concernant l’allégeance à Hassan peu avant sa mort, il avait répondu : « Je ne vous l’ordonne pas et ne vous l’interdis pas non plus ». Cependant, les chiites, eux, pensent que Hassan (ra) a été désigné par son père comme son successeur.

Lorsque Muawiya bin Abi Soufyan (ra) a appris qu’Ali (ra) avait été fait martyr et que son fils lui avait succédé, il a entrepris de nombreux efforts pour attirer le clan d’Ali et la population de Koufa vers son rang : il a ainsi mis sur pied une armée composée des forces armées de Syrie, de Palestine et de la région de al-djazira (l’irak) avec à sa tête Abdullah bin Amir comme commandant.  Abdullah bin Amir est parti pour Madain et a pris position en face de l’armée de Hassan qui était alors sortie de la ville. Il les a informés que Muawiya avait encerclé al-Anbar et qu’ils ne désiraient pas de conflit, puis il a indiqué que la vie de tous ceux qui se rendraient serait épargnée. Sur ces paroles, la majorité a fait comprendre qu’ils ne désiraient plus combattre. Hassan a été ainsi contraint de retourner à Medain et d’informer Abdullah bin Amir de ses conditions en échange de remettre le califat à Muawiya.

Les conditions qu’il a adressées sont :

  1. Aucun Iraquien ne devra être arrêté en représailles aux événements.
  2. La sécurité de tout le monde devra être préservée sans aucune distinction ethnique.
  3. Toutes les fautes devront être pardonnées.
  4.  Les impôts annuels d’Ahvaz devront lui être remis.
  5. Deux millions de dirhams devront être remis à son frère Hussein.
  6. Le respect et les honneurs accordés à la famille des Banu abd al-Shams (Banu Umayya) devront aussi être accordés aux membres des Banu Hashim.

Abdullah bin Amir a apporté ces conditions à Muawiya, qui lui les a réécrites de ses propres mains et les a cachetées pour approbation avant de les renvoyer à Hassan (25 Rabî’ al-awwal 41/ 29  juillet 661).

Satisfait que ses conditions aient été acceptées, il en a informé Qays bin S’ad (ra) et lui a ordonné de remettre le pouvoir à Muawiya et de retourner à Medain. Bien que certaines personnalités comme Hussein et Hujr bin ‘Adi (ra) se soient opposées à ce pacte, en raison qu’elle aurait rabaissé les musulmans, Hassan (ra) est resté ferme sur ses positions et est parti, accompagné de ses hommes, de Medain à Koufa, pour confirmer en personne cet accord avec Muawiya venu alors en cette occasion à Koufa.

L’an 41 a été nommé dans l’histoire de l’Islam, l’année du rassemblement (‘Âm al-Jamâ’a), en raison de cette entente.

Ainsi, malgré la forte opposition de son frère Hussein (ra), Hassan (ra) a empêché, comme l’a indiqué le Prophète (saw) (Bukharin,Sulh,9), que se renverse le sang des musulmans et a permis aux populations de vivre, ne serait-ce que quelque temps, dans la paix et la sérénité. Hassan (ra), accompagné de sa famille, est retourné par la suite à Médine, où il a vécu loin de la politique. Malgré cela, une de ses femmes, Ja’de bint Ash’as bin Qays, avait été trompée par la promesse d’être mariée à Yazid. Elle a empoisonné alors Hassan (ra), causant sa mort le 28 Safar 49 (7 avril 669).

Avant de mourir, il avait demandé à son frère Hussein (ra) de l’enterrer auprès du Prophète (saw) et si cela ne serait pas possible, de l’enterrer à côté de sa mère Fatima (r.anha) à Jannatul-Baqi. Il a été alors, en raison du refus de Marwan Bin Hakem, enterré au côté de sa mère (r.anha), après que le gouverneur de Médine, Said bin ‘Âs, eut effectué la prière sur lui.

Les sources indiquent que le Prophète (saw) aimait beaucoup ses deux petits-fils, à propos desquels il avait dit : « Ceux sont les maîtres du Paradis » et avait prié pour eux ainsi : « Ô Allah ! Je les aime, aime-les aussi ! ». Il ne refusait aucune de leurs demandes, il jouait avec eux, il les promenait sur son dos, lorsque durant la prosternation, ils montaient sur son dos, il attendait jusqu’à ce qu’ils descendent et encore d’autres nombreux hadiths indiquant l’amour qui leur portait ont été rapportés.

Sa personnalité

Il est rapporté qu’il se serait marié avec environ 100 femmes et c’est pour cette raison qu’on le nommait « mitlaq » (celui qui a répudié de nombreuses fois). L’auteur chiite, Ibn Sharashub, affirme même qu’il aurait eu 250 ou 300 jariya. Cependant, le spécialiste, Baqir Charif al-Qurachi, qui a effectué une recherche spécifique sur Hassan, lui, s’oppose à ces transmissions et affirme qu’il aurait vécu seulement 13 mariages. On le surnommait aussi « Mujtaba (l’élu), Taqi (le pieux), Zaki (le pur) » et « Sibt (le petit-fils)». Il était doux, juste, généreux, calme, digne et se tenait loin de la politique et des fitnas (troubles). Il existe différents avis concernant la durée de son califat : certains défendent qu’il a duré quatre mois et trois jours, d’autres, six mois et trois jours. Étant donné que l’accord avec Muawiya a eu lieu le 25 rabî’ al awwal  41 (29 juillet 661), le deuxième avis semble plus pertinent. Hassan (ra) a transmis directement du prophète (saw) ou par le biais de son père et sa mère treize Hadiths au total. Suwayd ibn Ghafalah, Abou al-Hawra al-S’adi, al-Ch’abi, Hubayra in Yarim, Asbagh bin Nubata et Musayyab bin Najabah ont quant à eux, transmis des hadiths de Hassan (ra).

Le nombre d’enfants qu’il a eus est aussi sujet à diverses opinions : on rapporte qu’il a eu douze, quinze, seize, dix-neuf, vingt ou vingt-deux enfants. Les sources en indiquent le nom de certains : Zayd, Hassan, Qasim, Abu Bakr, Abdullah, Amr, Abdurrahman, Hussein, Muhammad, Yaqub, Ismail et Talha. Les historiens sont d’accord sur le fait que sa descendance s'est perpétuée par Hassan al-Muthanna et Zayd. Les personnes issues de cette filiation portent le titre de Sharif. Ils ont fondé de nombreuses dynasties telles que les Idrîsides, les Rassides, les Sa’dides et d’autres encore en vie de nos jours, telles que les Filalî au Maroc et les Hashimites en Jordanie.

Les sources indiquent que le Prophète (saw) aimait beaucoup ses deux petits-fils, à propos desquels il avait dit : « Ceux sont les maîtres du Paradis » et avait prié pour eux ainsi : « Ô Allah ! Je les aime, aime-les aussi ! ». Il ne refusait aucune de leurs demandes, il jouait avec eux, il les promenait sur son dos, lorsque durant la prosternation, ils montaient sur son dos, il attendait jusqu’à ce qu’ils descendent et encore d’autres nombreux hadiths indiquant l’amour qui leur portait ont été rapportés. Un jour, alors que le Prophète (saw) était sur le minbar (chaire d’où se fait le sermon), Hassan et Hussein sont rentrés dans le masjid tout en jouant, l’Envoyé de Dieu (saw) a alors cessé le sermon, est descendu du minbar et les a pris dans les bras, puis a dit : « Allah a tellement dit juste lorsqu’il a dit : « vos biens et vos enfants ne sont que tentation (moyen d’épreuve) » (al taghabun/15). Quand je les ai vus, je n’ai pas pu me retenir ». Puis il a continué son sermon (Ibn Maja, Libas, 20 ; Tirmidhi, Manaqib, 30 ; Naâ’i, Jumua, 30).

En parallèle au fait qu’il fasse partie d’Ahl Al-Bayt (les gens de la maison) et Al-i Aba (gens de la cape, ahl al-kisa en arabe), Hassan est, avec son frère Hussein, la seule personne qui a permis la continuité de la descendance de notre Prophète (saw) jusqu’à nos jours. L’amour et l’affection que portent les musulmans à Hassan (ra) et Hussein (ra) se sont perpétués après la mort du Prophète (saw). Par exemple, lorsque le calife Omar (ra) a organisé les divans et a précisé les aides que pourra percevoir chaque groupe de personnes, il leur a accordé la même somme que celle accordée aux combattants de Badr. En tant que -fils du Prophète (saw) ils ont toujours été chéris et aimés des musulmans. Ainsi, Hussein et son frère Hassan ont gagné le cœur de toute la communauté et donc aussi des Turcs. C’est pour cela que leurs noms fait partie des noms les plus couramment donnés aux enfants musulmans.

Certains savants sunnites considèrent Hassan (ra), dont le califat a débuté avec la mort de son père en martyr et s’est achevé par l’accord signé avec Muawiya,  comme étant le 5ème et dernier des « califes bien guidés » (Chawqani, p. 606). Tandis que dans la culture chiite, il est considéré le deuxième imam désigné par Ali et le quatrième des « 14 infaillibles » (masum-i pak). De nombreux miracles (karama) lui sont attribués. Cependant, certains chiites se sont opposés à Hassan (ra) et l’ont critiqué en raison de son accord signé avec Muawiya (ra).  De nos jours, dans les pays où le nombre de chiites est assez important, comme l’Iran ou l’Irak, même si elles ne sont pas de l’envergure des dix premiers jours de Muahrram symbolisant de deuil et la peine ressentie en raison du martyr de Hussein, des cérémonies religieuses sont effectuées le 28 Safar à la mémoire de la mort de Hassan (ra), mais aussi du Prophète (saw).

De nombreuses œuvres littéraires lui ont été consacrées du fait qu’il a été le petit-fils du Prophète (saw), l’enfant d’Ali et de Fatima (r.anhum) et qu’il a été une personnalité capable de renoncer au califat pour éviter que le sang ne coule entre les musulmans. Ces œuvres ne sont pas uniquement sur le plan historique et biographique. Boukhari et Muslim contiennent dans différents chapitres des hadiths relatant les paroles du Prophète (saw) concernant ces deux petits-fils (Boukhari, fadail ashab al-Nabi, 18, 22 ; Muslim, fadail al-Sahaba, 32, 56, 58-61, 67). Ces deux œuvres comportent un chapitre dédié aux vertus de Hassan et de Hussein (r.anhum), dans lesquels sont rapportés les éloges du Prophète (saw) à propos de Hassan seul ou Hussein seul ou des deux ensemble. Dans le sunan de Tirmidhi, nous retrouvons deux chapitres, un nommé manaqib al Hassan wa’l-Hussein (les vertus de Hassan et Hussein) et l’autre Manaqib Ahli al-Bayt (les vertus d’Ahli al-Bayt), qui rassemblent plus de vingt paroles prophétiques.

 

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