Le Prophète Muhammad (saw)
Qui est le Prophète Muhammad (saw) ?
 

L'être et le paraître (chamâil) du Prophète Muhammad (saw)

Chamâil est le pluriel de chimâl. Les  nombreux mots arabes tirés de cette racine possèdent différents sens, voire des sens opposés les uns aux autres. Parmi ces nuances, nous pouvons citer : le caractère, la nature, le tempérament, les habitudes, les attitudes et la conduite de la personne. Toutes ces nuances de chimâl sont généralement utilisées sous la forme plurielle : chamâil.

Les savants musulmans ont restreint ce mot qui possède un sens très large à un terme qui  représente l’histoire de la vie d’une personne, c'est-à-dire sa biographie. Par la suite, l’utilisation de ce mot s’est encore davantage restreinte pour finalement signifier : « les aspects humains du Prophète, sa manière d’être et sa vie privée ».

La science du chamâil est apparue comme une discipline à part entière uniquement vers la fin de la deuxième moitié du 3ème siècle de l’hégire (IXe siècle) . Il est reconnu que le premier à avoir utilisé le terme chamâil et à avoir systématisé le contenu de cette science est le savant musulman Al-Tirmidhi. En effet, aucun historien ou muhaddith de son époque ou d’une période antérieure n’a utilisé ce terme avant lui. 

L’œuvre kital al-Chamâil d’al-Tirmidhi se compose de 55 chapitres et d’une conclusion. Ce livre vient en tête des œuvres classiques sur lesquelles de nombreuses études, commentaires et traductions ont été effectués. Les savants postérieurs ont poursuivi et élargi les apports d’al-Tirmidhi dans cette discipline.


Les cheveux du Prophète (saw)

Il existait dans la péninsule Arabique, à l’époque du Messager (saw), deux coupes de cheveux. Celle des Gens du Livre, qui consistait à laisser une frange tomber naturellement vers l’avant. Alors que les polythéistes préféraient séparer leur toupet par une raie au milieu.

Les textes indiquent que le Messager (saw) ne se rasait pas la tête, mais laissaient pousser cheveux. Il a tout au long de sa vie opté pour trois longueurs de cheveux différentes. Ses cheveux atteignaient au minimum le lobe de ses oreilles et s’allongeaient au maximum jusqu’à ses épaules.  Chaque longueur de cheveux a été identifiée par un nom précis. Ainsi, du plus court au plus long, les termes présents dans les sources sont : « wafra » lorsque les cheveux atteignent le lobe de l’oreille, « limma » lorsqu’ils le dépassent de peu et « jumma » lorsqu’ils arrivent jusqu’aux épaules. Il est normal que différentes versions aient été rapportées concernant ces appellations. En effet, chaque compagnon décrivant ce qu’il a constaté au moment où il a pu apercevoir le Prophète (saw), il est normal d’observer certaines nuances qui ne doivent pas être considérées comme des contradictions.

Quant à la coiffure du Prophète (saw) : d’après les informations rapportées par Ibn Abbas (ra), Il existait dans la péninsule Arabique, à l’époque du Messager (saw), deux coupes de cheveux. Celle des Gens du Livre, qui consistait à laisser une frange tomber naturellement vers l’avant. Alors que les polythéistes préféraient séparer leur toupet par une raie au milieu.

Le Prophète Muhammad (saw) n’a pas cherché à créer une nouvelle sorte de coiffure. Il a dans un premier temps adopté le modèle de coiffure des Gens du Livre qui consistait donc, comme indiqué, à coiffer une frange vers l’avant. Puis lorsque le polythéisme a complètement disparu de la péninsule, cette fois-ci, il a s’est coiffé d’une raie au milieu et a laissé tomber ses cheveux vers la droite et la gauche.


Sa tenue vestimentaire

Une analyse des biographies prophétiques nous permet d’établir trois principes que le Prophète (saw) a enseignés concernant les tenus vestimentaires :

  • Se garder du gaspillage
  • Éviter de faire d’un vêtement une cause de fierté, d’ostentation, d’orgueil et de supériorité
  • S’habiller selon les moyens et les conditions de la classe sociale dans laquelle on se trouve

Les informations présentes dans les sources indiquent qu’aucun des vêtements que le Prophète (saw) a portés, exception faite pour un accessoire, n’a été confectionné et est apparu spécifiquement à l’avènement de l’Islam. Bien au contraire, tous ses habits étaient des vêtements couramment portés depuis toujours et par tous.  Ces vêtements que l’on nommait qamis, izar, rida, jubba, kulla ou n’alayn étaient des accessoires portés par les monothéiste (hanif), les polythéistes et non musulmans durant la période antéislamique et les musulmans continuèrent à porter ces vêtements après l’avènement de l’Islam.

La seule innovation qu’a amenée le Prophète (saw) en matière de tenue vestimentaire apparaissait en tête de sa tenue. Cette nouveauté est le turban (‘imama). Il enroulait un turban autour de son bonnet appelé burnus ou Qalansuwa.

Sa tenue se composait d’un rida, d’un izar et d’un qamis. Les vêtements de cette époque se composaient généralement de deux pièces, la pièce du haut se nommait rida et celle du bas izar. Mais il préférait porter une sorte de longue tunique appelée qamis. Quand cela était nécessaire, il lui arrivait de se couvrir d’un manteau que l’on nommait jubba, ‘aba ou burda. Il chaussait des sortes de sandales appelées n’alayn ou des chaussette en cuir (Khuffayn).

La tenue vestimentaire du Prophète (saw) était ainsi constituée. Nous devons encore préciser que nous ne possédons pas d’information très fiable nous permettant d’affirmer qu’il ne portait pas de chaussettes.

Il n’insistait pas sur une couleur précise. Ainsi, il a porté à différentes occasions des vêtements blancs, noirs, jaunes, verts et rouges.  Cependant, il avait en raison des conditions climatiques de la région une préférence pour le blanc et conseillait aux musulmans de porter des habits de cette couleur. Hormis cela, il a surtout laissé à chacun la liberté de choisir sa couleur de vêtement selon ses propres goûts.

Il portait des vêtements en laine et en coton, mais il n’a jamais utilisé d’habits en soie, car la soie était un produit textile importé très onéreux et le Prophète (saw) jugeait bon que les hommes se retiennent d’user de produits luxueux de ce type.  Cependant, il avait permis à certains compagnons de porter des chemises en soie pour des raisons bien spécifiques les concernant.

Le Messager (saw) possédait une tenue spécifique pour les jours importants tels que les fêtes religieuses et le vendredi, ainsi que pour recevoir les délégations officielles.

Abu Sa’îd al-Khudri (ra) raconte :

« Toutes les fois que le Messager de Dieu (saw) habillait un nouveau vêtement (turban, tunique ou manteau) il le nommait par son nom et disait :

« Seigneur Dieu! La louange Te revient pour me l'avoir fait vêtir. Je Te demande son bien et le bien de ce pour quoi il a été fabriqué (c'est-à-dire les parties du corps qu’il couvre). Je me mets sous Ta protection contre son mal et le mal de ce pour quoi il a été fabriqué »


Sa démarche

Les sources indiquent que le Prophète (saw) ne trainait pas des pieds en marchant et les relevait avec énergie du sol. Lorsqu’il était en mouvement, il ne se balançait ni à droite ni à gauche et lorsque le chemin était en pente, il se penchait légèrement vers l’avant. Il ne marchait jamais avec arrogance le torse bombé et ne marchait non plus pas avec précipitation. Cependant, il était capable, par la grâce de Dieu, de parcourir de longs trajets rapidement.


Sa façon de s’asseoir

Nous apprenons à travers différents textes, dispersés dans les recueils de hadiths, les différentes positions que le Prophète (saw) prenait pour s’asseoir. Elles peuvent être énumérées de la sorte  :

1. Qurfasâ: cette une position accroupie dans laquelle on sert les deux jambes, plaquées contre sa poitrine, entres ses deux mains tout en restant accroupi et posé sur un objet quelconque. C’est une manière de s’asseoir, en quelque sorte, aidée d’un objet sur lequel on s’assoit. Il est rapporté que le Prophète (saw) s’était assis de la sorte de temps à autre.

2. Ihtibâ : Cette position est semblable à la première, hormis le fait que les genoux ne sont pas enveloppés par les mains, mais par une ceinture ou par un morceau tissu.

3. Assis en tailleur : Abu Daoud rapporte que le Prophète (saw), après avoir prié la prière du matin, restait assis en tailleur à sa place jusqu'à ce que le soleil soit complètement levé.

4. Les jambes pliées : le Prophète (saw) a usé de cette façon de s’asseoir nommée « ihtifâz » ou « ik’â » majoritairement lorsqu’il mangeait.

5. S’allonger sur le dos et poser une jambe sur l’autre : certaines infirmations indiquent que le Messager (saw) s’était reposé dans la mosquée sacrée en s’allongeant sur le dos avec une jambe posée sur l’autre.

6. S’asseoir en relâchant ses jambes : il est rapporté que le Messager (saw) s’était assis sur le rebord d’un puits en relâchant ses jambes dans le vide.

7. S’agenouiller : les sources ne possèdent pas de chapitres spécifiques relatant des textes rapportant que le Prophète (saw) se serait assis de la sorte. Mais il est possible d’observer dans les livres de Sabab Al Wurud (les causes du hadith) et Tabaqat (biographie de personnalité islamique) que le Prophète (saw) s’asseyait aussi sur ses genoux.

La façon habituelle de s’asseoir du Prophète Muhammad (saw) était de se  poser sur les genoux. Étant donné qu’il était très courant et connu que le Prophète (saw) s’asseyait ainsi. Les compagnons n’ont pas ressenti le besoin de le préciser. Cela n’aurait été que répétition et donc d’aucune utilité que de préciser qu’il était agenouillé. Cependant, il était intéressant de transmettre les autres positions du Prophète (saw) qui étaient plus rares et que l’on a présentées dans les points précédents.  Le Prophète (saw) s’est donc assis dans toutes les positions indiquées. Il a ainsi permis aux membres de sa communauté, qui désire lui ressembler dans les aspects de la vie, de s’asseoir de la façon qu’ils désirent et n’a pas restreint ce sujet à une position précise.


Les objets sur lesquels le Prophète (saw) se reposait

Le Messager (saw) a dit : « Il y a trois choses qui ne se refusent pas : le coussin, le parfum et le lait ! »

L’Envoyé de Dieu (saw) prenait un « coussin » sous son bras lorsqu’il devait s’asseoir une longue durée durant des discussions ou autre situation.

Nous sommes aussi en possession de textes relatant que le Prophète (saw) se reposait sur un objet un peu surélevé et confectionné à partir de feuilles de dattier, que l’on nomme « sarîr ».

Aucune source n’indique que le Prophète (saw) aurait possédé une chaise avec des pieds, en bois ou en acier, sur lequel il se serait assis.

Le Prophète (saw), du moment que cela n’était pas un signe ostentatoire de richesse, n’a refusé de s’asseoir sur aucun des objets qui était utilisés pour se reposer dessus. En effet, alors qu’il avait accepté de s’asseoir sur des coussins faits à partir de tapis ou feutre, il refusa de s’asseoir sur certains coussins, préférant se poser sur une simple planche en bois ou à même la terre.


Sa manière de parler

Le Prophète (saw) parlait doucement, clairement, et s’exprimait selon le niveau de chacun. Au point que  ses auditeurs étaient capables de compter le nombre de mots qu’il employait. Il répétait de temps à autre, à trois reprises, les parties importantes de son discours.

Une des caractéristiques les plus surprenantes du Prophète (saw) étant sans aucun doute la beauté et la perfection de ses paroles. Le Messager avait dit : « J’ai été envoyé doté de la capacité de dire beaucoup de choses en peu de mots (Jawâm’i al-kalim : parler d’une manière synthétique) »  (Bukhari, VIII, 76,168 « bu’ithtou bi jawâm’i al-kalim », Al-Nihaya, I, 295). L’entourage dans lequel le prophète a grandi a été d’une grande influence dans sa manière très littéraire (fasih) de parler.

Le Prophète (saw) parlait doucement, clairement, et s’exprimait selon le niveau de chacun. Au point que  ses auditeurs étaient capables de compter le nombre de mots qu’il employait. Il répétait de temps à autre, à trois reprises, les parties importantes de son discours.

Il était à la fois un prédicateur, un mufti, un juge et à la fois un enseignant, un éducateur, un chef de famille. il était selon le contexte, un diplomate, un commandant et un conquérant et en plus de toutes ses fonctions, il était un homme d’action, il œuvrait au sein de la société et il possédait de nombreuses  relations. Il n’effectuait aucune discrimination entre le riche et le pauvre, le musulman et le non-musulman, l’ami et l’ennemi, le jeune et l’adulte, l’homme et la femme, il échangeait avec tout le monde sans distinction.

Lorsqu’il discutait avec les compagnons, il était toujours tel un tendre père, un modeste ami et un enseignant affectueux. Quand il voulait inculquer certaines règles de politesse et courtoisie, il le faisait avec gentillesse et délicatesse. Il présentait les choses sous forme de plaisanterie ou bien il transmettait son message en essayant de gagner le cœur des personnes, en faisant en sorte de leur faire plaisir, en leur donnant espoir et en les motivant. Il utilisait des métaphores, emportait leur esprit et les poussait à la réflexion.

Et lorsqu’il prononçait un sermon à tout un groupe, il possédait un style et un ton très différents. Les sources énoncent ce genre de discours par des termes tirés de la racine « khutba » (sermon). En dehors de « Khutba Al Wad’a » (le Sermon d’Adieu), nous ne retrouvons aucun sermon très long.

Quand il effectuait un discours à une communauté, ses yeux rougissaient, sa voix s’élevait et son enthousiasme se renforçait.  Il prononçait ses sermons muni d’un bâton appelé « mihsara » sur lequel il se reposait et avec lequel il effectuait des gestes pour indiquer certaines choses.

Le Prophète (saw) n’appréciait pas du tout les excès et exagération inutiles et était intransigeant concernant les actes qui s’opposent aux principes de l’Islam ou autres actions pouvant être mal interprétées par certains. Chaque fois qu’on l’informait d’une telle chose, il s’attristait, il s’énervait, il exprimait clairement sa position et afin d’empêcher toute récidive, il mettait en garde avec dureté les personnes ayant agi de la sorte.

Il y a un fait qui ne changeait jamais chez lui : il ne se trouvait aucunement dans sa personnalité les défauts qui sont blâmables, même chez une simple personne, tels que les propos exagérés, la grossièreté, la moquerie, l’insulte et autres aspects négatifs pouvant se trouver dans les paroles et discours de certains.


Sa manière de rire

Toutes les sources s’accordent à dire que le Prophète (saw) était une personne de nature très souriante. Le sourire ne disparaissait jamais de son visage béni. Même dans les moments les plus difficiles, il ne faisait pas apparaître sa tristesse et se préservait d’adopter une conduite qui pourrait attrister son entourage. Il était si souriant, particulièrement lorsqu’il rencontrait une personne qui lui était chère, son visage resplendissait telle la lune dans sa plénitude.

Hormis cet aspect naturel du Messager (saw), il lui arrivait aussi de rire. Les recueils de hadiths contiennent de nombreux textes indiquant les raisons et sa façon de rire. La mère des croyantes Aisha (r.anha) avait décrit son rire de cette manière : « Je n’ai jamais vu le messager éclater de rire au point de faire apparaître sa luette (appendice conique situé au fond de la cavité buccale). Il riait en souriant tout simplement »(Bukhari, Sahih, VII, 94-95 ; al-Adab al-Mufrad, p. 97, num : 251). Un grand nombre de compagnons ont, quant à eux, décrit ce rire du Prophète de la sorte : «… et il avait ri au point qu’apparaissent ses molaires ». Ainsi était le rire de l’Envoyé de Dieu (saw).


Ses plaisanteries

Anas bin Malik (ra) a dit : « Le Prophète était celui qui faisait le plus de plaisanterie aux enfants » (Tabrani, al-M’ujamu al-Saghir, II, 39 ; Ibn all-Athir, al-Nihaya, III, 466).  « Et il était aussi celui qui plaisantait le plus avec ses épouses » (ibn al-Athir, al-Nihaya, III, 466 ; Ghazali, Ihya, III, 129).

Le Prophète plaisait davantage avec les enfants, ses épouses, les pauvres et avec ceux qui étaient en attente d’affection. Lorsque le Prophète (saw) avait dit : « N’agace pas ton frère et ne fait pas d’acte de sournoiserie envers lui, ne plaisante pas avec lui et ne lui donne pas une promesse sans la tenir. » Les compagnons dirent : « Mais vous aussi vous faites des plaisanteries ! » Puis le Prophète (saw) répondit : « Certes, je plaisante aussi, mais je ne dis que la vérité » (Bukhari, al-Adab al-Mufrad, p. 102, num : 265 ; Tirmidhi, Sunan, IV, 357, num : 1990).

Anas bin Malik explique aussi que le Prophète (saw) l’appelait : « Celui aux deux oreilles ! » (al-Nihaya, I, 34).

Tirmidhi rapporte de son enseignant Mahmud bin Ghaylan, que son propre enseignant Abu Usama avait expliqué ce hadith en disant : « Le Prophète (saw) a fait une plaisanterie à Anas (ra) ».

 

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