Dossiers
Divers
 

Concepts du Mysticisme

Toute science et tout art disposent de notions et concepts qui leur sont propres et spécifiques. De même, les concepts qui existent dans toutes les sciences et les arts existèrent également, tout au long de l’histoire, dans la science mystique. Comme cela est le cas dans les autres sciences islamiques, les concepts utilisés dans le mysticisme sont généralement empruntés au Coran et à la Sounna. Il est précisé que les mystiques utilisent généralement les concepts pour deux raisons :

1. Permettre aux initiés de mieux comprendre les thèmes hermétiques

2. Empêcher les profanes d'accéder aux secrets mystiques (1)

Certains concepts mystiques qui sont mentionnés dans les ouvrages classiques du mysticisme et regroupés sous des thèmes tels que station, état, demeure et temps sont expliqués ci-dessous.

La conception du culte mentionnée dans un hadith sous le nom de « ihsan » et qui prône « l’adoration d’Allah comme si nous le voyions de nos yeux ou avec le sentiment qu’Allah nous voit »  a été considérée comme une référence au concept de mouraqaba. Le concept de mouraqaba, selon un point de vue, désigne le recueillement du cœur et de l’esprit. Il consiste en une focalisation de la pensée et du sentiment autour du rappel et de l’idée d’Allah.


LE CULTE (‘ibada)

Ce vocable issu de la racine  « Abd » embrasse dans le mysticisme tous les gestes et comportements orientés vers la quête de l’agrément d’Allah. Il repose sur le verset «Et je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent »(2) (Zariyat 51/56)


LA PIÉTÉ (taqvâ)

Le vocable a pour signification le fait de « se prémunir du danger ». Au sens mystique, la piété désigne la purification du cœur de tous les péchés. Selon les gens de la vérité, la piété consiste à se mettre à l’abri de la colère divine en obéissant à Allah. Dit autrement, la piété est le fait de « t’éloigner des choses qui t’éloignent d’Allah. » (3) De même, elle s’exprime chez les mystiques par la protection des limites et le respect des engagements. (4) Par conséquent, on dit de la piété qu’elle est une disposition qui réunit en elle toutes les vertus. Le principe de la piété consiste, en premier lieu à se préserver de l’associationnisme, ensuite des actions mauvaises et illicites et par la suite de celles qui peuvent potentiellement l’être et enfin dans l’abandon des choses futiles et accessoires. (5)


LE SCRUPULE (verâ)

Signifie ne pas toucher, rester distant. S’abstenir des choses douteuses afin de ne pas tomber dans l’illicite et l’interdit. Dit autrement, veiller à ce que tout ce qui entre dans le cœur par la bouche et en sort soit des choses aimées d’Allah et de son Messager (psl). Le Messager d’Allah (psl) a déclaré : « Le fait pour une personne de délaisser les choses qui ne le concernent pas est une preuve de sa bonne compréhension de l’Islam et de sa bonne pratique. » (Tirmidhî, Zuhd)

Le scrupule peut être considéré comme le début de l’ascèse. Car le scrupule consiste dans le fait de s’abstenir du douteux et l’ascèse du superflu. Le scrupule n’est pas mentionné dans les versets coraniques. En revanche, il est abondamment évoqué dans les hadiths. Dans ces derniers, ce concept est généralement utilisé dans le sens de l’interdiction des choses illicites et douteuses. Les soufis affirment que la mise en pratique consciencieuse du scrupule en s’appuyant sur des hadiths du Prophète (psl) tels que « Je ne connais pas de voie plus aisée et plus sûre que celle du scrupule » (Boukhari, Bouyou’, 3) « Délaisse ce sur quoi tu as des doutes pour ce sur quoi tu n'as pas de doutes » (Boukhari, Bouyou’, 3) confère à la personne une qualité intuitive et perceptive qui l’aidera à distinguer les choses illicites et douteuses.(6) Yahya b. Mou’adh déclare : « Il y a deux formes de scrupule : le scrupule apparent ; celui qui t’empêche d’agir pour tout ce qui ne vise pas l’agrément d’Allah. Le scrupule intime ; celui en vertu duquel rien hormis Allah n’entre dans ton cœur. » (7)


LA REPENTANCE (tawba)

La repentance désigne le retour vers le Véridique après avoir renoncé au péché. Elle est généralement considérée comme la première des stations mystiques. La repentance est admise dans le mysticisme comme le passage de ce que blâme la Loi divine à ce qu’elle exalte. (8) Le Prophète Muhammad (saw) a défini la repentance par le regret. Chez les mystiques, pour que la repentance soit valide, les trois principes suivants liés au passé, à l’état présent et au futur doivent être réunis :

1. Le regret pour les péchés commis (passé)

2. S’écarter des péchés (état présent)

3. Adopter la ferme résolution de ne plus retomber dans le péché (futur) (9)


Pour certains mystiques, la repentance a été analysée sur trois niveaux :

1. La repentance (tawba): renoncer au péché par crainte de la punition divine. C’est la première étape.

2. Le retour (inaba): se diriger vers Allah en plaçant sa confiance dans sa rétribution. Il s’agit de l’étape intermédiaire de la repentance.

3. Le retour exclusif (awba) : obtenir l’agrément du Véridique et se diriger exclusivement vers Lui. Il s’agit du degré le plus élevé. (10)


LE RAPPEL (dhikr)

Désigne le fait de ne pas oublier, de se souvenir, de garder en mémoire, de se remémorer, de commémorer. Dans le Coran, le rappel est en général tout aussi bien utilisé, conformément à son sens lexical, dans le sens de se rappeler d’Allah, de se souvenir de Lui en permanence et de ne jamais l’oublier qu’au sens de « prière » et de « Coran ». Les vertus du rappel sont évoquées dans les hadiths. Les maitres mystiques considèrent le rappel, à la lumière des versets et des hadiths, comme « le principe fondamental » des confréries. Le rappel est qualifié comme étant le culte par excellence pour rapprocher le serviteur de son Seigneur. (11) Toutefois, des divergences dans les avis et les pratiques apparurent quant à savoir si le rappel devait être effectué discrètement ou ouvertement. Au cours de l’histoire, les confréries, en accordant une grande importance au rappel individuel et collectif, développèrent, sur le plan de la forme que devait revêtir sa mise en application, diverses méthodes de pratique. Le rappel collectif emprunta des noms tels que sema, ayin, hadr ; pour l’individuel on parla plutôt du rappel de la langue, du cœur, du caché, de l’invisible, du secret.  (12)

LA VIGILANCE INTÉRIEURE (mouraqaba)

Ce concept qui, au sens lexical, renvoie à l’idée de surveiller, de contrôler est mentionné dans le Coran sous différentes formes. En tant que concept mystique, la mouraqaba désigne la conscience du serviteur qu’Allah est parfaitement informé de ses états d’âmes et de son monde intérieur et qu’en vertu de cela il cherche à purifier son cœur de toutes les mauvaises pensées susceptibles d’empêcher le rappel d’Allah. Cela suppose une conscience permanente du but qui consiste à se tourner vers le Véridique autant en son for intérieur que par ses actes extérieurs. (13) La conception du culte mentionnée dans un hadith sous le nom de « ihsan » et qui prône « l’adoration d’Allah comme si nous le voyions de nos yeux ou avec le sentiment qu’Allah nous voit »  a été considérée comme une référence au concept de mouraqaba. Le concept de mouraqaba, selon un point de vue, désigne le recueillement du cœur et de l’esprit. Il consiste en une focalisation de la pensée et du sentiment autour du rappel et de l’idée d’Allah. (14) Car la mouraqaba est chez le serviteur la conscience que le Véridique –exalté soit-Il – le surveille en toutes circonstances. (15)


LA QUIETUDE DE L’ÂME (itminan)

Le sens lexical du vocable itminan renvoie à un état d’apaisement après la difficulté, un retour à l’ordre après l’agitation et le désordre. Ce concept qui est mentionné treize fois dans le Coran signifie l’accès à un état de quiétude et d’apaisement que confère le fait pour le cœur et l’esprit de se lier à une chose après y avoir placé leur confiance. Sur le plan mystique, l’itminan consiste à se tourner vers Allah sans qu’il n’y ait dans le cœur le moindre doute. L’itminan est l’état des personnes dont le cœur domine la raison, qui sont animées d’une foi solide, possédant une profonde érudition, un esprit lucide et un caractère noble.


LA VÉRACITÉ (sidq)

Le vocable sidq renvoie au caractère véridique et réel d’une chose mais aussi à la pureté du cœur. Les théologiens scolastiques (kalam) le considèrent comme un des attributs des prophètes. Le sidq signifie la cohérence entre les paroles, les actes et les comportements, ainsi que la conformité entre l’intérieur et l’extérieur. Selon l’expression de Ghazali, le sidq doit se refléter aussi bien dans la langue, que dans l’intention et la volonté ainsi que dans la détermination et l’action. Parmi celles-ci, le sidq qui se traduit dans l’intention et la volonté s’appelle la sincérité (ikhlas). (17)


LA SINCÉRITÉ (ikhlas)

Signifie le fait d’accomplir une action en préservant sa pureté, choisir, être lié par le cœur. Il s’agit de vouer son culte et ses comportements exclusivement à Allah et les purifier des autres pensées. C’est l’essence même du monothéisme (tawhid).

La sincérité qui s’oppose à l’hypocrisie consiste à préserver le cœur de toutes les pensées susceptibles d’altérer sa pureté. La difficulté de la sincérité que Sahl b. Abdullah Tusteri avait définie comme « l’action la plus pénible à accomplir pour les hommes » réside dans le fait qu’elle n’inclut dans sa nature aucune part d’âme charnelle (nafs). À propos de la sincérité, Jounayd al Baghdadi a écrit : « La sincérité est le secret entre le serviteur et Allah. L’ange n’y ayant pas accès, il ne peut la consigner comme une bonne action, Satan ne la décelant pas, il ne peut la corrompre, les passions et les désirs ne la remarquant pas, ils ne peuvent la faire pencher vers eux. » (18)


LA PATIENCE (sabr)

La patience signifie le fait de ne pas se lamenter dans l’adversité et l’infortune. Dans le mysticisme, la patience est à la fois une station et un concept moral. Elle se situe sur deux points :

a. Les actions volontaires du serviteur

b. Dans l’adversité et le malheur indépendamment de la volonté du serviteur

La patience est un attribut spécifique à l’être humain. Elle est également requise dans des choses agréables et plaisantes. Patienter aux bienfaits signifie qu’il ne faut pas en dépendre en y plaçant sa confiance. (19). La patience comprend toutes les stations, états, morales et actions. Par conséquent, rien n’échappe à la patience ; car sur le plan de son statut, elle est la plus générale des stations et, sur le plan de l’effet qu’elle exerce, le plus englobant des caractères. Rien ne peut atteindre la complétude sans la patience. (20)

L’état de celui qui s’abandonne à Allah (tawakkul) est décrit de la manière suivante : il est celui qui, n’ayant aucune attente des autres et n’espérant rien d’eux, a atteint la quiétude du cœur ; il a cessé de se préoccuper de ce que les autres possèdent ; en délaissant la convoitise, il a consacré son cœur à Allah – Exalté soit-Il-, Ordonnateur de toute chose et Maitre des cœurs, les modelant d’une forme à l’autre et il est une personne capable de reconnaitre et affirmer que derrière toute chose il y a la présence du Véridique.


L’ABANDON À ALLAH (tawakkul)

Dans le lexique, désigne le fait de s’en remettre à quelqu’un, de le mandater dans une tâche, en plaçant en lui toute sa confiance. Cela consiste pour le serviteur animé d’une foi selon laquelle il n’y a d’autre force agissante en dehors d’Allah à s’en remettre entièrement à Lui en toute confiance. Depuis les premiers ascètes-soufis, le tawakkul a été dans les milieux mystiques, interprété de différentes manières. Selon les soufis, le tawakkul en tant qu’acte du cœur et sentiment de confiance se réalise à trois niveaux :

a. Le fait pour le serviteur de placer sa confiance en Allah comme il le ferait pour son mandataire

b. Le fait pour le serviteur de s’en remettre uniquement à Allah comme le ferait un enfant qui ne connait personne d’autre que sa mère

c. Le fait pour le serviteur de s’abandonner à Allah tel un mort qui se livre au laveur mortuaire ou la feuille face au vent

Il y a aussi ceux qui séparent le tawakkul en trois parties : le tawakkul, le taslim et le tafwid. Le tawakkul consiste à placer sa confiance dans la promesse divine, le taslim, à se contenter de Sa connaissance et le tafwid, à accepter le jugement du Véridique. (21)

L’état de celui qui s’abandonne à Allah (tawakkul) est décrit de la manière suivante : il est celui qui, n’ayant aucune attente des autres et n’espérant rien d’eux, a atteint la quiétude du cœur ; il a cessé de se préoccuper de ce que les autres possèdent ; en délaissant la convoitise, il a consacré son cœur à Allah – exalté soit-Il-, Ordonnateur de toute chose et Maitre des cœurs, les modelant d’une forme à l’autre et il est une personne capable de reconnaitre et affirmer que derrière toute chose il y a la présence du Véridique. (22)


LA GRATITUDE (choukr)

La gratitude consiste à se rappeler du Bienfaiteur en confirmant et reconnaissant le bienfait et, par conséquent, Lui adresser les louanges et les utiliser conformément à Sa volonté. Dit autrement, c’est exprimer sa reconnaissance du bienfait en se soumettant à lui. (24) Ghazali illustre le choukr par l’exemple d’un monarque qui offrirait un cheval à un simple roturier : il est probable qu’un tel chanceux soit heureux pour trois raisons :

a. Car il possède un cheval,

b. Car le monarque a pensé à lui,  

c. Car il pourra servir le monarque avec ce cheval.

Ainsi, la gratitude consisterait également à user du bienfait d’Allah dans la voie qu’Il a tracée et comme moyen de se rapprocher de Lui. (24)


L’AGRÉMENT (ridha)

Signifie la satisfaction, l’approbation, l’autorisation, la permission et le fait de s’incliner avec la tête. Cela consiste pour le serviteur à se soumettre sans protester au décret divin. L’agrément est considéré comme la plus haute des stations mystiques. Il a deux dimensions :

a. L’agrément du serviteur à l’égard d’Allah

b. L’agrément d’Allah à l’égard du serviteur

Allah répond à l’agrément par l’agrément. Ce qui le summum de la récompense et de la contrepartie, le degré le plus élevé de la grâce divine. (25) Il est admis qu’il existe un lien entre l’agrément et l’amour. Car celui qui aime ne ressent pas la souffrance causée par celui qui est aimé. (26) L’agrément consiste à s’abandonner au cours de la destinée en toutes circonstances, à accueillir chaque état de la meilleure façon et renoncer à se plaindre du décret divin auprès des autres.


LA PAUVRETÉ SPIRITUELLE (faqr)

Désigne l’absence de la chose dont on a besoin. Dans le mysticisme, il s’agit de l’état du serviteur qui considère sa personne dans le dénuement, le Véridique comme le Possesseur de toutes choses et reconnait que sa personne, son action, son état et sa position sont une grâce divine. Allah est le véritable propriétaire de tout ce qui existe. C’est pourquoi tous les êtres lui sont tributaires. (27)

Lorsque le sâlik (l’itinérant sur la voie mystique) parvient à cette station, l’âme est affranchie de la contrainte des déviances et des attachements. Atteindre la station de la véritable pauvreté spirituelle signifie revenir à la vérité. (28)

Dans le mysticisme la rectitude est souvent associée à l’honorabilité et il est souvent rappelé que « ce qui est attendu du serviteur n’est pas l’honorabilité mais la rectitude ». Car chez les mystiques, la rectitude est reconnue comme l’âme qui donne la vie aux actes et leur permet de se purifier.


L’ASCÈSE (zouhd)

Il s’agit de chasser de son cœur tout ce qui est dehors d’Allah sans leur accorder une quelconque importance, de ne pas se réjouir dans l’abondance ni de s’affliger dans l’indigence, d’être riche avec Allah et d’être noble avec Lui. L’ascèse est la première forme du mysticisme. Chez les soufis, il s’agit de la chute du désir lié aux choses. (29) C’est pourquoi le zahid  (l’ascète) est défini comme la personne qui ne se réjouit pas de ce qu’elle possède comme biens mondains ni ne se lamente pour ce qu’elle a perdu. (30) En somme, l’ascèse consiste à se tenir éloigné de toutes les formes de mondanités et de paroles futiles qui empêchent la proximité d’Allah et de ne leur laisser aucune place dans le cœur. (31)


LE CONTENTEMENT (qanâ’a)

Consiste à se suffire de ce que l’on possède, à patienter en se contentant de ce qu’Allah a accordé. Dit autrement, se contenter de ce qui a été acquis après avoir travaillé en y déployant tous les moyens et les efforts nécessaires. (32) L’expression de Bichr Hafi selon laquelle « Le contentement est un ange. Il ne peut résider que dans le cœur du croyant. » montre à quel point les soufis accordent de l’importance et une place particulière au contentement. (33)


LA RECTITUDE (istiqâma)

Agir de manière juste et sensée implique d’accomplir une action de la meilleure façon sans lésiner sur les moyens nécessaires pour sa réalisation. La rectitude est l’opposé de l’excès. Dans le mysticisme la rectitude est souvent associée à l’honorabilité et il est souvent rappelé que «ce qui est attendu du serviteur n’est pas l’honorabilité mais la rectitude». (34) Car chez les mystiques, la rectitude est reconnue comme l’âme qui donne la vie aux actes et leur permet de se purifier. (35)

------------------

1) Prof. Dr. Hasan Kamil Yılmaz, Ana Hatlarıyla Tasavvuf ve Tarikatlar, Ensar Yay., İstanbul 2002, p. 153.

2) Ibid, p. 156

3) Ibid,  p.157

4) Pour plus d’informations sur ce sujet cf. Abdürrezzak Kâchânî, Tasavvuf Sözlüğü, İz Yay., İstanbul 2004, p. 146-147.

5) Abdülkerim Kuchayrî, Kuşeyri Risalesi, haz. Süleyman Uludağ, Dergah Yay., İstanbul 2003, p. 200-203.

6) Mesnevî, 1,477.

7) Yılmaz, Ibid, p. 157-158.

8) Kuchayrî, Ibid, p. 204

9) Ibid,  p. 188.

10) Bu konuda bilgi için bkz. Ebu Tâlib Mekkî, Qûtü`l-Kulûb, İz Yay., İstanbul  2004, c. II,  p. 158- 170.

11) Yılmaz, p. 159-161

12) Kachani, p. 248

13) Yılmaz, p.162-164

14) Yılmaz, p.162-164

15) Yılmaz, p. 164-165

16) Yılmaz, p. 168-169, Kuchayrî, p. 292-295

17) Yılmaz, p. 165-168

18) Yılmaz, p. 169, Selçuk Eraydın, Tasavvuf ve Tarikatlar, İFAV, İstanbul 2001, p. 163-165

19) Yılmaz, p. 170-171

20) Kachani, p. 326

21) Yılmaz, p. 172-173

22) Pour plus d’informations au sujet du repentir cf. Ebu Talib Mekkî, t. III, 17-128

23) Kuchayrî, p. 258-259

24) Yılmaz, p. 173-174

25) Mekkî, t. III,  s. 132

26) Yılmaz, p. 175-176

27) Ibid, p. 177

28) Kâchanî, p. 438

29) Ibid, p. 282

30) Kuchayrî, p. 209

31) Yılmaz, p. 179

32) Ibid, p. 180

33) Kuchayrî, p. 246

34) Yılmaz, p. 181

35) Kâchanî, p. 57

 

Commentaires

 
Aucun message. Cliquez pour ajouter un commentaire

Suivez ledernierprophete.info