Les Compagnons
Ahl Al-Bayt
 

Fatima Zahra (r.anha)

Le Prophète Muhammad (saw) était très heureux de voir la belle personnalité de sa fille, il se levait pour l'accueillir, lui tenait la main et l’embrassait sur les joues. II la complimentait en la faisant s’asseoir à ses côtés ou en lui offrant sa propre place. Lorsque Fatima (r.anha) recevait son papa chez elle, elle l’accueillait de la même manière. Et quand il partait en expédition, il saluait parmi les membres de sa famille Fatima (r.anha) en dernière et à son retour, il allait tout d’abord à sa rencontre.

Fatima, qui a été éduquée par le Prophète (saw), possédait de nombreuses caractéristiques de l’Envoyé de Dieu (saw), elle lui ressemblait de sa manière de marcher à sa manière de parler, dans sa pudeur et dans sa décence. Elle avait adopté le mode de vie de son père et menait une vie modeste. Un jour, Fatima (r.anha), épuisé de moudre les grains de farine à la main, et Ali (ra), fatigué de tirer et transporter l’eau du puits, ont tous deux décidé de demander de l’aide au Messager d’Allah (saw). Lorsque Fatima a appris qu’un prisonnier de guerre arrivait à Médine, elle est partie chez son père et lui a demandé une personne qui puisse l’aider dans les tâches domestiques. Le Prophète (saw) lui a alors dit qu’il avait l’intention de vendre cet esclave contre de l’argent pour en faire bénéficier les pauvres vivant dans la mosquée et qu’il était meilleur pour elle, plutôt que de recevoir un esclave, de réciter avant de se coucher Subhanallah 33 fois, Hamdulillah 33 fois et Allahu Akbar 33 fois.

Le Prophète (saw) était très heureux de voir la belle personnalité de sa fille, il se levait pour l'accueillir, lui tenait la main et l’embrassait sur les joues. Il la complimentait en la faisant s’asseoir à ses côtés ou en lui offrant sa propre place. Lorsque Fatima (r.anha) recevait son papa chez elle, elle l’accueillait de la même manière. Et quand il partait en expédition, il saluait parmi les membres de sa famille Fatima (r.anha) en dernière et à son retour, il allait tout d’abord à sa rencontre. L’Envoyé de Dieu (saw) avait affirmé que parmi les femmes, il chérissait le plus Fatima (r.anha) et parmi les hommes, Ali (ra). Il avait dit la concernant : « Fatima est une partie de moi, quiconque la rend heureuse, me rend heureux également et quiconque la contrarie, me contrarie également » et avait aussi dit : « L’ange Gabriel est venu m’annoncer la bonne nouvelle que Fatima est la reine des femmes du paradis ». Dans un autre hadith dans lequel il avait mentionné les meilleures femmes du paradis, il avait cité : Khadija, Fatima, Âsiya, puis Maryam. 

La réaction que le Prophète Muhammad (saw) a eue lorsque, après la conquête de La Mecque, Ali (ra) a voulu se marier avec Jouwayriyya, la fille d’Abu Jahl, ou selon une autre version, qu’Abu Jahl a demandé l’autorisation au Prophète de marier une des filles de ses proches parents à Ali (ra), est une grande illustration de l’amour que portait le Prophète (saw) à l’égard de sa fille.  C’est durant cet événement qu’il a exprimé que Fatima (r.anha) est une partie de lui, qu’il ne pouvait pas accepter qu’elle soit attristée et que la fille du Prophète ne pouvait pas se trouver avec la fille de l’ennemie d’Allah. Puis il a affirmé que bien qu’il ne peut pas rendre illicite ce qu’Allah a rendu licite, il n’autoriserait pas ce mariage, mais que si Ali divorce en préalable sa fille, il pourrait se marier avec une autre. Cette sensibilité que le Prophète (saw) a exprimée est due au fait qu’il ait pensé que Fatima (r.anha) ne pourrait pas supporter une telle situation.  Le Prophète (saw) a commencé ses propos en rappelant que son autre gendre Abu al-‘Âs (ra) s’était marié avec Zaynab (r.anha) à condition de ne pas se marier avec une autre et qu’il a tenu sa parole, mais qu’Ali (ra) a sûrement dû oublier cette condition. Ali (ra), du vivant de Fatima (r.anha), ne s’est jamais marié avec une autre et n’a jamais eu de jariya. Les visites régulières du Prophète (saw), sa présence à leurs côtés et l’amour qu’il leur portait les a rapprochés. Au point qu’il leur arrivait de rivaliser entre eux, en affirmant que le Messager de Dieu (saw) aimait plus l’un que l’autre. Ils affirmaient ainsi avec confiance l’amour que leur accordait le Prophète (saw). Fatima (r.anha) allait, dès que possible, rendre visite à son père et le servait avec grand plaisir. Le Prophète avait un jour rassemblé sous sa cape Fatima, Ali et leurs enfants Hassan et Hussein (r.anhum), puis il avait invoqué Dieu ainsi : « Ô Allah ! Ce sont les gens de ma maison (mes proches), protège-les du mal et purifie-les totalement ! » Un autre élément très important est que la descendance du Prophète (saw) s’est perpétuée uniquement par les enfants de Fatima (r.anha).

Fatima (r.anha) a rapporté 18 hadiths du Prophète (saw), ils se trouvent tous dans kutub al-sitta (6 recueils de hadiths). Deux d’entre eux sont dans le sahih d’Al-Boukhari, ainsi que dans le sahih de Muslim. De nombreuses personnes ont transmis des hadiths de Fatima, telles que Ali, Hassan, Hussein, Aïcha, Oumm al-Salama, Salma, Anas bin Malik et d’autres (r.anhum). La fille de Hussein, Fatima a, quant à elle, transmis des hadiths mursal de Fatima (ra).

Lorsque le Prophète Muhammad (saw) était malade et qu’il avait informé Fatima (r.anha) que l’ange Jibril était venu à deux reprises cette année-là, en vue de vérifier le Coran, alors qu’il ne venait qu’une fois par an jusqu’à présent et que cela signifiait qu’il allait sûrement quitter ce monde, elle avait pleuré. Mais quand le Prophète (saw) l’a informé qu’elle serait la première à la rejoindre et la reine des croyantes, elle en avait été heureuse et sourit.

Elle est née à La Mecque un an environ avant le début de la révélation et selon ibn S’ad et d’autres historiens, elle serait née l’année où les Qurayshites ont décidé de reconstruire la Kaaba (605). Étant donné qu’elle est plus grande d’Aïcha (r.anha) de 5 ans, la première opinion semble la plus plausible. Elle est considérée comme étant la plus grande fille du Prophète (saw). Selon al-Dhahabi sa kunya (titre) avait été « Oumm abiha » qui signifie la mère de son père. C’est sûrement en raison du grand amour que lui portait son père, telle une mère, qu’on lui a attribué ce titre. Elle portait le surnom de Zahra, c'est-à-dire « la femme au visage propre, brillant et éclairé », mais il apparaît qu’on l’a surnommé aussi Batul qui signifie « la femme honorable, chaste et pudique ».

Lorsque le Prophète (saw) était malade et qu’il avait informé Fatima (r.anha) que l’ange Jibril (as) (Gabriel) était venu à deux reprises cette année-là, en vue de vérifier le Coran, alors qu’il ne venait qu’une fois par an jusqu’à présent et que cela signifiait qu’il allait quitter sûrement ce monde, elle avait pleuré. Mais quand le Prophète (saw) l’a informé qu’elle serait la première à la rejoindre et la reine des croyantes, elle en avait été heureuse et avait souri.

Les sources contiennent très peu d’informations concernant son enfance et sa jeunesse. Une d’entre elles indique que, lorsque le Prophète (saw) était en prosternation à la Kaaba et que les polythéistes lui avaient renversé les entrailles de chameau sur les épaules, Fatima avait accouru à l’aide de son père, elle avait ôté les souillures qui l’empêchaient de se relever, puis s’était mise en colère et avait protesté.  Nous savons aussi que peu après l’hégire du Prophète (saw), Fatima (r.anha) a effectué l’hégire en compagnie de Ali (ra), sa mère Fatima bint Asad, Sawda, sa sœur Oumm Koulthoum, ainsi que la famille d’Abu Bakr (r.anhum).

Après ses quinze ans, Abu Bakr puis Omar (r.anhum) ont demandé la main de Fatima (r.anha), mais le Messager (saw) refusa. Puis c’est Ali qui demanda cette fois-ci Fatima en mariage et le Prophète (saw)  accepta. Ali (ra) était alors un jeune homme encore pauvre. Étant donné qu’il ne possédait pas grand-chose, il donna comme dotte (mahr), ce qu’il avait reçu en butin de guerre durant la Bataille d’Uhud, c'est-à-dire une armure. Selon d’autres sources, il aurait vendu un chameau et une partie de ses biens pour donner un douaire de 450 dirhems d’argent. Le trousseau de Fatima (r.anha) était quant à lui constitué uniquement d’une couverture de velours, un coussin en cuir rempli de nervures de dattiers, deux moulins manuels et deux gourdes d’eau en cuir. Leur mariage a eu lieu 4 mois après celui du Prophète (saw) et Aïcha (r.anha), durant le mois de Dhou Al-Qida (mai 624) ou Dhou al-Hijja (juin 624) de la deuxième année de l’Hégire. Elle a donné naissance à Hassan au mois de ramadan en l’an 3 (février 625) et à Hussein l’année suivante durant le mois de Chaabane (janvier 626). Elle a donné ensuite naissance à Muhassin (Muhssin) mort très tôt, ainsi qu’à Oumm Koulthoum et Zaynab. Ali et Fatima (r.anhum) ont connu au début de leur relation quelques soucis. Le Prophète (saw) conseillait toujours à sa fille d’obéir à son mari et faisait son possible pour les réconcilier, ce qui avait mis fin aux malentendus qu’ils avaient pu vivre. Ali (ra) a en ensuite affirmé qu’il ne contrariera plus jamais sa femme.

Fatima (r.anha) avait participé avec dix autres femmes à la Bataille d’Uhud en transportant la nourriture et l’eau aux combattants, Fatima soignait aussi les blessés durant le combat. Lorsque le Prophète avait perdu une dent durant cette bataille, Fatima avait tenté de nettoyer le sang qui s’était répandu sur son visage. Voyant que le sang ne cessait de couler, elle avait réussi à l’arrêter en y appliquant la cendre d’un paillasson qu’elle avait brûlé.

Elle avait été fortement ébranlée par la mort de son père, à qui elle tenait énormément. Elle avait, après l’enterrement du Prophète (saw), croisé  Anas bin Malik (ra) et lui avait dit en pleurant : « Comment avez-vous pu, comment avez-vous enseveli si vite l’Envoyé de Dieu ? ». Elle n’a cessé de pleurer ainsi durant de nombreux jours.

Après la mort du Prophète (saw), Fatima et Abbas (r.anhuma) sont allés chez le calife Abu Bakr pour demander leurs parts de l’héritage de l’Envoyé de Dieu (saw). Cet héritage se limitait à un jardin de dattiers à Fadak et à Khaybar, ainsi qu’un jardin à Médine. Le prophète dépensait les profits de ses propriétés aux besoins publics, aux besoins des voyageurs et de sa famille. Le calife leur a rappelé alors le hadith informant que les prophètes ne laissent pas d’héritage. Cependant, il a indiqué que les profits de ses jardins continueront à servir, comme dans le passé, sa famille et qu’il en sera uniquement le gérant. Aïcha et d’autres compagnons ont confirmé ce hadith et tout le monde a donc renoncé à cet héritage. Cependant, Fatima (r.anha) a été irritée de l’attitude du calife et ne lui a plus jamais parlé de cela. D’autres sources rapportent qu’Abu Bakr (ra) est allé voir Fatima (r.anha) peu avant sa mort et qu’elle l’avait pardonné.

Fatima (r.anha) est décédée cinq mois et demi après la mort du Prophète (saw), le 3 ramadan 11 (22 novembre 632). D’après ce qu’affirme Muhammad Baqir, c’est Ali (ra) qui a effectué le lavage mortuaire de Fatima (r.anha). Il a aussi été rapporté que suite à la demande de Fatima de n’être vue par personne, le lavage mortuaire a été effectué par Ali et la femme d’Abu Bakr, Asma bint Umays (r.anhum). Fatima (r.anha) avait dit à Asma qu’elle était dérangée que l’on puisse la voir dans un simple linceul comme on en fait aux hommes.  Asma l’avait alors informée qu’en Abyssinie les défunts étaient transportés dans un cercueil et Fatima (r.anha) avait alors affirmé sa volonté d’être transportée de la sorte. En effet, elle a été transportée dans un cercueil qui avait été confectionné selon les descriptions d’Asma (r.anha).  La prière funèbre (janaza) a été dirigée par Abbas ou Ali (r.anhum). Ali, Abbas et son fils Fadl (r.anhum) l’ont enterrée la nuit, selon ses dernières volontés, à Jannat al Baqi.

Fatima (r.anha) y a été décrite comme une femme musulmane exemplaire, au comportement remarquable et dotée d’une grande patience. Une femme attachée à son mari, à ses enfants, à sa maison et toujours à leur service. Les poèmes et autres textes littéraires ayant pour sujet la biographie prophétique présentent Fatima (r.anha) comme la plus aimée et la plus proche du Prophète (saw) et ce, en raison de la valeur qu’a donnée l’Islam à la fille dans une société où ne lui était accordée aucune importance.


Pour la version complète, voir : Yaşar Kandemir, Mustafa Uzun, DİA, “Fatıma”, tome 12, Türkiye Diyanet Vakfı, İstanbul 1995.

 

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